François Hollande :Les minutes les plus longues de ma vie

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La France , les parisiens, le monde entier ont été touchés, de réactions plus vivent les unes que les autres…mais dans la tête d’un président de la république, que se passait-il à ce moment là ?

Hier soir, France 3 diffusait un documentaire sur les attentats de Janvier et du 13 Novembre.De nombreuses interview ont été données, aperçues ces derniers mois. Mais ce que révèle le documentaire diffusé hier soir, sur France 3 est captivant. effet, le documentaire propose là, aux téléspectateurs une image plus précise de François Hollande face aux attentats de Paris.

François Hollande revient sur Trois moments clefs de ce passage tragique qu'a vécu Paris.

Le 9 Janvier 2015, ont lieu

François Hollande au Stade de France

François Hollande au Stade de France,

deux prises d'otages simultanées. L'une par les frères Kouachi, dans une imprimerie de Dammartin-en Goël , Seine-et-Marne et l'autre que dans un hypermarché casher de Vincennes où Amédy Coulibaly a fait irruption.

François Hollande doit alors prendre des décisions rapides dans un contexte ultra sensible. Il convoque alors dans son bureau Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira.

Bernard Petit, le directeur de la police judiciaire, informe en permanence le Président et les autres ministres en direct.  L'heure est grave à Vincennes dans l'hypercasher, Amely Coulibaly vient de tuer un quatrième otage. Immédiatement, Bernard Petit avertit qu’un assaut est techniquement possible ; il appartient donc, à François Hollande de l’autoriser, alors que 17 personnes sont encore retenues à l’intérieur.   « Il y en a toujours qui préconisent de prendre tout le temps nécessaire, d’épuiser les preneurs d’otages, de faire en sorte que la nuit puisse être une occasion d’une attaque, explique François Hollande. C’est une thèse que je n’ai pas voulu retenir » en raison " des relations qui étaient maintenant clarifiées entre Amely Coulibaly et les frères Kouachi, l’utilisation qui pouvait être faite des médias et la vie des otages ". Une heure est donc fixée pour l’assaut.

La décision est alors prise, quand,le plan est bouleversé par la tentative avortée de sortie des frères Kouachi à Dammartin. Il faut donc intervenir immédiatement à Vincennes.

Pour François Hollande,ce sont  « Les minutes les plus longues de ma vie »,  « Beaucoup d’idées viennent dans ma tête : est-ce que Coulibaly allait savoir qu’il y avait une sortie des frères Kouachi et une intervention de nos forces ? Est-ce qu’il n’allait pas tuer immédiatement nos otages ? On n’en sait rien à ce moment-là », raconte-t-il. L’assaut sera finalement réussi.

Après la tuerie du Charlie Hebdo, devant autant de solidarité de tous les pays, l’idée d’un rassemblement des mouvements politiques est lancée par Jean-Christophe Cambadélis.

Une organisation difficile. Nicolas Sarkozy refuse de répondre aux appels du premier secrétaire du PS. François Hollande le convint en lui affirmant qu’il a besoin de toutes les familles politiques et qu’il commence par sa personne, « compte tenu des responsabilités qu’il a occupées ».

Nicolas Sarkozy acceptera et sera même reçu le premier. Suivront une dizaine de chefs de parti. « Je fais en sorte qu’il n’y ait pas d’opacité car [à ce moment-là] il faut faire preuve de vérité », justifie François Hollande. A Marine Le Pen, il accorde une demie-heure, l’un de ses entretiens les plus longs. Il lui garantit « une protection », si elle se joint au rassemblement à venir. Mais rien de plus.

Ce dimanche 11 Janvier, outre ces personnalités politiques françaises, de nombreux chefs d’Etat font également le déplacement. Parmi elles, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, particulièrement touché par l'attentat de l'hypercasher. C'est alors inquiet qu'il demande si le bus touristique loué à la hâte pour transporter les chefs d’Etat, est blindé. François Hollande doit alors, à ce moment précis, mentir « Je lui dis : "Toutes les dispositions ont été prises". » En réalité, « il est vraisembable que le bus n’était pas blindé, précise le chef de l’Etat, sourire en coin. Je ne connais d’ailleurs pas de bus blindé en France […] Je lui dis que toutes les dispositions ont été prises parce que sinon, il n’est pas possible d’organiser ce défilé. »

Une première explosion, puis une deuxième se fait entendre, ce vendredi 13 novembre au Stade de France, alors que François Hollande s'y trouve pour assister au match France-Allemagne. Un officier de sécurité vient alors parler à l’oreille du chef de l’Etat, pour l’informer de la situation. « Le visage du Président avait changé », se souvient Patrick Kanner, le ministre des Sports alors à ses côtés.

Un départ précipité pour François Hollande, qui se rend au poste de sécurité du stade et appelle Bernard Cazeneuve, son ministre de l’Intérieur, qui n’est pas encore au courant de ce qui se passe. C’est à ce moment là,  que le Président est informé des attaques qui ont lieu en plusieurs points de Paris, dans l’est de la capitale, « sur des terrasses de café ».

Sur une caméra de surveillance du Stade de France, à 21h53, il voit de ses propres yeux une troisième explosion aux abords de l’enceinte. Il décide alors de rallier Paris et en informe notamment Patrick Kanner et Stéphane Le Foll, présents dans les tribunes du stade, non sans leur demander de rester, eux, sur place, pour ne pas créer de mouvement de panique. A Beauvau, au centre interministériel de crise, il retrouve Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Ils y apprendront la prise d’otages du Bataclan.

Nathalie ZADOK

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