Nétanyahou dans le sens de ses alliés

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Article paru dans "Liberation"

L’«offre» du Premier ministre s’adresse surtout à Obama.

Salué par les Etats-Unis et les Européens, rejeté par les Palestiniens, l’Egypte et la Syrie, le discours de politique étrangère du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, suscite des réactions très partagées.

Dans quelle mesure ce discours constitue-t-il un tournant ?

«Etat palestinien». Benyamin Nétanyahou a finalement prononcé ces deux mots. Pour le chef du Likoud, le grand parti de la droite israélienne, il s’agit d’un retournement, au moins sémantique : pendant des années, Nétanyahou, symbole de la droite dure, a refusé d’évoquer la création d’un tel Etat. Lors de la campagne pour les législatives, il n’avait cessé d’insister sur le développement économique comme préalable à la paix avec les Palestiniens, sans jamais mentionner leurs revendications nationales.

Reste à savoir si Nétanyahou a entamé un véritable retournement idéologique. Les conditions draconiennes qu’il pose à la création d’un Etat palestinien - démilitarisation, absence de contrôle de l’espace aérien, interdiction de signer des pactes militaires - et le refus de geler les constructions dans les colonies et de diviser Jérusalem laissent penser qu’il pourrait ne s’agir que d’une formule rhétorique destinée à éviter les foudres de Washington. «Si Nétanyahou avait la plus petite conviction que les Palestiniens puissent accepter une quelconque des conditions qu’il a posées à la création d’un Etat palestinien, il n’aurait jamais dit ce qu’il a dit hier», commentait ainsi hier l’analyste politique de Maariv, Ben Caspit.

Comment ce discours a-t-il été perçu en Israël ?

Nétanyahou a réussi à lâcher du lest à l’administration américaine en limitant les dégâts au sein de sa coalition, qui repose sur les partis religieux - de droite - et le parti travailliste. L’organisation représentative des colons Yesha, tout en déplorant que le Premier ministre ait évoqué un Etat palestinien, même démilitarisé, s’est félicitée de son refus de céder à Barack Obama sur l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie. «Un lourd fardeau a été levé de ma poitrine. Je suis fier du haut degré de sionisme dont a fait preuve le Premier ministre. Il n’a pas mentionné d’évacuation ou de gel des implantations. J’espère que cela signifie que nous pourrons continuer à construire», a ainsi déclaré le président de Yesha, Pinchas Wallerstein. Le parti centriste Kadima et les travaillistes ont souligné que Nétanyahou avait fait un pas, même tardif, dans la bonne direction et qu’il devait maintenant être jugé sur ses actes.

Comment a réagi l’administration Obama ?

Le discours de Nétanyahou était, plus qu’à tout autre, destiné au président américain, qui avait fait monter la pression sur Israël ces dernières semaines, exigeant notamment la reconnaissance du principe de «deux peuples pour deux Etats». Washington a donc sans surprise salué son discours, le qualifiant d’«important pas en avant». Le porte-parole de Barack Obama n’a pas mentionné la question de la colonisation, qui reste un important sujet de discorde avec Israël.

Est-ce acceptable par les Palestiniens ?

La direction palestinienne a rejeté en bloc les conditions posées par Nétanyahou. «Il devient clair que nous sommes en présence d’un gouvernement israélien qui refuse en réalité une solution à deux Etats, l’arrêt de la colonisation et la reprise des négociations au point où elles s’étaient arrêtées [fin 2008, ndlr]», a affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi