Russie :Les grands évènements de la semaine vus de Moscou Par Nathalie Ouvaroff

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La semaine passée a été dominée par les festivités marquant le soixante dixième anniversaire du débarquement allié en Normandie. A l’invitation du président français, François Hollande dix-neuf chefs d’états et têtes couronnées se sont retrouvées sur les plages de l’ouest de la France pour rendre hommage à ceux qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour délivrer l’Europe de la « peste brune ».

 

Reste que les cérémonies du souvenir ont été quelque peu éclipsées par la crise ukrainienne, le président Hollande ayant profité de l’occasion pour organiser une sorte de sommet informel afin de trouver une issue à la guerre civile qui ravage l’Ukraine depuis plusieurs mois.

 

 La préparation des festivités avait constitué un véritable casse-tête chinois pour le protocole dans la mesure ou les participants avaient fait savoir à l’avance qu’ils tenaient pas à  être placé à coté de Vladimir Poutine considéré selon eux comme le principal responsable de la détérioration de la situation internationale consécutive à l’annexion de la Crimée initialisée par le Kremlin en dépit des traités de 1994 garantissant  l’unité territoriale de l’Ukraine(contre son renoncement à l’arme nucléaire) . Détail piquant François Hollande a été contraint de dinner avec Barak Obama puis de souper avec Vladimir Poutine, car les deux hommes ne souhaitaient pas partager le même repas…

 

Reste que les efforts de la diplomatie française ont porté leurs fruits  quoique puisse en dire les esprits chagrins et les va-t’en guerre  de tous poils. Vladimir Poutine et Barak Obama se sont parlé  à deux reprises …. Le président russe a également échangé avec son homologue ukrainien Petro Prochenko en présence d’Angela Merkel et de François Hollande, les deux hommes ont parlé quinze minutes ….un début. 

 

Certes on est encore très loin  du retour à la paix mais la rencontre a eu un résultat immédiat : hier l’agence de presse officielle RIA Novosti annonçait que le le président russe avait donné l’ordre au FSB de renforcer les contrôles à la frontière pour empêcher le passage d’hommes et de matériel à la rébellion. 

 

Par ailleurs monsieur Zourabov ambassadeur de la fédération de Russie en Ukraine a fait savoir que le Kremlin n’était à pas opposée à une médiation des USA et de l’Europe dans la crise ukrainienne .Il convient , toutefois, de prendre ces nouvelles avec circonspection  pour deux raisons : Poutine n’est pas à un revirement près et pas seulement sur l’Ukraine ,   par ailleurs il n’est pas aisé de contrôler une frontière semblable à une passoire ou les insurgés ukrainiens ont de nombreuses complicités.

 

L’interview de Vladimir Poutine. Poutine donne très rarement des interviews, il n’aime pas cela et a l’impression de perdre son temps. A la veille de son voyage en France le président russe a fait une exception et a donné une longue interview à TF1 et Europe 1.Pendant une heure trente il a répondu aux questions des journalistes. 

 

Tous les thèmes ont été abordés  l’Ukraine, les relations internationales, la situation économiques de la fédération de Russie , la réaction du chef de l’état russe à la phrase d’Hillary Clinton le comparant à Hitler …les relations bilatérales ce qui a permis à Poutine  de faire référence à la politique d’indépendance nationale menée par le général de Gaulle et par François Mitterrand ,  une façon  détournée de critiquer l’alignement des français sur la politique américaine avant de conclure en faisant miroiter la commande de deux nouveaux « Mistrals » 

 

La prestation de serment de Petr  Porochenko

Fini « la junte » …Les détracteurs de l’administration ukrainienne qui répétaient avec délectation ce terme s’en même savoir qu’il n’était pas adapté à la situation du pays   qui avait un gouvernement provisoire et non pas une junte militaire vont devoir trouver autre chose .L’Ukraine a un président démocratiquement élu et reconnu par l’ensemble de la communauté internationale et même du bout des lèvres par la Russie. 

 

La cérémonie s’est déroulée dignement  sans excès de faste. Quant au discours du nouveau président, il a fait une excellente impression sur l’auditoire qui a été agréablement impressionné par la sincérité teintée d’une émotion contenue qui émanait des propos du nouveau chef de l’état ukrainien.

 

 Reste que ce dernier n’aura pas d’état de grâce, et devra se contenter d’une marge de manœuvre particulièrement étroite entre patriotes ukrainiens et prorusses de l’est  .Tandis que les combats se poursuivent.  des manifestations pour réclamer la fédéralisation du pays ont eu lieu dans les grandes villes de l’est/ : Kharkov, Donetsk, Lougansk et hier les habitants de Kiev sont redescendus dans la rue pour exiger la dissolution de la Rada et des élections législatives anticipées.

 

 Et pour finir  une information qui risque de provoquer une nouvelle polémique Volgograd pourrait redevenir « Stalingrad ». Répondant à des anciens combattants russes lors des cérémonies du 6juin le président russe a affirmé qu’il était favorable à un référendum sur la question de savoir si la ville de Volgograd pourrait être rebaptisée Stalingrad. 

 

L’église orthodoxe a fait savoir qu’elle n’était pas opposée à cette initiative bien qu’elle eut préféré que la ville retrouve son premier nom , celui qu’elle portait avant 1925 « Tsaritsyn » ;Quant au secrétaire général du parti communiste Gennadi Ziouganov il  s’est déclaré favorable à un référendum et a suggéré qu’on pourrait faire la même chose pour Saint Pétersbourg.(Leningrad avait été rebaptisée saint Pétersbourg le 12 juin 1991 à la suite d’un référendum).

Nathalie Ouvaroff

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