La paracha de la semaine Vaéra: Le face à face entre Moise et le Pharaon

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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VAERA

L’affrontement entre Moïse et le Pharaon dans notre sidra est très violent. La première entrevue aboutira à un échec. Dans cette première négociation, le Pharaon révèle son véritable visage. Il refuse la libération des hébreux, en des termes qui sont très intéressants puisqu’il dit tout au début du chapitre 5 de l’Exode « Qui est D.ieu pour que j’écoute sa voix ? Je ne connais pas D.ieu et je ne libérerai pas Israël

Dans un chapitre précédent Moïse disait: « Qui suis-je pour aller en Egypte ? » Il est frappant de trouver ici à peu près les mêmes mots mais cette fois concernant D.ieu. Entre l’attitude de Moïse disant: « Qui suis-je ? » et l’attitude du Pharaon disant: « Qui est D.ieu ? », il y a une opposition qui révèle le sens profond de cette histoire.

La Bible essaie de nous présenter deux façons d’aborder la vie

Ce sont les deux grandes attitudes que l’on peut distinguer dans l’existence, qui sont d’une part celle du paganisme ou d’une certaine forme d’humanisme et d’autre part celle de la foi. Moïse et les hébreux incarnent ici la foi et d’une façon encore plus précise la foi naissante. En revanche le Pharaon dans tout ce livre de l’Exode, incarne le refus de la foi et une forme de paganisme orgueilleuse. On peut dire qu’à travers toute la Bible, le Pharaon est le représentant le plus spectaculaire et l’humanisme orgueilleux dans lequel l’homme se prend pour D.ieu. D’ailleurs ce n’est pas nécessairement un problème du passé, c’est aussi un des grands problèmes de notre civilisation lorsqu’il s’agit de discerner jusqu’où peut aller l’homme et où commence le véritable domaine de D.ieu. Le Pharaon représente un premier état de la civilisation dans laquelle on ne reconnaît pas D.ieu.

L’Egypte représente sur le plan historique la forme la plus achevée de civilisation de l’antiquité. C’est un pays qui, d’une façon générale représente dans l’antiquité la « Grande puissance ». Toute l’histoire de l’antiquité a été partagée jusqu’à l’avènement de Rome, entre, d’une part la civilisation de l’Euphrate, les Summériens, les Mésopotamiens et d’autre part celle de l’Egypte. Il d’ailleurs assez curieux de penser qu’il y a plus de 3000 ans, existait déjà au Moyen Orient, la politique des blocs.

C’est alors que face à cette énorme civilisation, va appraître le phénomène Israël.

Ce phénomène va se situer face à une civilisation qui a une conception de l’existence et un système socio-économique très précis. Cette conception de l’existence c’est tout d’abord l’idlâtrie du Pharaon. Le Pharaon se fait adorer comme dieu. Bien entendu il n’échappe pas à cet orgueil et qui fera que les prophètes vont constamment stigmatiser le Pharaon et le traiter de crocodile. Pour les Hébreux, le Pharaon a toujours incarné ce crocodile orgueilleux qui dit que c’est lui-même qui a fabriqué le Nil.

Nous savons que le Nil a une importance certaine puisque c’est le Nil qui a fait l’Egypte. Le Nil est donc tout naturellement le dieu de l’Egypte. Pour tous les Egyptiens, il est le père des dieux et leur nourricier, le gardien de la vie et de l’ordre divin.Le crocodile qui est l’animal symbolique du Nil, l’est aussi et le Pharaon, considéré comme le créateur du Nil pense qu’il n’y a pas de dieu au-dessus de lui. Cela explique la réaction du Pharaon lorsque Moïse vient lui parler de l’Eternel. Il lui dit: « Quel l’Eternel ?, je ne connais pas l’Eternel et je ne renverrai pas Israël. » Il y a tout au long de l’histoire, un refus du Pharaon de reconnaître une puissance transcendante, de reconnaître l’intervention d’un dieu, qui ne serait pas homme.

Le Pharaon n’ayant pas reconnu le D.ieu de Moïse et la négociation de Moïse se solde par un échec cuisant. Non seulement le Pharaon refuse la libération des Hébreux, mais il va prendre des mesures de répression. Cette aggravation va être pour l’Egypte comme une sorte de boomrang qui se traduira par toute une série d’épreuves , les dix plaies qui auront raison de l’obstination du Pharaon à laisser partir les Hébreux d’Egypte.

Claude Layani

 

 

 

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