Les pompiers japonais continuent de chercher des survivants

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Takao Sato appartient à une brigade de pompiers volontaires dans la localité côtière de Rikuzentakata qui a été engloutie par le tsunami le 11 mars.

Depuis que la vague de 10 mètres a déferlé sur cette cité balnéaire de 23.000 habitants au Japon, Sato a perdu son beau-frère et son chef d'équipe qu'il a remplacé pour mener les opérations de recherches.

"J'avais un devoir envers la communauté", explique cet homme de 53 ans qui a hérité de son père une petite affaire d'exploitation forestière, voilà plusieurs décennies.

Officiellement, les recherches pour retrouver des survivants ont été interrompues vendredi à 14h46, exactement une semaine après le séisme de magnitude 9,0 à l'origine du tsunami. Ce double désastre a fait plus de 20.000 morts et disparus dans le nord-est du Japon.

Dans la ville de Rikuzentakata, le nombre de morts est estimé à plus de 1.500. Sato et ses collègues de la brigade tentent d'entretenir un maigre espoir parmi les familles des disparus.

"Ce matin, ma voisine est venue me trouver en pleurs parce qu'elle ne parvient pas à retrouver son mari. Tout ce que j'ai pu lui dire est que nous faisons de notre mieux, qu'elle doit espérer encore un peu", raconte Sato.

"TOUS LES JOURS LA MÊME CHOSE"

Installée sur les hauteurs de la ville, la maison de Sato a été épargnée par la vague. Dans son jardin, il y a suffisamment de riz et de légumes pour qu'il puisse se nourrir convenablement maintenant que l'alimentation en gaz a été rétablie.

Plusieurs membres de son équipe ont, eux, perdu leur habitation et doivent se contenter de portions congrues de pain et de boules de riz, à peine plus grosses que l'oeil d'un thon, selon la comparaison imagée de Sato.

"J'ai finalement réussi à convaincre le centre d'action communautaire de leur fournir un peu plus d'aide afin qu'ils puissent continuer. Maintenant, ils mangent deux ou trois boules de riz", explique-t-il. "Sinon, cela n'était pas suffisant pour qu'ils tiennent toute la journée".

Sato et la dizaine de membres de son équipe continuent de fouiller les décombres, contraints de lutter contre le vent violent qui apporte du sable de la plage et recouvre un spectacle de désolation.

La fatigue est palpable chez certains sauveteurs. Après la pause du déjeuner, l'équipe a retrouvé deux coffres forts, un grand et un petit. Par radio, ils ont contacté la police pour qu'elle vienne les récupérer.

Un peu plus loin, ils découvrent un corps, deux mains et un visage figés dans la boue. Le cadavre est pris dans un amas de débris et ils ne savent pas s'il a déjà été comptabilisé parmi les victimes.

Un petit drapeau blanc flotte à proximité. "Mettez un drapeau rouge", dit Sato, pour signaler que cette fois le corps a été comptabilisé.

"Avant cela, je n'avais jamais vu de cadavres en dehors des enterrements. Maintenant, c'est différent. Le premier jour, l'endroit semblait irréel, mais je m'y suis habitué. C'est tous les jours la même chose".

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