Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Algérie

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                                   Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy en Algérie

PARIS, le 03/12/07 - Le président français Nicolas Sarkozy arrive lundi à Alger pour sa première visite d'Etat en Algérie, dans un climat alourdi par les allusions controversées d'un ministre algérien à ses origines juives et au soutien que lui apporterait un prétendu "lobby juif".

M. Sarkozy aura dès son arrivée en milieu d'après-midi un premier entretien avec son hôte, le président Abdelaziz Bouteflika, à la résidence d'Etat de Zeralda, avant d'assister à un Forum des chefs d'entreprises algériens et français dans un hôtel du littoral algérois.

MM. Sarkozy et Bouteflika s'étaient rapidement employés à contenir la vive polémique née des déclarations lundi dernier du ministre des Moudjahidine (Anciens combattants), Mohammed-Chérif Abbas, selon lesquelles un "lobby juif" en France serait le "véritable architecte de l'ascension de Sarkozy au pouvoir".

M. Bouteflika a désavoué son ministre, affirmant que ses déclarations "ne reflètent en rien les positions de l'Algérie", et M. Sarkozy a calmé le jeu en maintenant sa visite en Algérie où, a-t-il dit, il se rend "en ami".

L'Algérie et la France doivent "se tourner vers l'avenir" et "il nous faut avancer sur du concret", a-t-il dit, dans une déclaration à l'agence algérienne APS à la veille de sa visite.

Sa visite fait lundi la "une" des journaux algériens. A l'exception du quotidien arabophone Al Khabar, ils n'évoquent plus la controverse, mais s'attardent sur les contrats dont la signature est attendue, et dont le montant pourrait s'élever à 5 milliards de dollars, selon des sources françaises.

Al Khabar relance en "une" la demande d'excuses réclamés par l'Algérie à la France pour les "crimes" commis par le colonialisme entre 1830 et 1962. Il demande en outre que "le locataire de l'Elysée réhabilite les victimes des essais nucléaires français de Reggane" (Sahara), réalisés entre le 13 février 1960, sous le nom de code de "Gerboise bleue", et le 16 février 1966, sous celui de "Grenat".

Le quotidien souligne par ailleurs le "soutien" apporté par "la famille révolutionnaire" (NDLR: mouvements et associations se réclamant de l'héritage direct de la guerre d'indépendance de 1954-62) au ministre des Moudjahidine.

Plusieurs contrats doivent être signés ou confirmés pendant le séjour de M. Sarkozy. Le groupe pétrolier Total doit annoncer un investissement de 1,5 milliard de dollars dans un vapocraqueur à Arzew (ouest), en partenariat avec le groupe public algérien Sonatrach.

Gaz de France doit investir un milliard de dollars dans un gisement gazier et reconduire jusqu'en 2019 ses contrats d'approvisionnement en gaz algérien. L'Algérie est le 3e fournisseur de gaz de la France, après la Norvège et les Pays Bas, avant la Russie.

Un contrat sur le nucléaire civil doit également être signé. Il porterait essentiellement sur la formation et les échanges d'expériences, notamment dans la sécurité nucléaire, précise-t-on de source française.

La président du Forum des chefs d'entreprises (FCE, un des principaux syndicats patronaux algériens), Réda Hamiani, dans une déclaration au quotidien Liberté, souhaite la création d'une "zone franche industrielle" pour favoriser l'investissement industriel français en Algérie, "point faible", selon Alger, de la coopération entre les deux pays.

MM. Bouteflika et Sarkozy et aborderont enfin la question récurrente des visas entre les deux pays. Alger souhaite davantage de facilités pour leur octroi, et Paris demande de la réciprocité.

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