Sciences santé: Médicaments : des pénuries savamment orchestrées ?

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pharmaciemed.jpgAntidépresseurs, antihypertenseurs ou encore antiépileptiques: les ruptures de stocks de plus en plus fréquentes dans les pharmacies relancent la polémique sur le système de distribution des médicaments. «En bout de chaîne, ce sont les malades qui sont pénalisés, estime un pharmacien de Seine-et-Marne. Cette situation fait penser aux tickets de rationnement pendant la Seconde Guerre mondiale». Laboratoires pharmaceutiques, grossistes et autorités sanitaires se renvoient la balle.

Quels produits subissent le plus la pénurie et quels sont les risques pour les patients?

En 2010, un collectif d'associations de lutte contre le sida avait tiré la sonnette d'alarme suite à des ruptures d'approvisionnement des pharmacies en antirétroviraux. Depuis, les difficultés se multiplient. «L'observatoire que nous avons mis en place début mars a déjà reçu 1200 déclarations qui portent sur plus de 300 spécialités . Pour 170 d'entre elles, les ruptures ont duré plus de trois jours», précise Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO). Dans son officine de Montélimar (Drôme), ce pharmacien estime manquer en permanence de 10 à 15 médicaments. «Ce sont souvent des produits d'usage courant: traitements de maladies chroniques comme l'hypertension, la schizophrénie ou encore l'épilepsie», cite-t-il.

Les pharmaciens se dépannent entre eux ou via les hôpitaux. Mais quand elles se prolongent, les pénuries peuvent avoir des conséquences concrètes pour les malades. «Nous pouvons être amenés à changer de molécule ou à jongler avec les dosages, par exemple donner 2 comprimés à 5 mg au lieu d'un à 10 mg. Alors que nous essayons de convaincre les patients de l'importance de l'observance du traitement, c'est gênant», insiste Gilles Bonnefond. Sans compter que parfois, il n'existe pas de molécule de substitution. Les Entreprises du Médicament (Leem) et les grossistes répartiteurs font le même constat.

«Actuellement, en moyenne, notre taux de rupture par produit est de 1,3 jour par mois, alors qu'il était de l'ordre de 0,7 il y a encore quelques mois», indique Philippe Coatanea, directeur général d'Alliance Healthcare Répartition, un grossiste répartiteur. Le Leem assure cependant qu'en cas de besoin, les laboratoires «déploient tous les moyens nécessaires pour assurer la continuité des traitements des malades». Ce fut le cas pour les antirétroviraux.


 

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