Actualité Internationale, Allemagne : La honte du Mur demeure intacte

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mur-de-berlin2.jpgArticle paru dans "Le Telegramme"

L'Allemagne a marqué, hier, avec émotion, le 50e anniversaire de la construction, par la RDA communiste, du Mur qui a coupé Berlin en deux pendant 28ans. Et s'est souvenue de ceux qui sont morts en essayant de le franchir.

Dans la nuit du samedi12 au dimanche 13août 1961, le dirigeant de l'Allemagne de l'Est communiste (RDA), Walter Ulbricht, donnait l'ordre de lancer «l'opération Rose». Une dizaine de milliers de soldats est-allemands sont alors chargés d'ériger «un mur de protection antifasciste», une barrière censée, en fait, mettre fin à l'exode des habitants de RDA et de les empêcher de fuir par l'«enclave capitaliste» qu'est Berlin-Ouest.

Cachés dans les véhicules, creusant des tunnels ou sautant les clôtures, des Allemands de l'Est ont continué par tous les moyens à tenter de s'enfuir à l'Ouest. 136d'entre eux, abattus par les gardes est-allemands, ont trouvé la mort au pied de ce qui reste, aux yeux des Berlinois, le «Mur de la honte». Au total 600 à 700personnes ont perdu la vie en essayant de fuir le régime communiste est-allemand.

«19millions de victimes»

Mais ceux-ci, ou ceux qui ont été emprisonnés pour avoir tenté de fuir, «ne sont pas les seules victimes de ce Mur», a rappelé, hier, avec beaucoup d'émotion le président de la République allemand, Christian Wulff, lors de la cérémonie de commémoration: «Derrière lui, des millions de gens ont dû renoncer à décider eux-mêmes de leur vie». La RDA comptait alors 19millions d'habitants. «Je n'ai aucune compréhension pour ceux qui relativisent les horreurs du Mur (...), le Mur de Berlin était et reste une honte, et cela doit être dit clairement», a déclaré, dans la foulée, le maire de Berlin, Klaus Wowereit, en présence de la chancelière, Angela Merkel. Le président polonais du Parlement européen, Jerzy Buzek, a estimé, pour sa part, que «ce mur a non seulement divisé toute une ville, mais également l'Europe entière». Mais pour Christian Wulff, la chute du Mur, en 1989, est preuve qu'«au final, la liberté est indestructible. Aucun mur ne résiste de manière durable à la volonté de liberté».

Signification humaine et politique

La commémoration, hier, qui a commencé au petit matin par la lecture de biographies de victimes du Mur, a «une grande signification à la fois humaine et politique», a estimé Isabella Hodalski, une Berlinoise. Depuis hier, jour de son inauguration, les Berlinois et les touristes peuvent également découvrir une nouvelle exposition en plein air qui prolonge le Mémorial, le long de la Bernauerstrasse.

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