Les Stein, mécènes et collectionneurs se retrouvent au Grand Palais jusqu'au 16 Janvier 2012

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gertrudestein.jpgArticle paru dans "TDG"

«Matisse, Cézanne, Picasso, L’aventure des Stein», Paris, Grand Palais, jusqu’au 16 janvier. Ouvert du mercredi au lundi de 10h à 20h. Site www.rmn.fr

EXPOSITION | Il aura fallu cinq ans pour rassembler les 200 œuvres ayant appartenu à la fratrie. Ces Américains à Paris avaient alors découvert Matisse et Picasso.

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© DR | Gertrude Stein dans les années 20. Elle ressemblait alors à son portrait de Picass
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Au début du siècle dernier, Paris attire quatre jeunes Américains d’origine juive, aisés et férus d’art. Le quatuor comprend Gertrude Stein, ses frères Léo et Michael, et Sarah, l’épouse de ce dernier. Très vite, sur leurs murs s’entassent les Renoir, les Degas et les Cézanne. Puis se noue, entre mécénat et bohème (le Stein étaient des bobos avant la lettre), des amitiés fortes avec Matisse et Picasso…

C’est cette aventure que le Grand Palais met en scène, à compter de ce mercredi. Le projet, en gestation depuis cinq années, est coréalisé par la Réunion des Musées nationaux (RMN), le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan de New York. L’actuelle manifestation vient se loger en sandwich entre les deux étapes américaines. Paris, refuge des «générations perdues», se devait de se retrouver au centre du débat. La cité n’a-t-elle pas accueilli d’autres exilés volontaires après 1945, et la ville ne fascine-t-elle pas aujourd’hui Woody Allen? «Midnight in Paris»…

L’esthète pour commencer

Cette exposition événement s’articule autour de chacun des membres de cette fratrie et des artistes qu’ils ont accompagnés, voire parfois portés. Il aura fallu pour cela près de 200 œuvres, dont quantité de «highlights», ainsi revenus après un siècle sur les lieux de leur naissance…

L’exposition donne d’abord la parole à Léo, qui s’installe le premier dans une maison atelier, rue de Fleurus, où Gertrude le rejoint. Léo l’esthète, spécialiste d’art italien, se fait découvreur audacieux. Il commence autour de Manet, Degas, Cézanne et Renoir. ces peintres deviennent vite chers pour lui… L’émigré se tourne alors vers ses contemporains. Il devient le premier à acheter un Picasso (période rose) à plus de mille francs, le «Meneur de cheval nu». Mille francs constitue une jolie somme à l’époque.

Le financier pour continuer

Michael est l’aîné des Stein. Cet homme d’affaires finance l’amour de l’art de la fratrie. Avec son épouse, la mystique et sensible Sarah, ils seront durant trente ans les anges gardiens de Matisse. Un Matisse l’incompris (du moins au début), auquel une des plus magnifiques salles de l’exposition se voit aujourd’hui consacrée. Le couple repartira en 1935 pour les Etats-Unis, fuyant l’Europe où les fascismes menacent. Leo et Gertrude étaient alors depuis longtemps brouillés. Cette dernière, promue écrivain d’avant-garde, avait désormais pour compagne Alice B. Toklas.

Rappelons pour terminer que Picasso, en 1906, fait un célèbre portrait de Gertrude, dans le style qui précède immédiatement «Les demoiselles d’Avignon». L’Américaine posa longtemps. Elle trouva le résultat terrifiant. Le tableau ne lui ressemblait pas. «Mais il vous ressemblera un jour», avait répondu l’Espagnol avec lucidité. Il suffit de voir les photos de la romancière vingt ans plus tard…

Pratique

«Matisse, Cézanne, Picasso, L’aventure des Stein», Paris, Grand Palais, jusqu’au 16 janvier. Ouvert du mercredi au lundi de 10h à 20h. Site www.rmn.fr

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