Israël : premières tensions entre Tel-Aviv et Washington

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Les forces de l’ordre israéliennes ont tenté d’empêcher les célébrations de « Jérusalem, capitale de la culture arabe pour 2009 ».

Les destructions de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est suscitent des « frictions », voire une mésentente, entre la nouvelle administration américaine et le gouvernement israélien.

Ces démolitions de bâtiments, édifiés selon la municipalité de Jérusalem sans permis de construire, avaient déjà provoqué l’indignation de la secrétaire d’État Hillary Clinton lors de sa visite officielle dans la région. Elle y voyait « une violation de la feuille de route d’avril 2003 », qui excluait ce genre de pratiques. Elle n’avait pas ménagé ses critiques, notamment durant sa rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie). Des critiques qui devaient provoquer des grincements de dents du côté israélien.

Une décision judiciaire selon Israël

Dans l’optique de la diplomatie israélienne, ces démolitions, sur injonctions de la municipalité de Jérusalem « désireuse de faire respecter ses règles en matière de construction », relèvent de la justice et ne sont pas le résultat d’une décision politique.
En revanche, Washington les juge contraires sinon à la lettre, du moins à l’esprit, des récents accords israélo-palestiniens. Le département d’État américain y voit aussi une manière de saper les efforts en vue de rétablir une atmosphère de confiance entre les deux parties, une entrave supplémentaire au processus de paix. « Tout ce qui touche à Jérusalem, dit-on encore dans la capitale fédérale américaine, est tellement sensible, explosif, que les effets peuvent s’apparenter à ceux de la nitroglycérine. »
C’est dans ce climat déjà tendu que le ministre israélien de la Sécurité intérieure a tout mis en œuvre, samedi, pour empêcher les manifestations liées à la proclamation par l’Autorité palestinienne de « Jérusalem, capitale de la culture arabe pour 2009 ». Les interventions de la police, des « bérets verts » de la police des frontières, dans différents endroits de la ville, suivies d’arrestations (une vingtaine de personnes sont sous les verrous), devaient mettre fin à plusieurs célébrations, en particulier le défilé d’étudiants sur l’esplanade des mosquées Omar et Al-Aqsa, des rassemblements rue Salah al-Din (dans le centre de Jérusalem-Est) et dans le faubourg de Wadi al-Joz, l’allumage d’une torche, une manifestation sportive…

Une manifestation d’extrême-droite

Dans le courant de la semaine prochaine, la tension risque de se déplacer vers la ville d’Umm el-Fahem, en Galilée : la deuxième plus importante ville arabe d’Israël sera en effet le théâtre d’une démonstration de force d’éléments d’extrême-droite. La municipalité a ordonné, pour protester contre ce qu’elle considère comme une « provocation », la fermeture de tous les établissements publics de l’agglomération. Les commerçants devraient aussi baisser leurs rideaux de fer. Drapeaux israéliens en tête, les militants nationalistes, qui ont reçu l’autorisation de la Cour suprême malgré les réserves de la police, soucieuse de préserver l’ordre public, défileront dans le centre ville, sans doute sous les huées de la population locale.

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