Israel: L'Alyah d'aujourd'hui, ces nouveaux sionistes. Le rôle du coordinateur.

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Toujours dans le cadre de notre enquête sur l'Alyah en Israël, nous avons rencontré Freddo Pachter, coordinateur de Natanya.

Qu’est-ce qu’un coordinateur ? Un coordinateur est une personne du bureau du ministère  l’intégration qui va prendre en charge les candidats à l’Alyah dés leur inscription à l’Agence Juive en France et ce jusqu’à leur installation en Israël en les accompagnants dans toutes les étapes de celle-ci en Israël.



Cet accompagnement ou assistance se fera depuis le choix du quartier où la famille a décidé de vivre   les inscriptions des enfants dans  les crèches, écoles, collèges, lycées, contacts professionnels pour les parents, inscriptions aux différentes administrations, en passant par l’ouverture du compte bancaire…

C’est en quelque sorte leur tuteur pendant deux ans , jusqu’à que le Olé « nouvel immigrant « prend son propre envol.

Il y a un coordinateur pour chacune des villes où il y a une forte demande d'installation,  Ashdod, Jérusalem, Hadéra, Haifa, Ranana...
Natanya détient le plus fort pourcentage de demande d'immigration en moyenne 34% en très grande majorité des francophones.

C'est pourquoi nous avons choisi en premier lieu de rencontrer Freddo Pachter le coordinateur de Natanya.

Son rôle est indispensable depuis la mise en application de l'Alyah de groupe en 2004 voir notre précédent article.

Ainsi dés  l’inscription à l'Agence juive le coordinateur va prendre contact avec chacun des candidats à l'Alyah ,il peut également les rencontrer en France avant leur premier voyage d’étude.

Généralement Freddo va entre 2 et 3 fois en France pour rencontrer ses futurs Olims et définir avec eux leurs besoins spécifiques suivant la structure familiale.
C’est ce que l’on appelle la phase d’encouragement à l’Alyah qui va se poursuivre jusqu’à leur arrivée en Israël.

Un premier voyage d'étude aura lieu, entre février et avril,  qui va permettre aux futurs olims de choisir leur quartier de résidence, de prendre contact avec les agences immobilières recommandées par le bureau d'intégration, visiter les écoles, crèches, oulpan (classe d'apprentissage pour l'hébreu), contacts professionnels.

Le coordinateur assiste le futur olé dans toutes ses démarches toujours dans le cadre de l’encouragement à l’Alyah.

L'Alyah , l’émigration , c’est à dire le départ de la France avec armes et bagages, se situe en général à la fin de l'année scolaire c'est pour cette raison que les dates  proposées par l'Agence Juive sont  toujours entre le 24, 25, 26 juillet.

Il est recommandé de choisir les dates tapis rouge de l'agence juive pour obtenir un maximum de services au moment de votre arrivée notamment l'ouverture du compte bancaire, carte de téléphone et autres services supplémentaires nécessaires à la vie quotidienne.

Le coordinateur va accueillir les nouveaux immigrants à l'aéroport, tout d’abord pour leur souhaiter la bienvenue, et ils ne quitteront l'aéroport qu'une fois muni de leur carte d'identité israélienne (téoudath zéouth), téodah olé, (passeport des droits des nouveaux immigrants) passeport, carte de téléphone, ouverture de compte bancaire.

On vous le dit et on vous le répète ,une Alyah ça se prépare.
Mais comment ?
En tout premier lieu, avec de l'argent.
Il faut savoir que pendant presque une année vous n'allez pas pouvoir travailler, vous allez devoir vous intégrer, notamment en apprenant la langue, l'hébreu,  grâce à l'oulpan 500 heures dispensées en 5 sessions de 5 heures par jour , 5 jours par semaine…
Aider vos enfants à s'intégrer dans leur nouvelle école, dans leur nouveau quartier,  l'installation dans votre nouvel appartement...

Envisagez donc votre alyah avec suffisamment d'argent pour pouvoir vivre votre intégration en Israël avec zéro stress. C'est une des conditions pour réussir son Alyah.

Un panier d'intégration est également versé à chacune des familles pendant 6 mois.
Pour exemple,  une famille avec deux enfants percevra 10 000 euros répartis sur les 6 mois.

Ce panier d'intégration ne permet pas de faire vivre une famille, c'est une aide qui s'ajoute à toute les autres, comme l'Oulpan,  le dégrèvement à la taxe d’habitation, - en tant que locataire une taxe est à payer à la maire-, les inscriptions à l'école des enfants, leur suivi par un psychologue et une orientatrice pour les plus âgés, l’ensemble des démarches administratives...

Et bien évidemment un coordinateur à plein temps qui est dédié à la réussite de votre alyah, tous les problèmes trouvent une solution et l’on peut dire que le ministère de l’intégration met tout en œuvre pour qu’il en soit ainsi.

Israël fait partie des pays qui mettent un point d’honneur à l’enseignement et aux études , ce n’est pas par hasard, si 10 universités d’Israël font parties du TOP 100 des meilleures universités dans le monde et si c'est le seul pays qui dépistent les QI les plus élevés dés le CM2, lire à ce sujet notre dossier.

Ainsi la phase essentielle du bureau d’intégration passe par l’intégration des enfants en âge d’aller à l’école.


Tout commence par le Gan (jardin d'enfants) pour les très jeunes,  intégration qui se fait très rapidement, en général, sans suivi particulier si ce n'est une bonne coordination entre les puéricultrices et les parents grâce à une médiatrice qui parle français.

Pour les primaires, ils devront suivre un oulpan (cours d'hébreu) dans l'école même, sauf pour l'anglais et les maths matières qui ne nécessitent pas vraiment de bases en hébreu pour être comprises et enseignées.

Tous les 3 mois ces élèves, seront soumis à un test d'évaluation afin de savoir si  ils sont aptent à intégrer leur classe. A cet âge là l'intégration se fait relativement rapidement.

Au collège de la 5 ème à la 3 ème pas de classe pendant 3 mois, exclusivement l’ oulpan ,à raison de 5 heures par jour jusqu'à Hanoucka, soit environ 1 trimestre, où les élèves seront soumis également à une évaluation sur leur  acquisition de la langue hébraïque.

Une école de soutien afin de les aider à faire leurs devoirs est à leur disposition 3 fois par semaine. Cette école de soutien est nécessaire elle est le pont indispensable entre le jeune olé et ses cours en classe tant que son hébreu est encore trop faible. 

Une psychologue suit ces pré-adolescents et adolescents également afin qu'ils puissent exprimer leurs problèmes et tente de les résoudre avec eux, pas questions de les laisser tomber, cette aide psychologique est importante pour ces jeunes, bien souvent  en perte de repères, notamment parce qu’ils ont  laissé leurs copains en France.
L’expérience démontre qu’en 6 mois ils se font de nouveaux copains, et l’hébreu est parlé couramment.

Comme vous avez pu le comprendre le suivi par le coordinateur est très actif pendant la première année.

L’intégration des enfants dans les écoles est un point essentiel, et demande beaucoup de ressources,  oulpan, école de soutien, psychologue, médiateur, orientatrice….

Pour les secondes et les terminales, différents lycées existent en Israël où il est possible de passer un bac en Français.
Le programme dispensé est semblable à celui des académies de France à quelques exceptions près ,tel que l’hébreu en seconde langue par exemple plutôt que l’espagnol ou l’allemand.

L'intégration des enfants,  le suivi de l'enseignement, le bien-être des enfants est pris très au sérieux elle est la base de la famille.
 Israël a parfaitement compris que c'est l'éducation qui est la clé de voûte à une bonne intégration dans le pays.
La France pourrait prendre exemple sur ces méthodes pour l’intégration des familles issue de l’immigration.

Le coordinateur suivra de près ces familles pendant 2 ans,  l'intérêt majeur de ce suivi, est de mettre ces familles en relation entre elles , afin  rompre avec l’ isolement lié au déracinement pourtant nécessaire à une nouvelle intégration.
 L’entraide est donc naturelle, elle devient aussi un  atout à l’intégration , peut-être, dans certains cas aussi,  un frein l'intégration à la population israélienne, la vraie.

L'hébreu n'est parlé qu'en cas de nécessité, et tout se passe dans un milieu francophone , convivial certes, mais un peu différent du milieu dans lequel évolue les enfants à l’école.

En tout cas ,force est de constater que les  efforts constants du ministère de l’intégration ont permis de faire chuter le taux d’échec de l’alyah de plus de 40%.
L’Alyah de groupe est donc une réussite, sans aucun doute.
Comme le précise Freddo Patcher il aura fallu plusieurs essais pour trouver enfin la bonne.
Thomas Edison le proclamait aussi !

Prochainement nous aurons le plaisir d’interviewer Yaël E. Avocat qui a suivi ce programme d’intégration et qui aide à présent les nouveaux olims à créer leur entreprise en Israël.

Chaque semaine nous vous ferons rencontrer une famille qui va nous raconter son alyah ainsi que le fameux déclic qui à fait qu à moment donné ils ont enfin franchi le pas pour le meilleur.



Claudine Douillet

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