Ba Miklat- Bat-Yam Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

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Ba Miklat – Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

Ba Miklat – Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

Deux nuits sans alerte. Deux nuits où le silence nous semblait presque anormal, et les jours qui ont suivi baignaient dans un soleil splendide, me permettant de marcher de Bat Yam à Tel Aviv, en passant par Yaffo, avec une sérénité rare, presque irréelle. On se dit toujours, après tout, “deux nuits calmes, c’est déjà beaucoup…” Mais qui ose prononcer jamais deux sans trois ?

Et la troisième arrive. Alerte. Alarme sur Bat Yam.

Je descends au Miklat après avoir salué mes voisins du palier. Quelques secondes après la fin de l’alarme, une explosion retentit. Probablement tombée à Bat Yam… ou à Rishon le Tsion, la ville voisine. Le calme revient. Je remonte chez moi.

Sur le palier, un jeune père, accompagné de ses deux petites filles, me lance en rigolant — conscient que je suis française :

« Marre de ces sirènes… je vais aller vivre en France. »

Je le regarde et réponds sur le ton de la plaisanterie mais avec gravité :

« Écoute, tu as des enfants. Reste ici. Ici, tu as une armée complète pour te protéger. Rien n’est sûr à 100 %, mais ils sont là pour nous. En France, tu as… une armée contre nous. Avec un antisémitisme virulent et violent, c’est un fait. »

Il baisse la tête, silencieux, et murmure :

« Je sais… il n’y a qu’un seul pays qui défend les juifs, c’est Israël. C’est dur de vivre ici, mais on vit. »

À ce moment, monvoisin très âgé, avec sa femme, ajoute avec un sourire résigné :

« Toujours la guerre… je n’ai connu ici que des guerres. »

C’est vrai. Vivre ici, c’est vivre au rythme des guerres et de leurs conséquences, un quotidien que peu peuvent imaginer. Et pourtant, ce qui nous sauve, c’est cette solidarité, cette conscience immédiate de la fragilité de la vie : chaque alarme, chaque sirène qui nous réveille nous rappelle que nous avons de la chance d’être encore là.

En France, sans alertes ni sirènes, le danger peut frapper sans prévenir. Ici, au moins, il nous secoue, nous réveille, et nous rappelle que nous devons veiller les uns sur les autres.

Deux nuits calmes. Des journées lumineuses et apaisantes. Et puis la troisième nuit, qui nous rappelle que la vigilance ne dort jamais. Bienvenue dans notre quotidien.

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