Coupe du monde au Qatar : ce scandale qatari qui éclabousse Paris -vidéo-

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Coupe du monde au Qatar : ce scandale qatari qui éclabousse Paris

Président du PSG depuis 2011, Nasser Al-Khelaïfi est cité dans une affaire impliquant un lobbyiste franco-algérien, Tayeb Benabderrahmane (photo).
Ce dernier aurait été détenu arbitrairement et torturé au Qatar au motif qu'il détenait des documents compromettants pour le dirigeant du club parisien et la famille Al-Thani.

Une nouvelle affaire secoue le PSG. Ce jeudi, Libération annonce que Tayeb Benabderrahmane  aurait été emprisonné pendant neuf mois dans des conditions « éprouvantes » à Doha.

« Le profil classique d'un investisseur français à l'étranger »

« Domicilié au Qatar depuis quelques années, cet homme de 41 ans est un homme d'affaires français, actif depuis maintenant quinze ans dans le domaine du conseil géopolitique et géoéconomique, à travers différents réseaux. Et qui, au titre de ses activités, a rencontré un certain nombre d'acteurs qui lui ont permis de réaliser de nombreuses missions en France et à l'étranger, souvent liées à des situations de crise.

C'est dans ce cadre-là qu'il a été approché par les autorités qataries, dans le contexte de boycott économique et politique soumis au Qatar en raison de son soutien à l'Iran et  son financement du Hamas, branche armée palestinienne afin d'investir son réseau, ses connaissances et son expertise

Ainsi, il est entré en contact avec des personnalités de premier plan au Qatar et il s'y est installé, avec sa famille. Il a développé son activité de conseil et a continué d'apporter ses services au pays. Bref, le profil classique d'un investisseur français à l'étranger.
Jusqu'au 13 janvier 2020...
»

Sur son arrestation et sa détention : « Des actes de pression et de torture »

« Ce jour-là, il a été arrêté le matin par des forces de sécurité locales. Son appartement a été perquisitionné, ses actifs matériels et intellectuels ont été saisis. Puis il a été placé en détention, secrètement, en étant soumis pendant plusieurs semaines à des actes de pression et de torture afin d'obtenir des informations et, surtout, de le contraindre, par l'intermédiaire de son épouse, à restituer l'ensemble des informations dont il disposait. Il a ensuite été extrait du centre à leur remise, avant d'être mis en résidence surveillée et de quitter le pays le 1er novembre 2020.

Sur les revendications : « Aucun soutien des autorités françaises »

« À aucun moment, ses droits fondamentaux n'ont été respectés. Il n'a pas eu de protection consulaire, ni droit à une procédure judiciaire équitable et accessible. Aucune autorité judiciaire ou policière n'a non plus cherché à le sortir de la situation dans laquelle il avait été placé, ou a tenté d'enquêter sur son arrestation. Sa réaction a été graduelle, mais immédiate. La plainte pénale de cet été n'est que la suite d'un ensemble de démarches, amiables puis contentieuses, entreprises par lui-même, seul et face au silence, sans aucun soutien des autorités françaises.

Ce sont dans ces conditions que, fin août-début septembre (2022), il a décidé d'accentuer sa réponse et d'engager des procédures pénales. Il s'agit de deux plaintes. La première, contre X, pour des faits de torture et la seconde pour des faits d'extorsion, également dirigée contre X mais visant l'ensemble des personnes qui ont participé à ces négociations jusqu'à sa remise en liberté contre des documents. »

« Etouffement »

Les avocats de Tayeb Benabderrahmane ont aussi engagé une procédure au Conseil de l’ordre contre l’équipe de défense initiale de leur client « qui aurait pu alerter (les autorités françaises, ndlr) sur sa détention » au Qatar mais l'« a mis dans une situation d’étouffement », selon Me Branco.

Parmi les personnes ciblées, comme l’a dévoilé Libération jeudi, figure la maire du VIIe arrondissement parisien Rachida Dati, qui aurait joué un rôle d’entremetteuse et dont un SMS apparaît dans les plaintes évoquant ses « négociations quotidiennes ». Elle « n’a rien à dire puisqu’elle n’a rien à voir dans ce dossier » a rejeté son entourage.

Face à la gravité de ces accusations, plusieurs sources proches du dossier se sont montrées à ce stade prudentes sur la crédibilité des affirmations de M. Benabderrahmane. Un officiel qatari sollicité par l’AFP a de son côté indiqué, sans plus de précisions, qu'« une enquête criminelle est en cours au Qatar (le) visant et il est attendu par des tribunaux qataris »

Ses avocats montent au créneau

Dans des propos rapportés par Ouest-France, ils dénoncent « le soutien implicite des autorités françaises aux actes de torture et de détention arbitraire ». Pour eux, ceci est un moyen « d’exercer une pression inacceptable pour le contraindre à cesser les actions légitimes qu’il a engagées afin d’obtenir justice pour les atteintes gravissimes que lui-même et sa famille ont subies au Qatar ». Un rebondissement de taille dans cette affaire, qui devrait faire parler à quelques semaines de la prochaine Coupe du monde au Qatar.

Conférence de presse à l'hötel  Le Meurice à Paris

Sur le rôle supposé d'Al-Khelaïfi : « Il avait quelque chose à craindre »

« Nasser al-Khelaïfi lui a imposé de renoncer à toute divulgation de document potentiellement compromettant alors qu'il était détenu au Qatar et ses supposés avocats (de l'époque) ont fait pression sur sa famille pour récupérer les éléments et signer ce protocole* (de confidentialité). Al-Khelaïfi, une des personnes les plus puissantes du monde, a ainsi cherché à empêcher que toute information le concernant soit partagée.

Pour le Qatar, tout l'enjeu est d'étouffer ce genre d'affaires car on touche à des questions stratégiques majeures. "Notre client a été perçu comme un obstacle et le football a été utilisé comme un outil pour instrumentaliser à des fins directement politiques. S'ils ont pris tous ces risques (pour l'arrêter), c'est que l'inquiétude est importante. Et, si Al-Khelaïfi s'est personnellement impliqué, c'est qu'il avait quelque chose à craindre. »

Sur les ramifications : « Cette affaire est assez tentaculaire »

« Ce à quoi nous assistons s'apparente à un scandale d'État. Il (leur client) ne ressemble pas au millier de victimes que le régime qatari a fait ces dernières années, parmi les ouvriers étrangers et opposants politiques. Lui est un miraculé, et sa vie est grandement en danger encore aujourd'hui. D'où la volonté de faire porter sa voix et connaître son histoire. Cela interroge sur le silence absolu qui s'est imposé en France. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a d'abord été informé, comme l'ambassadeur de France au Qatar. Les démarches ont été réitérées en janvier, toujours sans réponse.

Pourquoi la France est-elle restée silencieuse ? Nous sommes en droit d'attendre des réponses. La France a-t-elle sciemment gardé le silence et couvert un État étranger en connaissance de cause ? Les réseaux de corruption mis en place par le Qatar vont bien au-delà de ce que l'on pense. Cette affaire est assez tentaculaire. Il y a des intérêts d'avocats, de personnalités politiques, d'anciens ministres et élus. Il faut donc enquêter pour savoir s'il a été victime de tortures au Qatar et, surtout, si des acteurs français en sont complices, y compris ceux qui ont gardé le silence. Certains interlocuteurs à Paris avaient connaissance des sévices qu'il a subis. »

Sur sa récente mise en examen pour des soupçons des fuites confidentielles : « Un contre-feu beaucoup trop grossier »

« L'enquête pour laquelle il est visé ne le concerne pas au départ et l'atteinte à l'intimité, qui faisait partie des chefs initiaux, est d'ailleurs tombée au cours de sa comparution devant le juge d'instruction. Il est mis en examen mais reste libre, seulement placé sous contrôle judiciaire. On est habitués à ces tentatives de contre-feux, beaucoup trop grossiers. Il va y avoir une offensive extraordinaire pour détruire notre client, après avoir tenté de le faire disparaître. »

Sur son état : « Un homme brisé »

« Sa position était celle d'un homme brisé quand il est rentré en France. On a des éléments concrets et objectifs, dont des rapports médicaux, qui permettent de dire que, pendant sa détention, il a fait l'objet de traitements inhumains et dégradants. Il y a aussi eu des menaces directes envers sa famille, comme l'empoisonnement de ses enfants, ou d'atteinte définitive à son intégrité.

Cela a été un traumatisme durable, que sa femme continue de ressentir. Tout son entourage a souffert de ces faits. Imaginez le niveau de peur qui a pu l'habiter ces derniers mois. Il a subi des violences extraordinaires, il essaye de se reconstruire et espère que justice sera faite. Pour lui et pour toutes les autres personnes qui ont pu connaître des faits similaires sans avoir pu être entendues. »

Ce scandale ouvre les vannes à d'autres faits similaires, bien souvent noyés sous le feu de l'actualité,et mis bout à bout constitue une violation morale, éthique des pays qui contribuent à la coupe du monde au Qatar.
Rappelons le cri de désespoir de cet autre victime du régime qatari un citoyen australien, un grand-père âgé de 70 ans, Joe Sarlak, jeté dans  une prison qatarie pendant deux ans et demi.
Certains pays européens se sont engagés à ne pas retransmettre les directs en guise de protestations. Mais n'est-ce-pas un peu tard ?

Qatar

La Coupe du monde de football 2022 au Qatar annonce déjà un quadruple désastre.
Un Désastre diplomatique vis-à-vis des 15 000 visiteurs israéliens pour l’achat de leurs billets d’entrée, pour leur vol et leur séjour, Israël n’étant pas reconnu par le Qatar qui refuse un bureau consulaire.

Que se passera-t-il en cas d’arrestation d’un citoyen israélien ou de problème médical grave ?

Un Désastre éthique car de nombreux soupçons de corruption planent autour de l’attribution au Qatar de la Coupe du monde de football 2022, et divers protagonistes du monde du football et de la politique sont ou ont été dans la tourmente de plusieurs instructions judiciaires, en France, en Suisse et aux États-Unis, pour « corruption privée », « association de malfaiteurs », « trafic d’influence et recel de trafic d’influence ».

Un Désastre humain sans équivoque le plus grave, car le début des chantiers en 2011 il y a eu au moins 6500  ouvriers non qataris décédés sur les chantiers vu les conditions de travail déplorables d’ouvriers importés sans droits, sous-payés, mal logés, …

Un Désastre écologique du fait de la climatisation des stades à ciel ouvert, bien que la Coupe ait été reculée en automne. De plus, 160 navettes aériennes quotidiennes seront mises en place pour transporter les supporters entre leur lieu de résidence et les stades, l’offre d’hébergement local étant insuffisante.

Source : L'Equipe, Le Monde, Sud Ouest, Alliance, etc...

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