Les territoires et l'autorité palestinienne au bord de la faillitequi devra payer la dette ?

Israël - le - par .
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L’heure est grave pour Israël et les territoires palestiniens, alors que ces derniers affirment être quasiment à court de liquidités. Alors que l’Autorité palestinienne (qui contrôle la Cisjordanie) serait au bord d’un effondrement économique, des groupes de la société civile pressent l’État hébreu d’agir pour éviter que les tensions déjà importantes entre les deux gouvernements ne soient aggravées par une crise économique potentiellement catastrophique.

La Knesset, le parlement israélien. Plusieurs députés de nombreux partis appellent à une révision des politiques envers la Palestine pour éviter une crise économique qui viendrait se superposer à une crise politique et sécuritaire.

L’organisme OneVoice a ainsi mis en garde jeudi les membres de la Knesset (le parlement israélien) contre une dégradation prononcée de la situation économique au Proche Orient, alors que les pourparlers de paix sont au point mort, et que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou tergiverse à propos du démantèlement de plusieurs colonies de peuplement illégales installées en Cisjordanie.

Au dire de OneVoice, une centaine de citoyens concernés se sont joints à une dizaine de parlementaires dans le cadre d’une réunion servant à présenter un rapport spécial sur la situation économique palestinienne. Le rapport, préparé par l’expert des relations israélo-palestiniennes Gershon Baskin, a révélé comment la crise économique interagissait dangereusement avec l’opinion publique de plus en plus négative des Palestiniens sur les possibilités de mettre fin à l’occupation et de parvenir à une solution à deux États.

« Cette combinaison dangereuse accroît les chances qu’il y ait un changement au niveau de l’autorité palestinienne. Or, selon l’avis de plusieurs, il n’y a jamais eu de meilleurs dirigeants pour le rétablissement de la paix », affirme M. Baskin. « De plus en plus d’Israéliens et de Palestiniens croient qu’il n’est plus possible d’avoir une solution à deux États. Il est donc urgent d’instaurer un mouvement politique positif pour les deux parties », ajoute-t-il.

L’économie palestinienne a connu une forte baisse de croissance depuis le début de 2012. D’après le rapport, qui se base sur les données de la Banque mondiale, du ministère des Finances de la Palestine et des responsables palestiniens de haut niveau en matière de sécurité, la croissance est en effet passée de neuf pour cent au cours du premier trimestre de l’an dernier à 5,4 pour cent cette année. L’autorité palestinienne a d’ailleurs accumulé une dette nationale de 1,5 milliard $, en plus de sa dette de 1,2 milliard $ envers les banques privées locales.

« Les chances de mettre un terme à l’occupation s’amenuisent alors que la croissance de l’économie palestinienne accuse un retard, des conditions qui sont propices à une autre série de carnages », explique Tal Harris, directeur exécutif de OneVoice Israel. « Le statu quo n’est pas une option pour la paix, mais pour la guerre. La solution consiste à réduire la dépendance de la Palestine à l’égard d’Israël afin de leur permettre d’établir un État indépendant qui vivra en paix avec tous ses voisins. »

Ainsi, écrit le rapport, avec les restrictions sur les exportations palestiniennes et la moitié du budget de l’Autorité subordonnée au transfert des recettes fiscales qu’Israël perçoit — quoique souvent retenues de façon punitive — pour eux, le gouvernement palestinien a eu du mal à payer 153 000 employés du secteur public, dont 30 000 membres du personnel de sécurité.

Le rapport a également souligné l’incapacité de l’Autorité palestinienne à demander l’aide du Fonds monétaire international parce qu’elle n’est toujours pas reconnue internationalement comme pays souverain. Les membres du caucus pour une solution à deux États de la Knesset qui étaient présents, représentant Kadima, Labor, Meretz et Hadash – les principaux partis politiques de l’État hébreu, ont constaté des faits révélateurs et insisté sur l’urgence de reprendre les négociations.
« La grave crise financière qui frappe l’Autorité palestinienne et ses implications présentées dans la discussion devraient être assez pour troubler le sommeil de tout le monde », mentionne le député Yoel Hasson (Kadima). « Le premier ministre doit cesser ses mesures d’inaction sur le statu quo politique, car elles ne servent pas les intérêts d’Israël. »

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