Sarcelles : ville pionnière sur la prévention de la radicalisation

Actualités, Antisémitisme/Racisme, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Sarcelles, ville du Val-d’Oise, initie un programme de prévention de la radicalisation. L'objectif : repérer dès le plus jeune âge des cas de jeunes susceptibles de glisser vers la radicalisation. Une « priorité nationale » pour le ministre de la Ville, Patrick Kanner.

Ce lundi 18 janvier, le ministre de la Ville, Patrick Kanner a annoncé l'ouverture dans les prochaines semaines d'un centre de prévention de la radicalisation. Une première pour une collectivité locale.

« Il existe en France des centaines, peut-être même des milliers de jeunes qui ont besoin d’être repérés, puis accompagnés, a expliqué le ministre. Notre objectif, c’est d’intervenir le plus tôt possible. » Patrick Kanner a rappelé la mise en place d’un numéro vert* « Stop djihadisme » depuis avril 2014, où plus de 7 000 signalements ont été enregistrés.

Désireux d'aller plus loin , « François Pupponi ,député-maire (PS) de Sarcelles fait partie des rares élus à avoir demandé il y a un an et demi à ce que la prévention de la radicalisation soit intégrée aux contrats de ville, a-t-il indiqué. Je vais m’appuyer sur l’exemple de Sarcelles pour demander à tous les préfets de l’intégrer dans chaque contrat partout en France. » Ce qui ne signifie pas, d’après le ministre, que tous les habitants de ces quartiers seraient des djihadistes potentiels. « Il n’y a pas d’amalgame, mais pas d’angélisme non plus, car nous savons que les difficultés sociales dans ces quartiers sont des sources de dérapages potentiels, même si rien ne peut justifier le passage à l’acte terroriste. »

Sarcelles, ville du Val-d’Oise, initie un programme de prévention de la radicalisation

Sarcelles, ville du Val-d’Oise, initie un programme de prévention de la radicalisation

S'appuyant sur un exemple concret, le maire de Sarcelles décrit un habitant de la ville  « qui a commencé à déraper à l’âge de 7 ans. » « Il était très perturbateur à l’école. On lui a fait la morale, puis il a peu à peu été mis de côté par tout le monde. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, il est fiché S et radicalisé.

Un constat d’échec et surtout une fatalité dans laquelle le maire refuse de tomber. « On ne va peut-être pas tout réussir, et il faut être très humble sur ce sujet. Mais l’idée, c’est d’au minimum essayer, et d’apporter une réponse pour chacun de ces enfants. »

Il souhaite travailler sur des questions fondamentales :  À l’école, dans la rue… combattre les dérives avec une prise en charge adaptée

Comment parler à un enfant qui cautionne un acte terroriste ? Quel discours adopter face à un jeune tenant des propos conspirationnistes, face à un habitant qui ne croit plus en l’État ni en ses valeurs, ou qui rejette la laïcité ? Le centre de prévention de la radicalisation d’ici quelques semaines sera en mesure d'y répondre. 

Un lieu qui travaillera bien en amont que le cas d’habitants sur le point de rejoindre les rangs de Daech ou déjà très radicalisés. Face, par exemple, à des jeunes dont le discours permet de soupçonner un endoctrinement en cours. Après un signalement, des professionnels seront chargés de diagnostiquer le plus précisément possible son profil pour mettre en place une prise en charge adaptée.

Des formations seront mises en place pour ces agents qui se sentent souvent démunis. Ils travailleront également avec les acteurs confrontés à des jeunes susceptibles de se radicaliser sur la façon dont ils peuvent élaborer des contre-discours, avec des arguments pour leur répondre.

Cette initiative novatrice de la ville de Sarcelles répond à la volonté du ministre de compléter, cette année, les contrats de ville par un plan d’actions sur la prévention de la radicalisation. « L’investissement des collectivités est décisif pour prévenir la radicalisation », a souligné Patrick Kanner.

L'emplacement et la composition du centre ne sont pas encore dévoilés. Un appel à projet sera lancé d’ici début février. On pourrait y trouver parmi les professionnels intervenants,des psychiatres, des intervenants de la protection judiciaire de la jeunesse, mais aussi des ex-policiers ayant travaillé dans le renseignement.

Nathalie ZADOK

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi