L'ex-nazi Demjanjuk nie le motif de son accusation

Antisémitisme/Racisme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

L'ancien garde de camp nazi arrivé mardi en Allemagne nie avoir été au camp d'extermination de Sobibor. John Demjanjuk, 89 ans, extradé des Etats-Unis, est poursuivi pour son rôle présumé dans le meurtre de milliers de Juifs.

Jusqu'à présent, cet ancien soldat de l'armée rouge né en Ukraine, ne contestait pas avoir été garde de ce camp mais assurait y avoir été contraint par les nazis en tant que prisonnier de guerre.

La justice allemande l'accuse d'avoir participé au meurtre d'au moins 29.000 Juifs
Deux jugements, un israélien et un américain, qu'il n'a pas contestés, en font un garde du camp d'extermination de Sobibor.
La justice allemande l'accuse de participation au meurtre d'au moins 29.000 juifs dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne, où il  aurait été garde du 27 mars 1943 à fin septembre 1943.

"Mais même si l'on présumait qu'il y ait été, il serait acquitté. Il vient d'Ukraine et aurait donc été un gardien étranger. Ceux-ci agissaient sous la contrainte. Ils n'aidaient pas et n'entraient pas dans les chambres à gaz", a ajouté dans un communiqué Me Busch, son avocat allemand de fraîche date.
L'avocat estime également que "l'Allemagne n'est pas compétente (pour le juger), car Sobibor est sur le territoire de la Pologne" actuelle.

En décembre 2008, la plus haute autorité judiciaire allemande avait estimé qu'un tribunal de Munich était compétent pour le juger, au motif que Demjanjuk avait vécu près de la capitale bavaroise, en 1952, avant d'émigrer aux Etats-Unis. Mais Me Ulrich Busch estime que Demjanjuk a déjà été "inculpé et acquitté" en Israël et en Pologne, notamment pour des actes en tant que garde dans les  camps de Treblinka et Sobibor, et qu'il ne peut pas être rejugé pour les même  faits.
Condamné à mort en Israël en 1988, il avait ensuite été acquitté par la Cour suprême israélienne en raison de doutes sur son identité.

Expulsé des Etats-Unis
Samedi, les autorités américaines avaient sommé John Demjanjuk de se présenter devant le bureau de l'immigration de Cleveland dans le cadre de la procédure d'extradition. Une bataille judiciaire oppose depuis des années les département de la Justice et les avocats de Demjanjuk, retraité du secteur automobile de l'Ohio.

La Cour suprême américaine a rejeté la semaine dernière un énième recours en annulation de son expulsion. Son fils et ses avocats considéraient que l'extradition de Demjanjuk vers l'Allemagne serait assimilable à de la torture au vu de son état de santé, prétendue très fragile.

Il y a près d'un mois, des officiers étaient venus chercher le vieil homme né en Ukraine et l'avaient sorti de son domicile sur un fauteuil roulant pour le conduire à l'aéroport, mais l'intervention d'un magistrat avait interrompu l'extradition de Demjanjuk à la dernière minute.

Lundi, une ambulance privée est arrivée à son domicile de Seven Hills dans l'Ohio (nord) un peu avant 15h. Alors que de nombreux journalistes et caméras de télévision attendaient, le personnel médical a sorti un brancard et s'est enfermé dans le garage. Les télévisions ont ensuite montré John Demjanjuk, 89 ans, allongé sur le brancard et transporté du garage vers l'ambulance.

Né en Ukraine en 1920, John (Yvan) Demjanjuk , soldat dans l'Armée rouge, avait été capturé par les nazis au printemps 1942. Il a ensuite été formé au camp de Treblinka, en Pologne et aurait servi deux ans dans les camps de Sobibor, Majdanek et Flossenburg. Il a toujours affirmé avoir été contraint de travailler pour les nazis et avoir été confondu par des survivants avec d'autres gardes cruels, notamment "Ivan le Terrible".

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi