Amit, Israélien, musicien, a l'âme voyageuse

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amit.jpgArticle paru dans "Ouest-France"

Amit Weisberger, musicien mais aussi grand voyageur, a posé ses valises à Peillac depuis trois ans. « Plus on reste, plus c'est difficile de partir », sourit-il.

Amit Weisberger a toujours aimé partir hors des sentiers battus. Quitte à rallier Jérusalem en roulotte avec femme et enfant. Le film de ce périple est diffusé, samedi, au festival Itinérances, à Allaire.

Portrait

Les amateurs de musique klezmer ont déjà croisé la silhouette d'Amit Weisberger dans le Pays de Redon. Trois ans que ce grand brun, avec ou sans moustache selon les saisons, a posé ses valises à Peillac.

Depuis, il a promené son violon de cours en stage avec l'école de musique traditionnelle, de concerts en spectacles... « Avec la musique, on voyage dans une autre dimension », dit-il avec un accent qui trahit ses origines. « Israélien de nationalité, juif de naissance », comme il se définit.

Surtout, voyageur dans l'âme. « Ça a commencé en 2001, après mon service militaire en Israël. L'Europe, l'Inde, l'Amérique... » Il y cherchait l'aventure. L'amour, aussi. « Je l'ai trouvé en France, avec Aude. » Un enfant naît, Annabelle. Mais Amit ne perd pas ses envies de bougeotte.

Fou et audacieux

En 2003, il décide sur un coup de tête de reprendre la route. En roulotte jusqu'à Jérusalem avec sa femme et sa fille. « Une décision folle et audacieuse. » Pleine de sens, aussi. Avec leur périple, les Weisberger veulent livrer un message de fraternité jusque dans les territoires occupés.

Deux ans de voyage, du Maine-et-Loire jusqu'à Israël en passant par l'Allemagne, la Hongrie, la Roumanie... Autant de frontières et de barrières mentales à franchir. Avec l'espoir naïf de changer le monde. « L'esprit de la paix était notre carburant », se souvient Amit.

De cet incroyable aventure, Aude en a tiré un film : 52 minutes extirpées de 150 heures de rush. Une roulotte pour la paix est programmé, samedi 15 janvier, au festival Itinérances, à Allaire. Il a déjà été diffusé plusieurs fois en Israël mais aussi en France, sur Équidia.

Depuis, la situation ne s'est pas améliorée en Israël. Loin de là. Pour autant, cela ne rend pas Amit amer : « Je n'ai aucun regret. Je crois toujours qu'un individu peut changer une situation. Il faut voir le film comme une parabole là-dessus. »

« Plus de culpabilité »

Si ce voyage ne l'a pas guéri de sa colère - « je reste convaincu que la société israélienne vit dans un mensonge malsain » - Amit avoue avoir pris un peu de distance. « J'ai perdu ce sentiment de culpabilité. »

L'âge peut-être. Le violon, aussi. Un instrument qu'il a ramené de son périple. À travers lui, il s'est replongé dans la musique klezmer. « Elle est totalement oubliée en Israël. Comme s'il fallait effacer cette trace d'un monde passé. »

Cette passion, il en a fait son métier. Il ouvrira d'ailleurs le festival Itinérances, samedi, avec un concert de musique klezmer. Mais aussi le sujet d'un prochain documentaire, signé Aude. « Elle nous a suivis avec le Beigale orkestra lors d'une tournée en Israël, en août 2009. » Un voyage, encore un, qui l'a ramené une fois de plus vers ses origines.

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