Mort de Reut Cohen et de ses deux jumelles : sans autopsie, la vérité restera à jamais enfouie

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Mort de Reut Cohen et de ses deux jumelles : sans autopsie, la vérité restera à jamais enfouie

Mort de Reut Cohen, enceinte de jumelles : une commission d'enquête ouverte

Le drame a bouleversé Israël. Reut Cohen, enceinte de vingt-huit semaines de deux jumelles, s'est effondrée chez elle en fin de soirée un vendredi, aux alentours de vingt-deux heures.
Son compagnon, rentré d'urgence du Liban où il effectuait une mission de réserve après avoir compris que son état se dégradait, a pratiqué les gestes de réanimation jusqu'à l'arrivée du Magen David Adom.
Transportée d'urgence à l'hôpital, une césarienne en urgence a été tentée pour tenter de sauver la mère et ses deux filles.
En vain. Reut Cohen est morte avec ses deux bébés. Le ministère de la Santé a aussitôt annoncé l'ouverture d'une commission d'enquête.

Une commission dirigée par un spécialiste de haut rang

À sa tête a été nommé le professeur Arie Ben Yehouda, commissaire aux plaintes du public pour les professions de santé au ministère de la Santé, poste auquel il a été désigné en mars dernier. Interniste et gériatre de formation, ancien chef de service à l'hôpital Hadassah Ein Karem, il est chargé de faire la lumière sur les circonstances précises de ce décès. L

a mission de la commission est de rassembler l'ensemble du dossier médical de la patiente — hospitalisations, suivi de grossesse, dossier de caisse maladie, tout autre acteur médical impliqué  avant d'en tirer des conclusions.

Des alertes ignorées ? La chronologie interpelle

Ce qui trouble l'opinion, c'est le récit des semaines précédant le drame. Reut Cohen avait consulté à plusieurs reprises. Elle s'était rendue au centre médical Meïr après s'être sentie mal, et avait choisi de rentrer chez elle. Elle avait également été examinée au centre médical Sheba, où, selon sa famille, elle avait exprimé son malaise.
À chaque fois, elle était repartie sans être hospitalisée. Ces éléments nourrissent les questions : des signaux ont-ils été négligés ? Le suivi médical était-il adapté ?

Le professeur Rabi : "La médecine moderne n'est pas une assurance à cent pour cent"

Le professeur Moti Rabi, ancien directeur du centre médical Ma'ayanei HaYeshua, s'est exprimé ce matin pour mako santé avec une franchise dérangeante mais nécessaire.
Sa position est nuancée, et repose sur une réalité médicale souvent méconnue du grand public. Selon lui, dans la plupart des cas, il ne s'agit pas de négligence médicale ni d'un signe évident passé inaperçu, mais d'événements médicaux rares et soudains, extrêmement difficiles à prévoir. 

Il cite notamment l'embolie amniotique, qui survient une fois sur 30 000 à 40 000 accouchements, sans qu'il soit possible d'anticiper qu'elle va se produire, et dont le taux de mortalité est très élevé.
"Il y a des cas où la femme est examinée, tout semble normal, puis survient un événement soudain que personne n'avait prévu. La médecine moderne n'est pas une société d'assurance qui garantit cent pour cent", insiste-t-il.

Des chiffres qui relativisent sans consoler

Le ministère de la Santé a communiqué des données précises : en 2024, onze décès inhabituels de parturientes ont été signalés ; en 2025, cinq cas ; depuis le début de 2026, trois cas supplémentaires.
Des chiffres qui, selon le professeur Rabi, ne sont pas élevés au regard des standards internationaux. Israël enregistre environ 185 000 naissances par an. Dans les pays développés, la moyenne est d'environ huit décès pour 100 000 naissances, ce qui représenterait environ quinze cas par an en Israël or le pays en compte moins en réalité.

La décision de laisser partir une patiente : une question médicale, pas intuitive

Sur la question centrale  pourquoi Reut Cohen a-t-elle été laissée rentrer chez elle à plusieurs reprises  le professeur Rabi apporte un éclairage technique dérangeant.
Si un médecin examine une patiente, effectue un bilan complet selon le protocole, vérifie les fœtus, la tension, le pouls et les paramètres vitaux, et ne trouve rien d'alarmant ni d'anormal, il n'a pas de base médicale pour imposer une hospitalisation.

Il précise que le fait même qu'on lui ait proposé de rester en observation montre que le médecin n'a pas ignoré la situation mais qu'en l'absence de signal d'alerte clair, la pression sur la patiente n'était pas médicalement justifiée.
"Je serais très surpris s'il s'avérait qu'il y a eu une erreur manifeste de la part des hôpitaux. Ce sont d'excellents établissements avec des équipes très expérimentées", souligne-t-il.

Une vérité difficile : certains décès restent inexpliqués

La commission rendra ses conclusions, mais le professeur Rabi prépare déjà les esprits à une réalité douloureuse : en Israël, les autopsies sont quasi inexistantes dans les cas civils.

On réalise généralement des examens d'imagerie post-mortem, mais ceux-ci ne fournissent pas toujours une réponse complète.
"La probabilité raisonnable est qu'il n'y ait pas eu de faute, et que cela reste un décès soudain difficile à expliquer", dit-il. Une conclusion que la famille de Reut Cohen, comme toute famille endeuillée, aura du mal à accepter — mais que la médecine, aussi avancée soit-elle, ne peut toujours pas éviter.

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