Israël transporte des prisonniers en vue de l'échange

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JERUSALEM - Israël a transporté dimanche 430 prisonniers palestiniens sous bonne escorte jusqu'au désert du Néguev en prévision de leur libération mardi, dans le cadre de la première phase d'un échange contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit,retenu à Gaza depuis 2006.

Les 47 autres détenus concernés par ce premier volet, avant la libération dans deux mois de 550 autres prisonniers, ont été rassemblés dans une cellule de détention dans le centre d'Israël.

Les autorités israéliennes ont publié dans la journée les noms de ces 477 prisonniers - 450 hommes et 27 femmes - afin que les Israéliens hostiles à ces élargissements puissent, s'ils le souhaitent, les contester devant la Cour suprême dans le délai légal de 48 heures. Il est peu probable toutefois que le tribunal empêche l'échange.

Quelque 6.000 Palestiniens sont actuellement détenus dans des prisons israéliennes.

"Sauf intervention de la Cour suprême, ou sauf provocation dans la bande de Gaza, l'échange devrait avoir lieu dans deux jours", a déclaré Yaakov Amidror, conseiller à la sécurité nationale auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au micro de la radio de l'armée.

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Parmi les prisonniers palestiniens concernés, figurent des personnes condamnées pour des attentats ayant coûté la vie à des dizaines d'Israéliens.

Le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, prépare un accueil triomphal aux 295 prisonniers qui devraient être envoyés dans l'enclave palestinienne.

"Je suis si heureux que je ne sais même pas ce que je vais faire, comment je vais l'accueillir. Ça fait 20 ans", a déclaré la mère de Naseem al Kurd, un membre du Hamas condamné en 1992 pour une série d'attaques meurtrières contre des Israéliens.

Gilad Shalit, enlevé en 2006 à l'âge de 19 ans par des activistes à la lisière de la bande de Gaza, devrait être remis en liberté dans le désert du Sinaï avant de rejoindre Israël en avion.

Après son enlèvement, l'Etat hébreu, qui a retiré ses troupes et démantelé ses colonies de la bande de Gaza en 2005, avait renforcé son blocus sur le territoire palestinien.

Le retour dans le pays de soldats enlevés est depuis longtemps une question chargée d'émotion pour les Israéliens, dont la plupart ont servi dans l'armée.

Les photos du père de Shalit, brandissant un drapeau israélien sur le toit de la maison familiale, s'étalait à la une de la majorité des journaux israéliens dimanche.

Selon un sondage pour Channel 10 TV, deux Israéliens sur trois approuvent l'échange de prisonniers contre la libération du jeune soldat.

L'association israélienne de "victimes du terrorisme" Almagor s'est cependant opposée à cet accord, estimant que l'échange ouvrirait la porte à une recrudescence des violences et des tentatives d'enlèvements. Elle a fait appel devant la Cour suprême qui doit examiner son recours lundi dans la journée.

"Les juges devraient expliquer aux victimes du terrorisme comment ils permettent aux Israéliens d'être tués et à leurs assassins d'être libérés. Ils devraient les regarder dans les yeux et leur expliquer", a estimé Meir Indor, président d'Almagor, à la télévision israélienne.

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