Israël : "Je le haïssais dès sa naissance" - le père qui a assassiné son nourrisson de 52 jours

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Israël : "Je le haïssais dès sa naissance" - le père qui a assassiné son nourrisson de 52 jours

"Je le haïssais dès sa naissance" : le père qui a assassiné son nourrisson de 52 jours

Il avait à peine commencé à exister. Il avait cinquante-deux jours. Il ne savait pas encore sourire. Et son père, Maor Zarach, 34 ans, l'a tué de sang-froid, parce qu'il soupçonnait ne pas en être le géniteur.
Le lendemain du dépôt de l'acte d'accusation, les enquêteurs de la brigade criminelle de Dimona, ville du désert du Néguev, brisent le silence et racontent de l'intérieur l'une des affaires les plus bouleversantes de leur carrière.

Un homme sans remords

Maor Zarach, agent de sécurité au chômage, avait suivi sa compagne depuis Eilat jusqu'à Dimona. Dès les premiers instants de la grossesse, quelque chose s'était fracturé en lui : la conviction obsessionnelle que cet enfant n'était pas le sien. Une idée fixe qui allait sceller le destin du nourrisson.

La sergente-chef Chen Peretz, chargée des demandes de détention provisoire et présente dès le début de l'enquête, décrit un homme d'une froideur clinique :
"De prolongation en prolongation, les preuves s'accumulaient contre lui. Quand il a finalement avoué le meurtre, c'était d'une manière glaciale, la plus sèche qui soit, sans exprimer le moindre regret." Au début, Zarach n'admettait que la strangulation. C'est lors d'une confrontation avec la mère, S., qui lui a lancé en face qu'il avait tué leur enfant, qu'il a craqué et reconnu l'intégralité des faits.

La reconstitution

Ce qui a le plus sidéré les enquêteurs, c'est la reconstitution que Zarach a accepté de réaliser devant les caméras de police.
Avec une poupée entre les mains, il a démontré, sans sourciller, comment il étranglait le nourrisson à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il perde connaissance, comment il le secouait, l'empêchait de dormir, lui assénait des coups à la tête.
"Il a reconstitué comment il l'étranglait encore et encore jusqu'à ce que l'enfant perde connaissance, sans ciller," raconte la sergente-chef Peretz. "C'était un père qui haïssait simplement son fils."

Dans ses aveux aux enquêteurs, Zarach s'est exprimé avec une franchise terrifiante :
"Depuis le début, je soupçonnais que l'enfant n'était pas de moi, qu'il était d'un autre homme. J'en avais discuté avec ma compagne. Dès le premier instant où il est né, je le haïssais, je ne le voulais pas."
Il a ensuite détaillé, sans hésitation, le calvaire infligé : "Je l'ai étranglé de nombreuses fois, je l'ai secoué, je l'ai empêché de dormir et je l'ai frappé à la tête. Dans un des cas, il a perdu connaissance. J'ai attendu de voir s'il bougeait et quand il a bougé, j'ai recommencé. Je voulais qu'il meure. Pour moi, ce n'était pas mon enfant, il n'y avait aucune raison qu'il vive."

La nuit du 25 mars 2026

Selon l'acte d'accusation, la nuit entre le 24 et le 25 mars 2026, peu après minuit, Zarach a franchi le point de non-retour. Il a saisi le nourrisson à la gorge à deux mains, l'a étranglé et lui a frappé la tête à plusieurs reprises, le secouant jusqu'à ce que l'enfant ferme les yeux, s'étrangle et cesse de respirer. Zarach l'a ensuite posé sur le canapé, persuadé qu'il était mort, avant d'entamer quelques tentatives de réanimation et d'appeler un membre de la famille.

Le bébé a été transporté d'urgence à l'hôpital Soroka à Beer-Sheva à 2 heures du matin, dans un état critique : apathique, sans réflexes, les pupilles dilatées. Cinq poches de sang lui ont été transfusées.
Le 27 mars, à 3h46, son décès a été constaté. Les examens ont révélé un tableau traumatologique dévastateur : traumatisme crânien grave, hémorragies sous-cutanées du cuir chevelu, saignements importants dans la boîte crânienne, fractures des os temporaux et pariétaux des deux côtés, fracture du bras et fractures de côtes.
Un médecin senior du service a déclaré : "En vingt ans de carrière comme médecin et chef de service, je n'ai jamais vu une telle horreur."

"Je lui avais dit de se faire avorter"

Lors de l'enquête, après ses premiers aveux partiels, Zarach a ajouté une phrase qui résume tout : "Je ne le voulais pas, ça nuisait à ma vie de couple. Ça m'est tombé dessus à l'improviste, je lui avais dit de se faire avorter."
La mère, S., avait été placée en garde à vue plus de deux semaines. Elle affirme n'avoir rien su des sévices, son état de santé post-partum ayant conduit Zarach à prendre seul en charge le nourrisson. Le parquet doit encore décider si des poursuites seront engagées contre elle.

Une enquête qui a laissé des traces

L'affaire a ébranlé toute la brigade de Dimona.
"Cette enquête nous a demandé d'immenses ressources psychiques et une grande solidité intérieure," témoigne la sergente-chef Peretz. "Nous avons passé des centaines d'heures d'interrogatoires dévastateurs, exposés à des descriptions et des détails terrifiants. Tout le tort de ce nourrisson, c'était d'être né dans un monde cruel, auprès d'un père qui ne le voulait pas dès le premier jour et qui a scellé son destin de la façon la plus impitoyable qui soit."

La conclusion qu'elle tire est sans appel : "Il était verrouillé depuis le début sur l'idée que ce n'était pas son fils, et c'est pour ça qu'il l'a tué. Il n'y a aucune justification au monde pour ôter la vie d'un nourrisson, quelle que soit la raison."

Maor Zarach est poursuivi pour meurtre avec circonstances aggravantes, coups et blessures volontaires graves et maltraitance d'un mineur par un responsable. Le parquet du district Sud a précisé que l'accusé encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

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