Paracha de la semaine: METSORA Le lépreux

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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METSORA Le lépreux cause de la médisance, lachon ara

METSORA  Le lépreux

La sidra que nous lirons cette semaine est presque entièrement consacrée aux lois concernant la lèpre. Cette maladie qui pouvait frapper l'homme mais aussi sa maison ou son vêtement, exigeait que l'homme fut renvoyé en dehors du camp jusqu'à sa purification.

Nous nous retrouvons comme chaque année à pareille époque à nous interroger sur le caractère précis de la maladie de Tsaraat, traduite par lèpre dans nos Bibles.

Les textes prophétiques extraits des Rois 2 chap. 5 et 7 qui seront remplacés ce chabbat par la lecture du chabbat Haggadol prise dans le livre de Malachie n'éclaire pas plus notre lanterne.

Nous avons par contre des textes de lois orales pour nous indiquer que la maladie dont il est question n'est pas uniquement physiologique et que les traitements ou plutôt les diagnostics proposés par le texte de notre Sidra ne sont ni des traitements, ni des mesures prophylactiques.

La Michna de Negaïm par exemple (IIIa) nous enseigne: "Tous sont rendus impurs par les tumeurs, sauf l'idolâtre et l'étranger citoyen".L'isolement du malade atteint de l'étrange mal n'a donc pas pour but d'éviter la contagion physique sinon l'idolâtrie et l'étranger seraient également soumis aux mesures de quarantaine exposées dans notre sidra..

Le juif serait-il isolé parce que physiquement contagieux ? "Le marié sur lequel est observable une tumeur participe aux sept jours de réjouissance (après le mariage), lui et sa maisonnée..." (Negaïm IIIa).

Les mesures déloignement n'ont donc rien à voir avec la contagion. L'action du Cohen, du prêtre a cependant pour but non de guérir une maladie, mais semble-t-il de transformer l'existence de l'homme atteint en existence d'un homme sain afin de le réinsérer dans la société.

Ne seraient les signes extérieurs du mal on serait tenté de considérer la tsaraat comme une maladie mentale, ce qu'elle peut-être également, le prêtre, psychiatre, tentant de guérir une maladie de l'existence.

Le metsora, disons pour simplifier le lépreux, entièrement recouvert par l'éruption est déclaré pur par le prêtre (Lév. 13,13), or il demeure apparemment frappé par le mal.

Il est dans la situation du malade mental qui se distingue de l'homme sain non comme malade, mais comme homme c'est-à-dire qu'il existe autrement que l'homme sain.

Cette définition se précise à propos du metsora dont nos Sages nous apprennent que sa maladie est la sanction ou le symptôme de son isolement au sein de la communauté. Il a en effet, péché par médisance qui est la faute sociale par excellence.

Le monde de ce malade est fermeture et pour se libérer de son isolement il faut lui faire prendre conscience de son état. C'est l'art même du médecin psychanalyste qui tente une communication authentique d'existence à existence avec son malade. De même que ce médecin peut conduire le malade à la porte de la guérison lui faisant faire l'effort ultime pour la franchir ainsi le Cohen, le prêtre opère avec l'homme frappé de tsaraat. Isolé, hors du camp des enfants d'Israël, le Metsora prend conscience du fait que ses propos destructeurs ont brisé la communucation avec le prochain et les rapports avec la société.

La maladie apparente sur son corps exprime la destruction, le mauvais emploi de la parole. L'homme n'est-il pas d'essence parlante ? La maladie de ce corps isolé, sans entourage, sans guide est dans la Torah, la tsaraat, ce pourrait être dans notre société l'hystérie, la perversion, l'ivresse ou la drogue.

Conscient de son mal, "toute sa chair recouverte par la tumeur", le malade est déclaré pur, l'homme réintégre la société. Sa relation à autrui est retrouvée.

Lorsque était guéri, il apportait un sacrifice expiatoire: du bois de cèdre et de l'hysope, car enseigne le Talmud, c'est par son orgueil, pareil au cèdre, qu'il a péché en médisant, en méprisant son prochain. C'est lorsqu'il sera humble comme l'hysope, sorte de mousse des rochers, qu'il retrouvera sa pureté.

Claude Layani

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