Tribune juive de Nataneli Lizée : Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

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Tribune juive de Nataneli Lizée : Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

Sous le sable de Gaza, la parole et le silence

Les accords, en Orient, se signent souvent à l’encre des illusions. Celui-ci, pourtant, s’impose avec la gravité d’un acte suspendu entre l’espérance et la mémoire du sang : Israël et le Hamas ont paraphé, sous l’égide des médiateurs américains, égyptiens et turcs, un cessez-le-feu censé ouvrir la voie à la restitution des otages.
Un accord fragile, presque éthéré, tant il repose sur la seule vertu dont la guerre manque : la bonne foi.

Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque terroriste qui fit vaciller Israël, deux trêves avaient déjà été conclues — et deux fois rompues, sitôt l’encre séchée.
Chaque fois, le Hamas reprit les hostilités : roquettes, tirs, revendications soudain réécrites à la hâte, comme si la paix n’était pour lui qu’un intervalle stratégique. Le précédent est donc lourd : la confiance, dans cette région, n’est plus une monnaie d’échange.

À présent, le texte stipule le retrait partiel des forces israéliennes de certaines zones de Gaza et la libération de quarante-huit otages encore détenus, dont vingt seulement seraient présumés en vie. Le Hamas, de son côté, aurait reçu des garanties formelles des médiateurs : si l’accord est intégralement appliqué, le conflit pourrait être considéré comme clos.
L’énoncé est solennel ; la réalité, incertaine.

Car la localisation des disparus demeure un labyrinthe. Sous les ruines de Gaza s’étend un réseau de tunnels si dense qu’il confine au mythe : un autre monde, souterrain, tissé de béton et d’ombre.
C’est là, selon le renseignement israélien, que les otages auraient été retenus — parfois sous des écoles, parfois sous des hôpitaux.
Ces soupçons, longtemps traités avec scepticisme par certaines chancelleries, s’avèrent désormais fondés : nombre de corps exhumés gisent sous des structures civiles effondrées.
La thèse du bouclier humain, tant décriée, ne relève plus de la propagande : elle s’énonce comme une tragédie vérifiable.
Le peuple palestinien, instrumentalisé, devient l’écran vivant d’une stratégie cynique ; et Tsahal, en ciblant ces labyrinthes, n’a pas combattu des civils, mais tenté d’extirper la guerre des entrailles d’une ville.

Pour Israël, le dilemme est abyssal : libérer les siens sans renoncer à la sécurité, tendre la main sans la perdre. Le Premier ministre Netanyahu se trouve, dans cet équilibre périlleux, isolé jusqu’à l’exil moral.

Sa coalition vacille : les factions les plus radicales — celles d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich — dénoncent un pacte de faiblesse, un marché de dupes où l’État hébreu relâcherait deux mille prisonniers contre quelques survivants.

L’opposition, quant à elle, guette sa chute avec une impatience feutrée. Ainsi, l’homme d’État, naguère figure de puissance, marche sur une crête : celle où la raison d’État croise la lassitude des peuples.

Et déjà, dans les marges du traité, les fissures se devinent : ici, un tir isolé rompt le silence ; là, un retard s’installe dans la libération d’otages que le Hamas prétend ne pouvoir « localiser ». La paix chancelle comme une chandelle dans le vent. Elle n’est pas encore un état : elle demeure une hypothèse.

Reste cette vérité nue : Israël, las de la haine, tente encore la voie du droit.
Le Hamas, fidèle à son double langage, instrumentalise la mort et la misère, jouant sur l’effet médiatique comme sur une harpe sinistre. Et l’Occident, embarrassé, feint de croire que la symétrie des armes fonde l’équité des âmes.

Pourtant, dans la poussière des tunnels, dans la lumière tremblée des abris, un peuple attend que justice et sécurité cessent d’être des termes antagonistes. L’Histoire, ici, ne se juge pas à la rhétorique, mais au courage de ne pas céder. Israël, encore une fois, paie le prix de sa survie.

©️ Nataneli

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