L'Iran menace de "mettre le feu" à Tel-Aviv, Washington minimise

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TEHERAN ,le 10/07/08 - L'Iran a menacé mardi de "mettre le feu" à Tel-Aviv et à la flotte militaire américaine dans le Golfe en cas d'attaque contre ses installations nucléaires, au milieu d'appels des grandes puissances l'exhortant à suspendre toute activité liée à l'enrichissement d'uranium.

"Le régime sioniste fait actuellement pression sur les dirigeants de la Maison Blanche pour préparer une attaque contre l'Iran. S'ils commettent une telle stupidité, la première réponse de l'Iran sera de mettre le feu à Tel-Aviv et à la flotte américaine dans le Golfe Persique", a averti l'hodjatolislam Ali Shirazi, représentant du guide suprême Ali Khamenei au sein des forces navales des Gardiens de la révolution, cité par l'agence Fars.

Washington a minimisé les menaces iraniennes et répété mardi vouloir régler le conflit sur le nucléaire avec Téhéran diplomatiquement.

"Des commentaires de ce type ne sont pas inhabituels. Nous continuons à insister sur notre volonté de résoudre ce problème par voie diplomatique", a estimé un porte-parole du département d'Etat, Gonzalo Gallegos.

Les Etats-Unis, comme Israël, n'ont pas exclu récemment un recours à la force contre l'Iran pour stopper son programme nucléaire, dont les Occidentaux craignent qu'il ne cache un volet militaire sous couvert de production d'électricité.

La déclaration du responsable iranien intervient alors que les Gardiens de la révolution, unités d'élite du régime islamique, effectuent des manoeuvres dans le Golfe pour améliorer les "capacités de combat des unités balistiques et navales", selon les médias.

Les Gardiens de la révolution ont leurs propres forces terrestres, navales et aériennes, et disposent de nombreux missiles, notamment les Shahab-3 capables d'atteindre le territoire israélien et les bases militaires américaines dans la région.

Samedi, leur chef, le général Mohammad Ali Jafari avait déjà menacé "les ennemis" de l'Iran de "frappes fatales" dans le Golfe en cas d'attaque.

Le même jour, le chef d'état-major de l'armée iranienne avait averti que Téhéran pourrait fermer le détroit stratégique d'Ormuz, par où transite environ 40% du pétrole mondial, si les intérêts de l'Iran étaient en jeu.

Par ailleurs, l'ambassadeur d'Iran à Londres, Rassoul Movahedian, a déclaré mardi que l'Occident "perdait son temps" en demandant la suspension de l'enrichissement d'uranium.

Cette exigence a été rappelée mardi par les chefs d'Etat et de gouvernement du G8, réunis à Toyako, dans le nord du Japon qui ont exhorté l'Iran "à suspendre toute activité liée à l'enrichissement d'uranium" et à coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"Nous exprimons nos sérieuses craintes concernant les risques de prolifération que pose le programme nucléaire iranien", a dit un communiqué des G8.

L'Iran a remis vendredi à Javier Solana, chef de la diplomatie de l'Union européenne, une réponse --dont les termes exacts n'ont pas été rendus publics-- à des propositions destinées à l'inciter à suspendre ses activités nucléaires les plus sensibles, dont l'enrichissement d'uranium.

Ces propositions ont reçu l'aval du groupe des six puissances engagées dans la recherche d'un accord avec l'Iran (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Mais la réponse iranienne ne fait "pas mention de la suspension des activités sensibles", un "élément majeur" réclamé par les Six, a déclaré mardi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Eric Chevallier.

M. Solana avait qualifié lundi de "difficile" et "compliquée" la réponse de Téhéran à cette offre, alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad réaffirmait la volonté de l'Iran de ne rien céder sur ses "droits" en matière nucléaire.

Depuis le sommet du G8 au Japon, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré mardi que M. Solana allait se rendre en Iran pour évaluer cette nouvelle réponse.

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