Israel et le projet de loi controversé de nourrir de force les prisonniers en grève de la faim

Actualités, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Projet de loi controversé : nourrir de force les prisonniers en grève de la faim, opposant au projet de loi

Le cabinet a approuvé dimanche un projet de loi controversé permettant aux autorités de forcer les prisonniers qui sont en grève de la faim, à s’alimenter si leur vie est estimée en danger.

Le Dr Leonid Eidelman, chef de l'Association médicale israélienne, a déclaré à Haaretz que si le projet de loi passait, l'association conseillera aux médecins de ne pas le suivre : «Si la loi passe, nous demandons aux médecins de l'ignorer», a déclaré Eidelman.

La décision du Cabinet permettra à la Knesset de reprendre une soi-disant «loi pour prévenir les dommages causés par les grèves de la faim" au stade où il se trouvait avant les dernières élections. Le projet de loi peut désormais être envoyé devant l’assemblée plénière de la Knesset pour ses deuxième et troisième lectures.

La version du projet de loi approuvé par le cabinet ne comprend pas un certain nombre de modifications visant à assouplir la loi à la lumière des critiques sévères portées à son encontre. On ne sait pas si ces changements seront inclus dans la version finale présentée à la Knesset.

Le Ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, qui veut que la loi passe, a déclaré après son approbation, qu’il chercherait à obtenir le vote de la loi dès que possible.

«Les prisonniers de sécurité sont intéressés à transformer une grève de la faim en un nouveau type d’attaque terroriste suicidaire à travers laquelle ils menaceront l'Etat d'Israël. Nous ne permettrons à personne de nous menacer ni ne permettrons que des prisonniers meurent dans nos prisons", a déclaré Erdan.

D’après des personnes connaissant bien cette loi,  projet de loi vise à empêcher les détenus de sécurité d'essayer de "faire chanter le gouvernement" ou de fomenter des troubles parmi les Palestiniens dans le cas où un détenu mourait en prison après une grève de la faim.

"Si cette proposition est votée, cela sera une étape sombre et endommagera considérablement les droits de l'homme," a déclaré le député Basel Ghattas (Liste arabe commune). "C’est un acte intrinsèquement inhumain. Au lieu de traiter la question elle-même, ils essaient de briser la grève de la faim des détenus de façon inhumaine ".

La député de Meretz, Zehava Galon dit que le projet de loi est immoral et contraire à l'éthique. Ce genre de lois n’est pas voté dans un pays civilisé, elle a noté, ajoutant qu'elle n'a pas été conçue dans l’intérêt des détenus, mais pour résoudre un problème politique et l'image du gouvernement. Galon a également déclaré qu’une grève de la faim était un outil légitime de protestation dans toute démocratie.

L'Association pour les droits civils en Israël (ACRI) dit que nourrir de force est interdit en raison de ses effets néfastes sur les droits de l'homme, de ceux qui s’opposent au traitement, ainsi que le droit à l'autonomie sur son propre corps. "Toute décision sur un traitement médical, y compris l'alimentation ou la nourriture d’une personne, doit être faite par une équipe médicale indépendante et conformément à la loi sur la protection des patients, qui interdit de fournir un traitement médical à une personne sans son accord volontaire et consentant. Dans le cas des détenus, une grève de la faim est un outil légitime de protestation et donc le besoin d'autonomie et de non-intervention est prioritaire.

Il convient de ne pas oublier qu’Israël est constamment sous les feux des journalistes et laisser mourir des prisonniers palestiniens ou autres en grève de la faim ferait également le jeu des antisionistes antisémites. C’est pourquoi, le gouvernement préfère prévenir que guérir.

 

Source: Haaretz

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi