Le peintre de l'énigme : Philippe Guston

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Le peintre de l'énigme : Philippe Guston

Le peintre de l'énigme : Philippe Guston

Philippe Guston, "Que peindre sinon l’énigme – Écrits, conférences et entretiens, 1944-1980", L'Atelier Contemporain, Strasbourg, 2023, 632 p., 30 E..

Né Philip Goldstein en 1913 à Montréal  de parents juifs ukrainiens, Philippe Guston grandit en Californie où il étudie au lycée des arts manuels de Los Angeles avec Jackson Pollock. Il  en est renvoyé et quoique ayant il gagné une bourse d’un an à l’Otis Art Institute il abandonne pour une vie trépidante de petits boulots, de rencontres avec d’autres non-conformistes.

C'est l'époque de la Grande Dépression aux États-Unis, qui incite Guston, à réfléchir à sa situation sociale et politique. Il oriente son travail vers un style dérivé de son étude des muralistes mexicains comme de la peinture de la Renaissance.

Précoce, à dix-huit ans il eut sa première exposition personnelle dans une librairie-galerie d’avant-garde de Los Angeles. Il y montre des peintures des conspirateurs du Ku Klux Klan dans un style influencé par la peinture de la Renaissance et par Giorgio de Chirico, le peintre qui le touche le plus et dont il aimait citer la devise de Chirico : "Que peindre sinon l’énigme ?".

Guston fait ensuite partie intégrante de la scène de l’École de New York dans les années 1950 aux côtés d’artistes comme Willem de Kooning et son ancien camarade Pollock. Il est connu pour avoir abandonné le succès rencontré avec l’abstraction à la fin des années 1960, entraînant sa perte de représentation par sa galerie et de vives critiques.

Cependant, le travail figuratif qu’il réalise plus tard tend à être sa grande contribution à l’histoire de l’art.  Il  présenta une imagerie récurrente  de personnages en capuche, des ampoules, des cigarettes et de grands yeux. De telles travaux contribuent à lancer le néo-expressionnisme et placent Guston comme l’un des maîtres du XXe siècle.

 

Lettré et provocateur travailla souvent à rebours de l’époque et fut le grand ami l’écrivain Philip Roth. Ce livre comprend tous les textes, entretiens et conférences de Philip Guston est au-delà de ces premières œuvres de comprendre la peinture américaine des années 1950 à la fin des années 1970.

Malgré les moments d’envolée lyrique, en particulier dans les délicates abstractions du début des années 50, il existe dans son travail un murmure constant d’obscurité. Ses changements de langage ne reflètent pas un simple rebelle ostentatoire mais celui qui par les circonstances de sa vie fit de l'énigme le centre de son œuvre. Ceux qui connaissent la trajectoire de l’œuvre et ceux qui la découvriront ici celui qui fut aussi sensible à la vision des vieux maîtres comme d'un vieux camion frigorifique dans Manhattan sur lequel avait été peint un seau avec les veines du bois et tout le reste qui perdait des glaçons.

Jean-Paul Gavard-Perret

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