Racisme : Des skinheads enfin condamnés en Russie

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Alors que les violences racistes entraînant la mort de dizaines de personnes chaque année se multiplient en Russie, sept skinheads ont enfin été condamnés lundi à des peines allant de six à vingt ans de prison par une justice russe jusque là extrêmement passive.

Les skinheads étaient membres d’une bande prônant le "white power". Ils ont systématiquement attaqué pendant 14 mois des non slaves, à savoir des individus originaires des anciennes républiques socialistes soviétiques comme l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Azerbaïdjan ainsi que des ressortissants chinois.

Le tribunal municipal de Moscou a reconnu que ces néo nazis étaient coupables de 19 meurtres et 12 tentatives de meurtre. Ils étaient aussi accusés d'avoir "volé les biens" de leurs victimes et "attisé la haine raciale". Ils avaient notamment enregistré et diffusé des images de leurs attaques sur internet.

Selon les enquêteurs, les jeunes communiquaient à travers des sites nationalistes pour organiser des "actions contre les gens à l'apparence non-slave" dans la région de Moscou. Ils utilisaient des couteaux, des battes de base-ball et des armatures métalliques pour les attaquer.

Les deux organisateurs de la bande, Artour Ryno et Pavel Skatchevski, se sont vu infliger une peine de dix ans parce qu'ils étaient mineurs au moment des faits, commis entre août 2006 et octobre 2007. Roman Kouzine, né en 1988, a reçu la peine la plus élevée, soit 20 ans de prison en colonie pénitentiaire à régime sévère. Quatre autres membres du groupe ont été condamnés à des peines allant de six à 12 ans de prison.

Skatchevski et Ryno avaient été arrêtés après le meurtre en avril 2007 de l'entrepreneur russe d'origine arménienne Karen Abramian, tué de 55 coups de couteaux à 46 ans et retrouvé ensanglanté par l'un de ses trois enfants dans la cour de son immeuble.

C’est lors des interrogatoires qu’Artour Ryno a avoué les autres tueries, se disant fier de ses actes. Il a alors expliqué "détester depuis l'école les Caucasiens et les Asiatiques qui oppriment les Russes".

Rare motif de satisfaction dans une Russie qui se ferme de plus en plus sur elle-même et qui remet certain des vieux slogans nationalistes à l’ordre du jour, cette décision marque un revirement de grande importance de la justice russe. En effet, dans la majorité des précédentes affaires similaires, les juges qualifiaient ces délinquances d’actes d’hooliganisme ce qui entraînaient trop souvent une peine clémente à l’égard d’individus attisant la haine raciale.

D’après les chiffres de l'ONG Bureau pour les droits de l'Homme, les attaques racistes auraient presque quintuplé ces cinq dernières années en Russie, faisant près de 300 morts et plus de 1.300 blessés au total depuis 2004.

Ironie de l’histoire, la Russie est désormais devenue la principale base arrière des suprématistes blancs avec la Scandinavie et l’Amérique du Nord.

Il est pourtant difficile de concevoir qu’une partie non négligeable de la jeunesse russe s’affiche avec des croix gammées et crient sans complexe « Zieg Heil » alors que plus de 25 millions de soviétiques sont morts en quatre ans pour empêcher le nazisme de dominer le monde.

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