Deux avions transportant des Canadiens ont quitté l'Égypte

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Des Canadiens attendent l'occasion de quitter l'Égypte à l'aéroport du Caire.
Photo: La Presse Canadienne /AP/Victoria Hazou

L'opération a connu des ratés, mais deux avions transportant quelque 200 ressortissants canadiens ont quitté Le Caire, lundi, tandis que se poursuit le mouvement contre le régime égyptien d'Hosni Moubarak.

Tandis que les ressortissants étrangers tentent de quitter l'Égypte par milliers, le premier appareil transportant des Canadiens a décollé du Caire lundi vers 21 h 30 (14 h 30 HE).

Les avions transportaient également des passagers originaires d'autres pays, en vertu d'une entente de réciprocité conclue avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. Les quatre pays se s'étaient entendus plus tôt dans la journée pour qu'aucun des avions affrétés par l'un d'entre eux ne quitte l'Égypte sans avoir été rempli.

Prévu initialement à 16 h, heure locale, (9 h HE), le décollage a été reporté de plus de cinq heures pour des raisons qui demeurent nébuleuses.

Des voyageurs ont affirmé que les autorités aéroportuaires leur avaient réclamé jusqu'à 2000 $. Selon la compréhension qu'en a le ministère canadien des Affaires étrangères, les sommes exigées étaient reliées à un surplus de bagage. Le ministère appelle d'ailleurs les ressortissants canadiens à s'en tenir à un seul bagage.

Un deuxième avion, arrivé d'Amman, en Jordanie, a quitté la capitale égyptienne tôt mardi martin (heure locale). Deux autres devaient suivrent dans les heures suivantes, vers des capitales européennes.

Le ministre Lawrence Cannon a affirmé que le gouvernement déployait tous les efforts possibles pour évacuer les Canadiens malgré les difficultés rencontrées en raison de la situation chaotique dans laquelle se trouve le pays.

Visite d'Angela Merkel en Israël sur fond de troubles régionaux

JERUSALEM - La chancelière allemande, Angela Merkel, est arrivée lundi après-midi en Israël avec plusieurs de ses ministres pour une visite de 48 heures sur fond de contestation populaire dans plusieurs pays de la région.

Mme Merkel est accompagnée de la moitié de son gouvernement pour une réunion conjointe des cabinets allemand et israélien à Jérusalem, une rencontre régulière institutionnalisée en 2008 pour renforcer la coopération entre les deux pays.

La ministre de l'Agriculture, Ilse Aigner, et son collègue de l'Intérieur, Thomas de Maiziere, figurent parmi les neuf membres du gouvernement allemand ayant fait le déplacement.

Au cours de sa visite, la chancelière doit rencontrer lundi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et mardi le président, Shimon Pérès, ainsi que la dirigeante de l'opposition, Tzipi Livni.

Durant sa visite, la première depuis 2008, la chancelière doit rencontrer lundi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et mardi le président Shimon Pérès, ainsi que la dirigeante de l'opposition Tzipi Livni. Elle doit aussi prononcer un discours sur la sécurité à l'Université de Tel Aviv.

Au menu des discussions figurent le processus de paix israélo-palestinien, aujourd'hui au point mort, la crise nucléaire iranienne et les possibles conséquences des changements politiques en Egypte et au Liban, selon des sources proches du gouvernement allemand.

Pour Mme Merkel, "la phase actuelle de stagnation (des négociations israélo-palestiniennes) est extrêmement insatisfaisante. Selon elle, il est très important que cela bouge dans les six prochains mois", avant le démarrage de la campagne présidentielle américaine à l'automne, a-t-on indiqué de mêmes sources.

La chancelière veut concentrer les discussions sur les problèmes de frontières et de sécurité. "Selon la chancelière, la politique continue de colonisation est un obstacle à la création de deux Etats, solution prônée par la communauté internationale", a-t-on souligné de mêmes sources.

Quant à la crise égyptienne, la chancelière allemande s'est entretenu dimanche après-midi au téléphone avec le président Hosni Moubarak, exprimant son attente que les réformes annoncées soient engagées et que les forces de sécurité s'abstiennent de toute violence.

L'Allemagne partage néanmoins la préoccupation, exprimée par Israël, face au risque d'instabilité dans l'ensemble du Moyen-Orient, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie Guido Westerwelle.

Au cours de la visite, Israël et l'Allemagne doivent aussi signer pendant cette visite des accords de coopération sur la prévention des catastrophes naturelles -- après l'incendie de forêt qui a fait 44 morts début décembre dans le nord d'Israël --, la protection du climat, les énergies renouvelables et les échanges de jeunes.

« Dans une situation instable, où les communications sont difficiles et l'ont été depuis le début de ce soulèvement, nous travaillons dans des circonstances difficiles », a expliqué le ministre Cannon. « Mais nous sommes en mesure de joindre les Canadiens et de les informer de l'heure et de l'endroit de départ des vols. »

M. Cannon a précisé qu'une entente avait été conclue avec les Australiens concernant l'évacuation des Canadiens se trouvant dans la ville portuaire d'Alexandrie.

M. Cannon a précisé que son ministère avait reçu 4900 appels de Canadiens en Égypte ou de leurs proches vivant au Canada. Ces derniers ont souvent pu donner des coordonnées pouvant aider les responsables canadiens à rejoindre des ressortissants.

À Ottawa, le chef de l'opposition officielle libérale, Michael Ignatieff, a lié les ratés du Canada sur le terrain en Égypte aux compressions imposées par les conservateurs de Stephen Harper à la diplomatie canadienne.

Un peu de patience

En entrevue lundi sur les ondes du Réseau de l'information, une Canadienne présente à l'aéroport du Caire, Christèle Berthelot, a confirmé qu'il lui avait été difficile d'obtenir des informations sur les vols du gouvernement canadien (terminal, heure, etc.).

Mme Berthelot a expliqué que le gouvernement canadien lui facturera 400 $ pour quitter le pays. Ottawa avait annoncé dimanche que les ressortissants devraient payer leur vol, conformément à la politique en vigueur au ministère.

Le gouvernement canadien estime que 6500 Canadiens se trouvent au Caire. Environ 1200 d'entre eux sont officiellement enregistrés auprès de l'ambassade canadienne.
Numéros de téléphone importants

Les Canadiens qui veulent quitter l'Égypte doivent contacter l'ambassade du Canada au Caire en composant le 20-2-27-91-87-00 ou le ministère des Affaires étrangères à Ottawa en composant à frais virés le 613 996-8885.

Les familles et les proches qui désirent obtenir plus de renseignements peuvent contacter le ministère au 1 800 606-5499. Ils peuvent également envoyer un courriel au sos@international.gc.ca.

Il y a quelques jours, le ministère a relevé son niveau d'alerte au troisième palier d'une échelle qui en compte quatre, recommandant aux Canadiens « d'éviter tout voyage non essentiel » vers l'Égypte.

M. Cannon n'a pas voulu commenter la situation politique de l'Égypte. Il a dit qu'il serait inapproprié de s'ingérer dans la politique intérieur d'un pays. Il revient à la population locale, a-t-il dit, de prendre ces décisions.

Le ministre des Affaires étrangères s'est borné à inviter le gouvernement du président Hosni Moubarak à instaurer des réformes économiques et démocratiques dans le pays.
Des passagers se pressent à l'aéroport du Caire en attendant leur vol.

Photo: AFP/Miguel Medina

Des passagers se pressent à l'aéroport du Caire en attendant leur vol.

D'autres pays évacuent leurs ressortissants

Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont également prévu des départs « sur une base volontaire » à bord de vols commerciaux et éventuellement de vols spéciaux, payants.

Au total, 2400 ressortissants des États-Unis ont demandé à quitter le pays sur les quelque 52 000 Américains enregistrés à l'ambassade du Caire, selon la sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires consulaires, Janice Jacobs.

Le département d'État a également autorisé le départ des diplomates et du personnel non essentiel de son ambassade.

Le consulat de Chine affirme quant à lui que les compagnies aériennes chinoises Air China et Hainan ont affrété chacune un avion pour rapatrier des ressortissants chinois. Selon lui, au moins 500 ressortissants chinois sont bloqués à l'aéroport international du Caire.

Le ministère japonais des Affaires étrangères prévoyait pour sa part transférer quelque 500 ressortissants vers Rome et la Turquie a annoncé que deux appareils de Turkish Airlines seraient envoyés vers l'Égypte pour faire sortir ses ressortissants.

Ces départs précipités ont donné lieu à des scènes chaotiques dans l'aérogare, dimanche. Les passagers, dépassant la capacité des avions, se bousculaient pour avoir une chance de monter à bord des appareils, selon des témoins.

Le ministère français des Affaires étrangères a observé que « l'absence de personnel au sol [...], le couvre-feu et les difficultés informatiques engorgent l'aéroport et entravent de manière significative son bon fonctionnement ».

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