La fulgurante ascension du champion du monde de boxe Robert Cohen,

Coup de coeur - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

"Gambuch", ou la fulgurante ascension du champion du monde de boxe Robert Cohen, écrit par Michel Rosenzweig et produit par Jonathan. L. Hasson, entrepreneur résident à Shanghaï, est disponible aux éditions l'Harmattan:  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=37012

Le livre relate au rythme cadencé d'un match de boxe l'histoire d'une fulgurance: comment un petit juif pied noir d'Algérie issu d'une famille nombreuse des plus modestes a accompli l'exploit d'accéder au titre de champion du monde de boxe en 1954.  En moins d'une année  il a pulvérisé tous les records: de boxeur amateur il devient champion de France et d'Europe et enfin champion du monde.  Sur son parcours de gloire et d'honneur il rencontre l'amour de sa vie.

Au sommet de sa gloire, il décide de mettre fin à sa brillante carrière au nom de son intégrité et de son sens des valeurs lorsqu'il découvre les trahisons qui ont jalonné son parcours.

Extrait: 1954, Stade de Bangkok.

L’ambiance était totalement hystérique, mon ami breton dut me porter gentiment à travers un terrain lourd de boue jusqu’aux pieds du ring dans cet immense stade de Bangkok où m’attendaient 70.000 spectateurs sifflant et hurlant tandis que le couple Royal s’installait dans sa tribune, entouré de l’ambassadeur de France et de son épouse.

Les 70.000 spectateurs se levèrent aussitôt en signe de déférence, mais il faut rappeler que c’était aussi la première fois depuis son couronnement que le Roi du Siam honorait de sa présence une manifestation sportive de cette envergure.

A 18h45 précise, l’arbitre britannique et les deux juges montèrent sur le ring.
Je fus le premier arrivé dans un peignoir rouge accompagné de mon manager et de mon soigneur, ensuite ce fut au tour du « lézard de feu » de franchir les cordes. Il apparut en somptueux peignoir de velours rose portant, dans le dos, un énorme écusson aux couleurs siamoises au centre duquel était incrusté un éléphant blanc.

Tournés tous deux vers la loge royale, après avoir salué le public les mains jointes, nous inclinâmes la tête respectueusement sous les applaudissements d’une foule chaleureuse tandis que retentissaient les premières notes de l’hymne national de Thaïlande. Ensuite, Songkitrat se prosterna trois fois en direction de la loge des souverains dans un vacarme assourdissant.
Puis ce furent les derniers exercices d’assouplissement et je rejoignis mon coin en jetant un dernier coup d’œil sur cette foule bariolée tandis que mon manager, le boss comme je l’appelais, ôtait mon peignoir.

Tandis que mon rythme cardiaque s’accélérait, le film de ma jeunesse défilait rapidement dans mes pensées, Bône, mon enfance, mes parents, la guerre, mon arrivée à Paris, mes premiers combats, mon frère Léon et ma sœur Andrée qui attendait l’issue favorable de ce match pour enfin s’autoriser à se marier. Je devais gagner ce match, il le fallait. Puis soudain, alors que l’arbitre faisait les dernières recommandations d’usage, les cris cessèrent pour faire place à un silence religieux.
Premier coup de gong:    "A toi Bobby, me lance le boss. "…

Robert Cohen a aujourd'hui 81 ans et partage sa vie avec son épouse entre deux continents: l'Europe et l'Afrique du Sud.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi