Paracha de la semaine : A’haré moth - Kedochim  Soyez saints car Je suis saint...

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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paracha kedochim, de Claude Layani

A’haré moth - Kedochim

« Soyez saints car Je suis saint..... »

Après avoir traité des commandements purement cultuels, en guise de préparation aux prescriptions morales, le livre de Vayikra atteint les sommets de l’éthique individuelle et sociale avec le « code de sainteté », tel que nous le trouvons dans la Sidra de Kedochim, dont les premiers mots sont: « Soyez saints car je suis saint, Moi l’Eternel votre D.ieu »
Journellement nous proclamons avec les anges, la triple sainteté de D.ieu, mais l’on peut se demander pourquoi justement le terme « kadoch » revient-il à trois reprises. Nous sommes tentés d’y voir les trois dimensions de la sainteté de l’homme, du temps et de l’espace.
Abraham Heschel dans « Les bâtisseurs du temps » attire Ave raison notre attention sur le fait que le terme « Kadoch » est pour la première fois employé dans la Thora, à propos du temps (Gen. 2,3).

Il semble dit-il « Que la sainteté dans le temps, le chabbat, précède tout autre ». Le chabbat, comme il est souligné dans notre sidra (19,3), ainsi que les autres convocations saintes que sont les fêtes de l’année religieuse juive, sont autant d’occasions pour empêcher l’homme de tomber sous le joug de l’esclavage, que les choses et les forces matérielles, qui dominent le monde, font peser sur lui.

Puis c’est la sainteté de l’homme qui succède à celle du temps: « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte », proclame la voix du Sinaï.

Cette sainteté - là n’est nullement une notion abstraite, accessible uniquement aux élus, elle est à la portée de tout homme, selon les définitions même qu’en donne la Thora, et surtout notre Sidra qui contient le commandement d’amour: « Tu aimeras ton prochain, il est comme toi-même ».
La sainteté du lieu, de l’espace n’occupe que la troisième place, marquant encore l’ordre de priorité. En effet, ce n’est qu’après la tentation d’adorer un objet, un veau d’or, que le peuple d’Israël reçut l’ordre de construire un Tabernacle, une sainteté dans l’espace.

Ce fut comme une concession à la faiblesse humaine (Midrach Tan’houma Exode 34,1). En tout cas c’est cette triple sainteté qui est devenue notre mission sur terre et c’est là le message important de notre Sidra.

L’appel à la sainteté s’adresse d’emblée à toute la communauté de témoignage des enfants d’Israël. Chaque juif a vocation à la sainteté - c’est-à-dire à une élévation, un déplacement de soi non seulement individuel mais encore et surtout par le biais de sa relation Ave autrui comme l’illustrent la plupart des commandements de notre Sidra, qui culminent dans « Tu aimeras ton prochain... » (Lév.19,18).

Servons-nous du fil conducteur que constituent les paroles du Sifra pour approfondir l’autre verset de notre texte. » « Soyez saints, car Je suis saint le Seigneur votre D.ieu »(Lév.19,2).
Dans une première explication, le Sifra indique: « Si vous vous sanctifiez vous-mêmes, Je le prendrais comme si vous m’avez sanctifié et si vous ne vous sanctifiez pas Je considérerais que vous ne m’avez pas sanctifié ». Le Midrach établit donc un rapport entre la sanctification de l’homme et celle de D.ieu.

Lorsqu’un être se soumet aux prescriptions de la Thora nous seulement il atteint lui-même un certain degré de sainteté mais il sanctifie par-là même le Nom de D.ieu dans l’univers, c’est la notion de « Kiddouch Hachem » qui se trouve ici définie.

Abba Saül nous enseigne que ce qui rend possible notre effort de sanctification c’est la sainteté de D.ieu. C’est parce que l’homme a été créé à l’image de son Créateur qu’il se distingue de tout ce qui existe par sa raison et sa libretto qu’il est capable de se hausser au-dessus de soi et de se conduire selon le dessein de D.ieu pour ce monde. Réciproquement on peut dire que c’est en poursuivant la sainteté que chaque juif se place dans le sillage de son Créateur.

Même si l’homme a le devoir de ressembler à son Créateur, d’être saint comme Il est Saint, il ne parviendra jamais à atteindre la sainteté de D.ieu. L’homme ne saurait être que perfectible et non parfait.La sainteté parfaite est du domaine de D.ieu ; néanmoins les hommes ont le devoir de Lui ressembler
Claude Layani

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