Le rapt d'une fillette britannique à Port-Harcourt fait s'envoler le prix du pétrole

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Le rapt d'une fillette britannique à Port-Harcourt fait s'envoler le prix du pétrole

Article paru dans "L'ibération", le 19/08/07
    
L'enlèvement, jeudi 5 juillet à Port-Harcourt, capitale pétrolière du Nigeria, d'une fillette de 3 ans de nationalité britannique, marque la reprise, après une trêve électorale, de la pratique des rapts dans la région du golfe du Niger. Ce kidnapping, le premier visant un enfant d'expatrié, tend à confirmer le glissement de cette pratique du registre politique vers celui du gangstérisme.

La voiture qui conduisait à l'école Margaret Hill, fille d'un Britannique travaillant comme consultant pour la compagnie texane Lone Star, a été interceptée par sept hommes armés. Profitant des sempiternels embouteillages, ils ont "explosé une vitre et littéralement extirpé la gamine de la voiture", a raconté un témoin . Peu après, les ravisseurs se sont manifestés, demandant aux parents "de ne pas s'inquiéter pour la sécurité" de la fillette. A Londres, le ministère britannique des affaires étrangères a demandé la "libération immédiate saine et sauve" de Margaret Hill.

Les enlèvements d'étrangers se sont multipliés depuis la fin de 2005 dans cette région minée par la corruption, que l'exploitation intensive du pétrole n'a nullement sortie de son extrême misère. Quelque 150 expatriés et une vingtaine de Nigérians ont été enlevés depuis le début de 2006. Les otages sont généralement libérés sains et saufs après le paiement d'une rançon à laquelle contribuent probablement les autorités locales et les compagnies pétrolières, même si les démentis sont systématiques. Jusqu'à présent, les victimes étaient des hommes travaillant dans le secteur pétrolier. Margaret Hill est le troisième enfant enlevé en trois semaines. Les deux précédents étaient une fille et un fils de Nigérians fortunés. Ils avaient été libérés après versement de fortes sommes.

Le rapt de jeudi intervient au lendemain de l'annonce de la fin d'une trêve d'un mois par la principale mouvance rebelle, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), et au lendemain également de l'enlèvement de cinq expatriés travaillant pour un sous-traitant de Shell. Le MEND, qui revendique une meilleure redistribution des revenus pétroliers, avait cessé ses actions au lendemain de l'élection, entachée de violences, du nouveau président du Nigeria, Umaru Yar'Adua, entré en fonctions le 29 mai. Ce dernier a affirmé sa volonté de pacifier et de développer la région pétrolière, mais aucun geste concret n'a suivi jusqu'à présent. Nombre d'observateurs hésitent cependant à attribuer au MEND l'enlèvement de la fillette britannique, estimant qu'il donne une image désastreuse aux militants politiques.

Les événements du Nigeria, qui amputent la production pétrolière de ce pays de 25 %, ont poussé à nouveau à la hausse, jeudi, les prix du brut. Le marché s'inquiète du risque de manque d'approvisionnement du marché américain, dont le Nigeria est le quatrième fournisseur.

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