Le puissant ouragan Gustav à une centaine de kilomètres de La Nouvelle Orléans

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LA NOUVELLE-ORLEANS,le 01/09/08 - Des pluies torrentielles et des vents violents balayaient la Louisiane lundi matin avec l'arrivée du centre du puissant ouragan Gustav sur les côtes d'un Etat qui porte encore les stigmates du passage de Katrina en 2005.

Le centre de l'ouragan Gustav a atteint les côtes de la Louisiane vers 15H00 GMT, près de Cocodrie à quelque 110 km au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans et à environ 160 km au sud-est de la ville de Lafayette, en Louisiane, a précisé le NHC, basé à Miami.

Après l'évacuation de deux millions de personnes, décrite par les médias comme la plus vaste de l'histoire américaine, La Nouvelle-Orléans était transformée en ville fantôme.

Malgré un léger affaiblissement de Gustav, rétrogradé de la catégorie 3 à la catégorie 2, le centre de surveillance des ouragans (NHC) a averti que l'ouragan pourrait entraîner une montée des eaux "extrêmement dangereuse", entre trois et quatre mètres au-dessus du niveau normal.

Selon des experts, La Nouvelle-Orléans pourrait une nouvelle fois être submergée, même si les digues ont en partie été renforcées depuis Katrina.

Pas moins de 750 gardes nationaux étaient mobilisés dans la ville en prévision d'éventuelles opérations de sauvetage pour une dizaine de milliers d'irréductibles, restés sur place.

Selon le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, Gustav qui a laissé plus de 80 tués derrière lui dans les Caraïbes, pourrait avoir fait ses premiers morts dimanche dans cet Etat du sud: trois patients dans un état critique décédés durant leur évacuation de l'hôpital.

Les installations pétrolières de cette région du Golfe du Mexique qui concentre un quart de la production de brut des Etats-Unis, ont été presque totalement fermées, avant l'arrivée de Gustav.

Les habitants de Baton Rouge, capitale de la Louisiane, de La Nouvelle-Orléans et d'autres villes de l'intérieur des terres, ont été avertis de possibles tornades, liées à Gustav.

Une marée de voitures fuyant la ville avait envahi dimanche les autoroutes. Gares et gares routières avaient été prises d'assaut. Et La Nouvelle-Orléans était depuis dimanche une "ville-fantôme", selon son maire Ray Nagin, qui a estimé qu'à peine 10.000 d'habitants avaient refusé de partir.

Parmi ces irréductibles, Jack Bosma, propriétaire d'un petit bar à La Nouvelle-Orléans clamait: "Je protège mes fenêtres mais ensuite je vais aller boire un coup".

Chelsea Leighton, se montrait moins bravache: "Je pense que je vais mourir, alors autant claquer mon argent", disait-elle en insérant une pièce dans un jeu vidéo de poker dans le bar "Johnny White" qui avait déjà refusé de fermer lors du passage de Katrina.

Les secours civils et militaires étaient sur le pied de guerre et la coordination entre autorités locales et fédérales, qui avait fait cruellement défaut en 2005, s'intensifiait.

Retenant la leçon de Katrina, M. Nagin avait ordonné l'évacuation totale de la ville face à ce qu'il a qualifié de "tempête du siècle" et au risque d'une catastrophe pire que celle d'août 2005. Quelque 1.800 personnes avaient alors péri en Louisiane et dans les Etats voisins et une grande partie de La Nouvelle-Orléans avait été ensevelie sous les eaux.

Le maire a également décrété un couvre-feu et averti les pillards qu'ils iraient "directement" en prison.

Par ailleurs, Gustav a complètement bouleversé le programme de la convention républicaine qui s'ouvre lundi à St Paul (Minnesota, nord) pour introniser John McCain comme candidat à la Maison Blanche. La plupart des travaux ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre.

Le président George W. Bush a décidé de ne pas s'y rendre et d'aller au Texas (sud) pour superviser la coordination des opérations de secours. La mauvaise gestion de son administration lors de Katrina avait été une catastrophe politique pour le président.

John McCain s'est lui rendu dans le Mississippi (sud) pour vérifier les préparatifs.

Son rival démocrate Barack Obama s'est dit prêt à "activer une liste de deux millions de personnes" pour trouver des volontaires et offrir des dons.

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