Quand les rêves de football et de bar-mitsva se confrontent que se passe-t-il ?

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
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Vous pourriez penser qu'être une mère juive d'un de ses enfants pratiquant le football avec assiduité ne doit pas être si différent qu'une mère chrétienne ou bouddhiste. Vous n'auriez, sans doute ,pas totalement tort, et pourtant ...

Je me suis récemment rendue compte qu'il existe des défis uniques pour les familles juives lorsqu'il s'agit d'élever des enfants obsédés par le football qui n'existent pas dans les autres familles.

Prenons comme exemple dimanche dernier lorsque mon beau-fils de 10 ans, Yair, était  si impatient de jouer dans un match de football qu'il n'a même pas remarqué qu'il ne portait pas de protège tibia !

Dans la  semaine j'ai retrouvé son protège-tibia dans la salle des objets perdus de notre synagogue, c'est alors que  je me suis rendu compte que son rêve de devenir un footballeur professionnel était en conflit  avec sa  bar-mitsva qui elle arrivait à grands pas.

C'est une situation délicate, et qui risque de devenir de plus en plus difficiles à l'approche de son 13e anniversaire.

Voici la situation: presque chaque semaine, nous sommes obligés de choisir entre le football et les activités juives. Les matchs de  football de Yair coïncident souvent avec les cours de l'école hébraïque, de l'école du dimanche ou du shabbat.

Et il espère rejoindre l’équipe itinérante de sa ligue de football, ce qui signifie encore plus de pratiques et moins de temps pour la synagogue. Le temps qu'il joue dans un jeu dépend en grande partie du fait qu'il assiste à tous les entraînements et qu'il soit à l'heure. Je dois le sortir de l'école hébraïque plus tôt le mercredi pour qu'il puisse se rendre à club de foot.

Parfois, ses jeux ont lieu le samedi matin, pendant les offices du shabbat et d'autres le dimanche avant la fin des cours du dimanche.  Quelques fois, nous avons de la chance et son match à lieu le dimanche après midi ce qui lui permet rester en classe jusqu'à la fin.

Il faut reconnaître que le reste du temps nous le passons à jongler car les matchs ont généralement lieu le matin et parfois à six heures de route de chez nous.

Cela signifie que la plupart des week-ends, nous évaluons ce que Yair va manquer -  soit un match, un service du Shabbat ou une leçon d'hébreu - et si son équipe gagne c'est encore un nouveau match en vue !

Heureusement, Yair est bon en hébreu. Il est sur la bonne voie avec ce qu'il doit savoir pour sa bar-mitsva, mais nous devons quand même choisir: que peut-il manquer à la synagogue? Que devrait-il manquer du football ?

Ce sera encore plus difficile dans les mois qui vont précéder sa bar -mitsva, comme son frère  âgé presque de 13 ans et aussi obsédé par le football que lui.

Il devra pourtant assister à tous les offices du vendredi et du samedi au cours des trois mois précédant son grand jour. Nous, ses parents nous passerons en priorité la préparation à la bar-mitzva.
Ce n'est pas un choix en réalité car dans notre famille la célébration de la bar-mitsva a la priorité. Les attentes de la synagogue sont trop grandes tout comme pression sociale pour cette célébration.

Néanmoins, nous nous inquiétons: va-t-il commencer à détester d'être juif, si le fait d'être juif et d'accomplir les commandements, mitzvots, s'oppose à son rêve de devenir un joueur de football professionnel? 

Ne viendra-t-il jamais à la synagogue sauf si il y est obligé, au risque de rater un match de football pour pouvoir assister à ses cours pour la préparation à sa bar-mistva ?

Pourquoi sommes nous confronter à ce choix récurrent, synagogue ou match de football, qui l'emportera cette fois? Pourquoi jouer dans chaque match de football n'est pas même une option pour Yair?

C'est une excellente question à laquelle j'ai beaucoup réfléchi ces dernières semaines.
Je suis convertie au judaïsme ; J'ai grandi dans une famille mormon et il y avait des matchs de basket-ball du dimanche et des rencontres de natation du dimanche auxquels je ne pouvais pas participer. Mes coéquipiers n'étaient pas contents et j'étais triste de manquer ces événements, mais en même temps, je me sentais fière de mon lien avec ma famille et la communauté, l'église.

Je savais que ma famille et ma communauté religieuse m'aimaient, elles  me célébraient et elles voulaient le meilleur pour moi. Manquer les événements du dimanche faisait partie du prix à payer pour cette loyauté et celui d'avoir le privilège de faire partie de ma tribu.

Je sais que mes expériences d'enfance sont très différentes de celles de Yair.

Il est fier d'être juif. Il est issu d'une lignée de rabbins qui valorisent l'observance du judaïsme, notamment en raison de la manière dont le judaïsme construit le caractère et développe les relations au sein de la communauté. 

Donc, avec Yair, nous essayons de nous concentrer sur ce qu’il gagne en allant à la synagogue: des amitiés, un lien avec son héritage, un lien avec Dieu et la Torah et, espérons-le, un peu de joie et des racines pour une bonne vie.

Il tire également certaines de ces choses du football: comment être un leader, la grâce face à la victoire et à la défaite, la camaraderie, un sentiment d’appartenance.

À l'heure actuelle - et particulièrement selon Yair - la liste des avantages du football semble plus longue. Mais nous devons aussi penser à l'avenir et à la signification de ces choix: Qu'est-ce qui va faire de lui un meilleur homme dans ce monde nuancé et compliqué - participer à chaque match de football ou à chaque événement juif?

Pour le moment, au moins, certaines des questions sont encore à venir. Mais lorsque j'ai retrouvé , le protège-tibia de Yair qui  est apparu mystérieusement dans la synagogue dans les objets perdus, Je dis «mystérieusement» parce que je ne m'attendais pas à le trouver dans la synagogue . On avait presque l'impression que cela  symbolisait à la fois la fracture et le lien entre la synagogue et le football.

Le jour où le protège-tibia a disparu ressemblait à beaucoup d'autres: j'avais récupéré  Yair plus tôt de l'école des cours de torah du dimanche matin.
Et alors que je conduisais, une floppée de questions ordinaires s'échappe de mes lèvres:
«Es-tu prêt? tu as tes crampons? tes protège-tibias? ta bouteille d'eau? »
Pendant  que Yair revêtait son maillot sur le siège arrière, je prenais conscience que toutes ces précautions,à savoir ne rien oublier étaient prises par et pour un enfant qui est encore trop jeune pour s'asseoir à l'avant de la voiture.
«As-tu fini le hot-dog casher que je t'ai apporté comme collation? As-tu enlevé ta kippa? »
Ce ne serait pas la première fois qu'il courait sur le terrain en la portant encore...

L'adrénaline augmentait au fur et à mesure que nous nous approchons.
Il s'agit d'une transition précipitée du calme méditatif de la synagogue à l'exubérance animée d'un match de football.

Yair est un bon joueur de son équipe, et ils ont particulièrement besoin de lui aujourd'hui, car quelques joueurs sont absents et n'ont aucun remplaçant. Yair fait , ce jourlà, une excellente prestation et son équipe gagne 7-2.
Lorsque Yair apprend que deux autres garçons restent pour jouer pour un prochain match, afin que l'équipe ait des remplaçants, il supplie de rester pour y participer.

"OK", je concède. Il mange rapidement une barre de céréales et de friandise Rice Krispies dans la voiture et est de retour sur le terrain pour jouer 30 minutes plus tard.

Son équipe gagne à nouveau. Les garçons sont tous contents. Alors qu'il sort du terrain, il dit: «Il me manque un de mes protège-tibias .» C'est curieux ! Comment cela a-t-il pu se produire ? Nous regardons partout, marchant sur le terrain, demandant aux autres joueurs et aux parents s’ils ont vu un protège-tibia.

Nous ne le trouvons nulle part. Nous lui achetons ensuite une nouvelle paire de protège-tibias. Le protège-tibia manquant fait son apparition dans la synagogue la semaine suivante.
Il a été retrouvé par la sécurité sur le parking.

Il aurait donc joué deux matchs avec un seul protège-tibia. Un seul protège-tibia s était impliqué dans sa tâche celle de  protéger le tibia de Yair, tandis que l'autre s'est échappé et s'est assis tranquillement dans la synagogue.

C'est en quelque sorte un lapsus de la situation de Yair, une pied sur le terrain et un autre à la synagogue. Symboliquement on ne peut pas mieux résumer la situation.

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