Israël : Vingt ans après l’évacuation violente du Goush Katif, le retour est-il pensable ? -vidéo de 2005-

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Israël : Vingt ans après l’évacuation violente du Goush Katif, le retour est-il pensable ? -vidéo de 2005-

La reconquête du Goush Katif : rêve messianique ou horizon stratégique pour Israël ?

Vingt ans ont passé depuis que les soldats israéliens ont arraché, un à un, les habitants juifs de leurs maisons, leurs synagogues, leurs écoles et leurs cimetières dans la bande de Gaza. C’était en août 2005. Le Goush Katif, ensemble de 21 implantations juives florissantes au sud-ouest de la bande de Gaza, n’est plus qu’un souvenir douloureux. Pour certains, un avertissement. Pour d’autres, une erreur à corriger.

Aujourd’hui, une voix politique puissante relance le débat : Bezalel Smotrich, ministre des Finances et figure de proue du sionisme religieux, appelle à la reconquête de la bande de Gaza et au retour du Goush Katif. Une provocation ? Un fantasme ? Ou un projet politique nourri d’un sentiment d’échec sécuritaire profond ?

Le Goush Katif : naissance d’un rêve pionnier

L’histoire du Goush Katif commence bien avant l’intifada, bien avant même l’évacuation de 2005. Dans les années 1970, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël administre la bande de Gaza. En 1977, le gouvernement Begin initie l’installation de populations juives dans la région, avec pour but de créer une barrière démographique entre le sud d’Israël et l’Égypte.

À son apogée, le Goush Katif compte environ 8 000 habitants juifs répartis dans 21 implantations, aux côtés de plus de 1,3 million de Palestiniens. Les implantations prospèrent : agriculture high-tech, serres de tomates, fleurs exportées vers l’Europe, écoles religieuses dynamiques. L’endroit devient une vitrine du sionisme pionnier. Mais aussi une enclave sous tension, cible régulière d’attaques du Hamas et du Jihad islamique.

2005 : l’évacuation, entre douleur nationale et promesse de paix

Le 15 août 2005 débute le désengagement unilatéral orchestré par Ariel Sharon. Officiellement, Israël se retire de la bande de Gaza pour « améliorer sa sécurité » et « réduire les frictions avec les Palestiniens ». Aucun accord de paix n’est signé. Aucun engagement palestinien n’est pris en échange. En tout, ce sont 8 600 Israéliens qui sont déplacés, leurs maisons détruites, leurs terres abandonnées.

Les scènes sont déchirantes. Des soldats en larmes extirpent des familles entières de leur foyer. Les synagogues sont murées, les cimetières sont exhumés. Ce désengagement marque une rupture dans la société israélienne. Beaucoup parlent encore aujourd’hui d’un traumatisme national.

« On nous a promis la paix. On a eu le 7 octobre  », disent encore les anciens habitants du Goush Katif, nombreux à vivre depuis dans des logements provisoires.

Une bande de Gaza devenue bastion terroriste

Moins de deux ans après le retrait, le Hamas prend le contrôle de Gaza par la force. Les installations agricoles du Goush Katif sont pillées. Les bases militaires sont investies. Les roquettes sur Sdérot, Ashkelon et Ashdod deviennent le quotidien du sud israélien.

Gaza devient alors un fief terroriste géré par le Hamas, soutenu par l’Iran, doté d’un arsenal militaire sophistiqué et de milliers de tunnels. L’utopie d’un retrait conduisant à une coexistence pacifique s’effondre. Le désengagement, jadis perçu comme un geste de pragmatisme stratégique, devient le symbole d’un aveuglement.

Smotrich, la reconquête et la nouvelle ligne idéologique

En juillet 2025, lors d’un colloque marquant les vingt ans de l’évacuation, Bezalel Smotrich ose franchir la ligne rouge du discours politique israélien. « Il faut reconstruire le Goush Katif. Ce n’est pas un rêve. C’est une nécessité nationale. »

Soutenu par des membres de la droite religieuse et de certains cercles militaires, le ministre des Finances évoque un scénario où la bande de Gaza serait reprise militairement par Israël, vidée de ses organisations terroristes, et réorganisée sous une gouvernance israélienne ou civile internationale, permettant un retour des implantations juives. Selon lui, ce retour n’est pas seulement symbolique, mais stratégique. « Tant que le Hamas contrôle Gaza, aucune paix n’est possible. »

Une utopie stratégique ou une folie politique ?

L’idée heurte une majorité de l’opinion publique israélienne. Même dans le camp nationaliste, peu envisagent sérieusement une recolonisation de la bande de Gaza. Le coût humain et militaire serait faramineux. Le prix diplomatique, explosif. La réinstallation de populations juives dans un territoire aussi densément peuplé et hostile serait probablement perçue comme un casus belli par la communauté internationale.

Pourtant, depuis l’attaque du 7 octobre 2023, et la guerre qui s’en est suivie, les lignes bougent. La doctrine sécuritaire israélienne a volé en éclats. L’idée de laisser Gaza sous contrôle ennemi est désormais perçue comme intenable.

Un ancien officier du renseignement israélien, sous couvert d’anonymat, confiait récemment :
« Nous avons fait une erreur historique en quittant Gaza. Ce vide a été comblé par la barbarie. »

Un retour symbolique impossible à ignorer

Pour les familles évacuées en 2005, le débat n’est pas géopolitique. Il est existentiel. Nombreux sont ceux qui considèrent leur déracinement comme une trahison nationale. Le colloque organisé cette année a permis de mettre en lumière leur souffrance, mais aussi leur foi dans un retour.

« Nous sommes le cœur du peuple juif. Nous ne sommes pas des colons, mais des pionniers », a affirmé Miriam Franco, ancienne résidente de Netzarim. « Le Goush Katif n’est pas mort. Il vit en nous, et il renaîtra. »

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