Attentat de Montrouge : si je n'avais pas réagi il s'en serait pris à l'école juive

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Dix mois après les macabres attentats qui ont frappé la France, en janvier 2015 deux survivants de la fusillade de Montrouge, qui a fait un mort , témoignent de leur face à face avec le terroriste Amedy Coulibaly.
Ces deux survivants ont été décorés pour leur courage .

Les faits
En ce macabre jour, en France au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de 25 ans, est abattue par Amedy Coulibaly sur la voie publique, à Montrouge dans les Hauts-de-Seine. Étaient alors présent, deux hommes, qui ont tenté avec couraged'intervenir.

Récit de ces héros,oubliés:

Laurent et Eric sont appelés pour un banal accident de la circulation, «comme c'est le cas à chaque fois», explique Laurent, 41 ans, aujourd’hui chef d’équipe au service voirie.
Sur place, Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale intervient également. Il s’agit d’un banal accrochage sur l’avenue Pierre-Brossolette.

En attendant la dépanneuse, Laurent et son collègue Éric discutent avec deux policiers municipaux, dont Clarissa Jean-Philippe, en formant un petit cercle.

« Là, j’ai senti quelqu’un qui me tirait par le bras, donc je me suis retourné" poursuit Laurent." Et j’ai vu ce type cagoulé. J’ai tapé sur le bout de la Kalachnikov en pensant que c’était un jouet. »

Laurent ne réalise pas davantage ce qui se passe lorsqu’une gerbe d’étincelles jaillit du canon.
« Je ne l’ai vu que quand il a commencé à tirer, ajoute son collègue Éric, 46 ans. Je n’ai pas compris ce qui s’est passé. Même le bruit de l’arme, j’ai eu du mal à l’entendre. »

Laurent se retourne vers ses collègues et réalise ce qui se passe. Éric, le visage en sang, vient de prendre une balle au-dessus de la lèvre, qui est sortie derrière sa mâchoire.

Les deux précédents projectiles ont mortellement blessé Clarissa Jean-Philippe.
Le visage de Laurent blêmit : « Je me suis dit que mon seul moyen de survie, c’était de lui sauter dessus, se rappelle le quadragénaire. Alors, je lui ai sauté dessus. Et je me suis agrippé comme une sangsue. »

Il se souvient du regard du tueur. « C’est clair qu’il était shooté, juge-t-il. Ces mecs-là, ils prennent des trucs avant de passer à l’acte. C’est pas du courage ». Selon des témoins, l’agent de voirie aurait arraché la cagoule du terroriste. Mais il ne s’en souvient pas.

Laurent s’agrippe autant qu’il peut au canon du fusil pour empêcher une nouvelle rafale, mais l’énergie lui manque. Diabétique, il se sentait en hypoglycémie quelques minutes plus tôt. Il s’écroule. « Je n’ai pas lâché l’arme, poursuit-il. Et là, je le vois mettre sa main dans sa poche et sortir un Tokarev 9 mm. Il m’a dit : Ah tu veux jouer ? Ben tu vas crever ».

Coulibaly vise l’agent, presse la détente. « J’ai entendu un clic. En fait l’arme s’est enrayée. Heureusement, sinon je ne serais plus là », souffle Laurent.

Le terroriste se dégage la main et lui assène un coup à la tête. Il range son arme et tourne les talons. Laurent en est persuadé : s’il n’avait pas réagi, « il s’en serait pris à l’école juive, juste à côté du lieu du drame ».

C’est le lendemain, que Coulibaly prenait en otages les clients de l'HYPERCACHER, à Vincennes et tuait quatre personnes de confession juive avant d'être abattu par la police.

Ces deux policiers estiment aujourd’hui avoir été «zappés».

«Aucun soutien, rien, même pas une poignée de main. J'ai vécu le néant pendant 10 mois», déplore Laurent, alors qu'Eric Urban, qui doit encore sur des soins consécutifs à ses blessures, a «l'impression d'être tombé dans une oubliette». Ces médailles du courage, ne gommeront jamais la douleur.
SOURCES www.lefigaro.fr Adapté par Nathalie ZADOK

Vos réactions

  1. samarcande6@gmail.com'VELLUTINI

    Dans cette affaire il faut savoir que deux organisations syndicales professionnelles ont saisi le parquet de Nanterre afin que soit ouverte une enquête pour établir l’existence ou non de manquements à une obligation de sécurité par l’employeur public. En effet alors même que les maires ne pouvaient ignorer suite aux déclarations publiques de Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de Monsieur le Premier Ministre que les policiers municipaux étaient susceptibles d’être visés par les terroriste, que les préfets ont adressé aux maires concernés des circulaires les invitant à prendre des mesures face à un danger potentiel, Clarissa de surcroit policière municipale stagiaire et ses collègues ont été conduit à intervenir sur la voie publique, sans aucun moyen de protection, ni de défense. Cette affaire également met en lumière que si les collègues de Clarissa avaient disposé des moyens de protection et de défense, il ne fait aucun doute que ce terroriste n’aurait pas été en mesure de poursuivre sa route et abattre quelques heures après les faits 4 autres victimes innocentes. Il serait aujourd’hui tout à fait anormal contrairement aux employeurs privés, que la responsabilité des employeurs publics soumis à une obligation de sécurité ne soit pas recherchée par la justice lorsque celle-ci est saisie. Il ne saurait exister deux formes de justice, une pour les employeurs privés et une autre pour les employeurs publics, politiques qui échapperaient ainsi à toute responsabilité. Les syndicats et la profession ne sauraient se laisser endormir par des médailles, ni même les familles de victimes ou mieux encore la compassion du moment affichée par les politiques. Lorsqu’il existe une succession de fautes, cela s’appelle la faute lourde et l’administration peut en être tenue pour responsable devant la justice administrative indépendamment de la justice pénale. Ainsi tous ces fonctionnaires dont la vie aurait pu être mis en danger à la suite de négligences seraient-ils fondés à saisir la justice administrative pour demander réparation à la commune considérant de l’existence d’une faute lourde , dont ils auront tout le temps de l’instruction pour en démontrer de l’existence, du préjudice physique, moral etc.

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