Amélioration sur le front des incendies mais la colère monte en Grèce

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      Amélioration sur le front des incendies mais la colère monte en Grèce

Article paru dans "Tribune", le 30/08/07

A la faveur d'une amélioration des conditions météorologiques, des milliers de sapeurs-pompiers sont parvenus à contrôler mercredi des dizaines d'incendies qui ravageaient la Grèce depuis la semaine dernière. Les gigantesques feux, dont nombre seraient d'origine criminelle, ont fait au moins 64 morts, sans compter les dégâts causés à des centaines de propriétés et à l'environnement.

Au coût humain, économique et écologique de ce drame, pourrait venir s'ajouter un impact d'ordre politique, comme l'illustrent certains sondages montrant une colère croissante au sein de la population à quelques semaines des élections générales anticipées.

Mercredi, les opérations demeuraient concentrées sur l'île d'Eubée, au nord d'Athènes, et sur le Péloponnèse, dans le sud du pays, où les soldats du feu envoyés par 21 pays soutenaient leurs collègues grecs dans la lutte contre les flammes.

Au moins deux incendies échappaient à tout contrôle près de la frontière nord avec l'Albanie, selon les pompiers. Mais tous les feux à Eubée, île durement touchée, étaient sous contrôle. Et dans le Péloponnèse, région la plus touchée, les soldats du feu avaient réussi à contenir les flammes. Pour autant, cinq villages ont dû être évacués mercredi soir autour de Karytaina, dans le centre du Péloponnèse à cause d'un foyer ranimé par le vent.

Tous les sinistres importants ont généralement "reculé", a de fait expliqué le porte-parole des pompiers Nikos Diamandis, faisant état de températures plus fraîches et de vents moins soutenus. Reste qu'une reprise des incendies durant les prochains jours représente un "sérieux danger", et que le dispositif de lutte va être maintenu.

Si la météo plus clémente a apporté un certain répit sur le front des incendies, la colère semble en revanche gagner du terrain au sein de la population: nombre de Grecs reprochent au gouvernement de Costas Caramanlis sa gestion de la crise, son manque d'organisation et la lenteur de la riposte face aux flammes meurtrières. A l'approche des élections générales du 16 septembre, les incendies risquent donc fort d'être au coeur de la campagne.

Selon un sondage national effectué les 26 et 27 août auprès d'un échantillon de 1.309 adultes (marge d'erreur d'environ 2,55 points de pourcentage), la majorité conservatrice sortante a reculé de 1,6 point la semaine dernière mais conserve deux points d'avance devant le Parti socialiste, avec 35,2% d'avis favorables. Ce sondage MRB diffusé mardi soir par la chaîne privée Alpha indique une hausse de popularité pour trois petits partis d'opposition, suggérant du même coup un rétrécissement de la majorité des conservateurs, qui détient 164 des 300 sièges dans le Parlement sortant.

Plus de 10.000 manifestants se sont rassemblés devant le Parlement à Athènes sous des pancartes "Non à la destruction de la nature". Quelques personnes ont hué la police, qui a répondu par des grenades assourdissantes. La manifestation s'est terminée sans incident notable.

Mercredi, des centaines de personnes qui ont perdu maisons, biens et bétail dans les incendies ont afflué dans des banques du sud du pays pour recevoir jusqu'à 13.000 euros d'aide promis immédiatement par le gouvernement. Il leur était simplement demandé de signer un bon stipulant que les feux avaient endommagé ou détruit leur propriété.

Le ministère des Finances a également déclaré qu'il suspendait la TVA (taxe à la valeur ajoutée) dans les zones sinistrées pendant six mois et interdisait la saisie de terres pour non-paiement de dettes.

Bien que le gouvernement ait déjà prévu le déblocage de près d'un tiers d'un milliard d'euros pour l'aide, le coût économique devrait être beaucoup plus élevé, selon le ministère de l'Economie.

Sur le plan de l'environnement, les services des sapeurs-pompiers n'ont pas annoncé d'évaluation globale des dégâts, mais selon des estimations indépendantes, quelque 200.000 hectares de forêts, d'oliviers et de broussailles sont partis en fumée, soit la superficie la plus importante depuis le début des relevés officiels dans les années 1950.

Au total, 11 personnes ont été accusées d'avoir délibérément allumé certains des feux.

A Rome, Benoît XVI a condamné les "actes criminels" et le "comportement irresponsable" des incendiaires. Ils "mettent en danger la sûreté humaine et détruisent l'environnement", a dénoncé le pape, en invitant à "prier pour les victimes de ces tragédies".

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