Culture, Festival, Cinéma : Cinq films francophones prennent l’affiche au Festival du film juif

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Article paru dans "Le métropolitain"

Le Festival du film juif est l’un des plus importants de Toronto et l’un des principaux festivals de cinéma juif dans le monde. Cette année, il a lieu du 7 au 15 mai, au cinéma The Underground, au 186, avenue Spadina (près de Queen Ouest). Au total, 188 films, venus de 21 pays seront présentés et 34 films seront diffusés pour la première fois au Canada.

Parmi ces nombreux films, cinq sont francophones. Et tous ont un lien plus ou moins étroit avec le judaïsme, et bien souvent, avec la Shoah. Différentes problématiques de la mémoire du génocide sont traitées, comme dans le film de Michel Leclerc, Le nom des gens. Le thème de la gestion familiale de la mémoire de l’holocauste y est tabou dans une famille marquée par la catastrophe. Ce n’est cependant pas le sujet principal du film, qui raconte une histoire d’amour particulière entre l’un des derniers jospinistes de France (de Lionel Jospin, l’ancien premier ministre socialiste français, très compétent, mais impopulaire parce que trop froid) et une jeune femme aux méthodes militantes radicales, puisqu’elle couche avec les « fachos » et les réactionnaires pour les convertir à ses opinions. Joué par Jacques Gamblin et Sarah Forestier, avec une apparition surprise de Lionel Jospin, c’est un conte politique printanier et agréable, qui donne envie de voter.

La Fracture est un film qui parle de la difficulté d’enseigner l’histoire, et en particulier l’histoire de la Shoah dans le milieu multiculturel français. Comme les cinq doigts de la main est un film français, chronique d’une famille juive d’Afrique du Nord qui vit à Paris. Dans un autre esprit, Le coeur d’Auschwitz est un documentaire de Carl Leblanc, qui porte sur une poignante carte d’anniversaire, exposée au Mémorial de la Shoah de Montréal. Écrite dans la clandestinité par une poignée de femmes, elle raconte l’horreur infinie des camps, mais aussi, la foi, loin d’être évidente, de la possibilité d’un avenir.

Petit bijou franco-russe, Le Concert de Radu Mihaileanu est un film humaniste et antiraciste. Un chef d’orchestre du Bolchoï, sous Brejnev, est puni en plein concerto de Tchaikovsky parce qu’il refuse de se séparer de ses musiciens juifs. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï, mais comme homme de ménage. Suite à un malentendu, il réunit ses anciens amis musiciens et les emmène à Paris, où ils prennent la place de l’orchestre officiel du Bolchoï. L’occasion d’achever, enfin, le concerto.

Enfin, Le rapport Karski est un documentaire du cinéaste français Claude Lanzman sur le résistant polonais Jan Karski, qui a alerté, dans les premiers temps de la guerre, les alliés sur la situation des juifs en Europe de l’Est.

Plus de renseignements seront bientôt disponibles sur le site internet du festival : http://www.tjff.com.

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