Paracha de la semaine : YITRO Le bâton de Moïse

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YITRO Le bâton de Moïse

On s’est souvent étonné du fait que la Torah fasse précédé de la Révélation (Exode chap.19-20) d’une «  anecdote  » nous entretenant de la venue de Yitro, beau-père de Moïse . On s’est même rebiffé devant cette habitude du langage qui nous fait désigner la section sabbatique contenant les Dix paroles: «  Section Yitro  » parachat Yitro, comme si le nom de Yitro le Gentil, pouvait être si indissociablement lié à la Révélation du D.ieu d’Israël.

Or, il nous faut bien en convenir, et l’admettre, et le comprendre, la Torah fait effectivement précéder les chapitres de la Révélation, d’un long chapitre consacré au personnage de Yitro, car elle tient à rendre hommage au rôle joué par ce dernier dans l’accession d’Israël à une véritable connaissance du D.ieu au travers de la Révélation du Sinaï.
En quoi Yitro était-il tellement habilité à être associé ainsi à l’aventure spirituelle d’Israël?

C’est un conseiller précieux et écouté. Il donnera à Moïse comment organiser et diriger cette masse d’esclaves dans le domaine politique et judiciaire.

De cet épisode nos Rabbins nous enseignent que l’apport des nations est souvent indispensables et enrichissent profondément notre patrimoine et notre action dans le monde.
Une légende du Midrach (Pirké de Rabbi Eliézer) nous apprend quel rôle important et presque incroyable, si l’on songe qu’il s’agit d’un païen, les Rabbins ont assigné à Yitro.

Le bâton de Moïse, nous dit cette légende, portait gravé dans son bois, le nom sacré de D.ieu.
Il avait été donné par Adam à Seth qui le transmit à son successeur, et passant ainsi de main en main dans la suite des générations il échut à Yitro qui le planta dans son jardin.

C’est là que Moïse le vit, et il parvint à l’arracher du sol, ce que personne n’avait pu faire avant lui.

Cette fable est assez transparente pour laisser pénétrer son sens caché. La chaîne que parcourt le bâton de Moïse, depuis Adam jusqu’à Yitro, c’est celle de la tradition religieuse, et c’est de Yitro que Moïse reçoit ce bâton qui portait gravé le nom sacré, symbole de la nouvelle révélation. Yitro est donc l’un des fondateurs de la religion d’Israël.

Telle est la vérité, un peu dure pour l’orgueil national, que le Midrach a enveloppée sous le voile de l’allégorie...

Nous avons d’innombrables exemples dans la tradition qui attestent l’apport des prosélytes à la religion d’Israël.

A l’époque des Tanaïm, on mentionne les plus illustres d’entre eux: Rabbi Akiba, Rabbi Méir comme descendants l’un de Sisra, l’autre d’Aman et il est à peine besoin de rappeler que plusieurs rabbins renommés ne furent eux-mêmes que des païens de naissance convertis comme Chemaya et Abtalyon, derniers descendants de Sanchérid, et maîtres de Hillel qui fut la gloire de la Synagogue, et Onkelos qui traduisit en araméen les livres de la Torah.

Cependant, les rabbins ont toujours agit avec circonspection devant l’apport de la culture étrangère. Ils ont procédé à un triage et à une sélection rigoureux.
Pour les Kabbalistes, le judaïsme recueille les parcelles de vérité disséminées dans l’univers pour les incorporer dans la foi d’Israël et augmenter ainsi la force du judaïsme.

Yitro a été un de ceux qui ont apporté une richesse et le sens de l’organisation indispensables à chaque peuple pour pouvoir subsister. Sans les conseils de Yitro, Moïse aurait succombé sous le poids de sa charge comme le rappelle le texte de l’exode.

Pour avoir aidé Moïse dans son entreprise, Yitro a mérité de voir figurer son nom dans une section des plus importantes de la Torah, celle qui comprend le récit des Dix Commandements et de la Révélation.
Claude Layani

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