Actualité Internationale, Affaire DSK : Et maintenant, il se passe quoi ?

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dsknewyork.jpgArticle paru dans "France-Soir"

Si de l’autre côté de l’Atlantique les poursuites pénales contre DSK ont été définitivement abandonnées mardi, le volet français de l'affaire avec Tristane Banon se poursuit ainsi que la plainte civile du dossier.

Même si, de l’autre côté de l’Atlantique, les poursuites pénales contre DSK ont été définitivement abandonnées mardi, l’enquête préliminaire ouverte en France début juillet après la plainte de la romancière Tristane Banon – qui accuse M. Strauss-Kahn de tentative de viol en février 2003 – se poursuit. Saisis, les policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRPD) continuent leurs auditions.

Fin juillet, ils ont entendu plusieurs personnes à qui se serait confiée Mlle Banon. Parmi celles-ci, le candidat à la primaire socialiste François Hollande, à l’époque des faits premier secrétaire du PS, ou encore la députée socialiste Aurélie Filipetti et l’ex-présentateur de TF1 Patrick Poivre d’Arvor. Selon l’édition du Monde datée de mercredi, d’autres auditions sont programmées pour fin août et début septembre. Viendra ensuite le temps des confrontations et de la probable audition de Dominique Strauss-Kahn, qui à beaucoup d’observateurs apparaît désormais « inévitable ».
Information judiciaire

Depuis le début de l’affaire, Tristane Banon affirme qu’après lui avoir donné rendez-vous pour un entretien dans un appartement du VIe arrondissement de Paris, à l’hiver 2003, Dominique Strauss-Kahn a bondi sur elle et tenté d’enlever ses vêtements. La jeune femme dit s’être dégagée en se battant avant de s’enfuir. A charge pour les enquêteurs de vérifier ces propos.

Une fois leurs investigations terminées, ils enverront leurs conclusions au parquet. Fort de ces éléments, le procureur de Paris pourra alors requalifier ou non les faits. S’il venait à maintenir la qualification de tentative de viol – passible de quinze ans de réclusion –, une information judiciaire confiée à un juge d’instruction serait obligatoirement ouverte avec un procès d’assises en perspective, le délai de prescription de ce crime étant de dix ans. En revanche, si le magistrat devait estimer que ces faits relèvent de l’agression sexuelle, le dossier serait classé : ce délit est frappé d’un délai de prescription de trois ans.
"Réseaux strauss-kahniens"

En attendant, hier, lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Royal Monceau, à Paris, Me Douglas Wigdor, l’un des avocats américains de Nafissatou Diallo, a affirmé que de nombreuses femmes avaient contacté son cabinet afin de témoigner contre Dominique Strauss-Kahn. « Nous ne donnerons pas le nombre (de ces femmes, NDLR), car ce dossier fait toujours l’objet d’une enquête dans le cadre d’une procédure civile », a néanmoins expliqué le conseil. Lui aussi dans les murs de l’hôtel, l’avocat français de Mme Diallo, Thibault de Montbrial, a de son côté également indiqué que des femmes avaient contacté son cabinet et qu’il les avait dirigées vers ses confrères américains. « Des gens se sont rapprochés de mon cabinet, qui travaillent dans l’industrie du transport, dans l’hôtellerie, dans l’organisation de congrès et même des journalistes, tout ce petit monde a cherché à savoir comment aider (…) mais la plupart des femmes qui ont fait l’effort se sont montrées trop craintives pour continuer », a dévoilé l’avocat, qui a en particulier dénoncé des pressions venant de proches de Dominique Strauss-Kahn afin de dissuader ces témoins potentiels. « Depuis deux mois, les “réseaux strauss-kahniens” déploient tous leurs efforts pour dissuader par différents moyens les femmes susceptibles de porter les coups les plus rudes dans la procédure américaine… » Et de citer en exemple le cas d’une jeune femme originaire de Sarcelles dont un proche a été, selon lui, l’objet de pressions. Dans la foulée, l’avocat a confirmé avoir déposé plainte mardi, au nom de Mme Diallo, pour tentative de subornation de témoin contre un adjoint au maire de Sarcelles, François Pupponi, un proche de DSK.
Procédure civile

Après la cour criminelle de Manhattan, c’est désormais vers le tribunal suprême du Bronx que devrait se tourner l’attention, là où le deuxième volet de l’affaire Strauss-Kahn – civil celui-là – devrait se dérouler. Le 8 août, Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissato Diallo, a formellement lancé la procédure avec une plainte de sa cliente visant une « agression sadique et violente » de DSK. Il y a deux distinctions essentielles à faire entre la procédure criminelle et la procédure civile. Dans la seconde, qui vise à obtenir une réparation financière pour le tort subi, il est beaucoup plus facile pour la plaignante d’obtenir satisfaction : il ne s’agit plus de convaincre la totalité des jurés, mais simplement de faire peser la balance du bon côté. Si le procureur Cyrus Vance a abandonné les charges à cause du manque de crédibilité de Mme Diallo, « il reste des preuves pertinentes, et un jury du Bronx, une juridiction populaire, s’identifiera plus à elle qu’à DSK », explique Bob Bennett, un ancien procureur fédéral.

Deuxième distinction : la personne poursuivie est tenue de témoigner sous serment lors d’un interrogatoire. « Le jury peut introduire un élément négatif contre lui s’il ne témoigne pas », poursuit M. Bennett. Et si l’homme politique français décidait de ne pas se présenter devant la cour, « cela ne sera pas bon pour lui », juge David Gollomb, ancien président de l’association des avocats de l’Etat de New York (Trial Lawyers Association).

A tout moment, les deux parties peuvent décider de régler leur différend à l’amiable, comme le veut la pratique aux Etats-Unis. En attendant, les conseils de DSK auront tout intérêt à trouver de nouvelles failles dans la crédibilité de Nafissatou Diallo tandis que Kenneth Thompson gagnera à faire parler les « autres » victimes de DSK que ses confrères Mes Wigdor et de Montbrial assurent avoir trouvées…

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