Les effets de la canicule de l'été se sont encore ressentir : les prix

Israël - le - par .
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fruitslegumes.jpgArticle paru dans "IsraelValley"

Le réchauffement climatique continue de produire ses effets sur l’assiette de l’Israélien. Après la pénurie d’œufs et produits laitiers, c’est au tour des fruits et légumes de souffrir de la chaleur. Depuis quelques semaines, la qualité des produits agricoles vendus sur les marchés est médiocre, leur durée de vie est courte et les prix s’envolent.

Fruits et légumes : les prix s’envolent

Depuis le début du mois de septembre, manger des fruits et légumes est devenu un luxe pour beaucoup d’Israéliens. Sur les étalages des marchés et supermarchés, la tomate est vendue de 8 à 13 shekels le kilo, soit entre 1,7 et 2,7 euros; comparé au prix du mois dernier qui oscillait entre 2 à 4 shekels (0,4-0,8 euro), il s’agit d’un bond de 400%. Pour l’Israélien qui a l’habitude de déguster une tomate fraîche à son petit déjeuner, la facture est salée.

A qui la faute? A la météo de cet été: les fortes chaleur des mois de juillet et août ont perturbé les récoltes et réduit la production. Et si les volumes récoltés sont à la baisse, les prix grimpent mécaniquement. Selon l’Association des Agriculteurs, de 30 à 70% des plantations de légumes ont été détruits durant l’été. Les prix sont donc repartis à la hausse: choux, laitues, piments et courgettes sont 30% plus chers que d’habitude. Quant au concombre, il a vu son prix doubler en quelques jours, passant de 4 à 8 shekels le kilo.

Les légumes ne sont pas les seules victimes de la chaleur: la majorité des fruits d’été est concernée. Les nectarines, pêches et prunes, sont 60% plus chères que l’an passé. Les pommes mûrissent trop vite et pourrissent avant même d’être cueillies; quant aux pastèques, elles ont déjà disparu des étalages des supermarchés.

Il y a quelques jours, l’Institut de la Statistique a publié l’indice des prix pour le mois d’août selon lequel le poste des légumes frais aurait augmenté de 5,2% « seulement ». Mais il ne prend pas en compte les augmentations enregistrées au cours de la première quinzaine de septembre et qui se reflèteront sur l’indice qui sera publié le mois prochain.

Produits laitiers: le lait et les œufs manquent

Pendant combien de temps encore les prix des fruits et légumes resteront-ils si élevés ? Les agriculteurs promettent que d’ici à 2-3 semaines, les approvisionnements retrouveront leur rythme habituel et les prix. En revanche, les propriétaires de poulaillers viennent de demander au ministère de l’Agriculture l’autorisation de relever le prix des œufs de 10%. Ils justifient cette hausse par l’augmentation du prix de l’eau et des graines de volaille.

Les poules ne sont pas les seuls animaux de la ferme à souffrir de la chaleur. Depuis plusieurs semaines, les fermiers ne parviennent plus à satisfaire à la demande de produits laitiers. Dès la fin août, le lait en sachet disparaissait des grandes surfaces: seul le lait en carton “long conservation” est disponible, mais il est plus cher que le lait frais. Certains dérivés du lait, painpoti.JPGcomme le beurre et les yaourts, sont aussi en rupture de stocks.

L’agroalimentaire tire son épingle du jeu

L’industrie agroalimentaire israélienne aussi est touchée par la rupture d’approvisionnement de matières de base qui sont utilisées dans la confection de certains produits. On se souvient qu’au début août, les incendies dans les champs de blé en Russie s’étaient répercutés en Israël: le prix du pain a augmenté de 3,5% pour compenser l’envolée du prix de la farine.

Aujourd’hui, ce sont les approvisionnements en sésame qui sont menacés. L’industrie israélienne est une grande consommatrice de sésame: celui-ci entre dans la composition d’une gamme de produits, comme le Houmous, la Tehina et la Halva. Or les principaux pays producteurs et exportateurs de sésame, comme la Chine, l’Inde et le Pakistan, ont été victimes d’inondations qui ont détruit une bonne partie de leurs plantations. Ils ont donc réduit leurs exportations, et Israël est un des premiers pays à en souffrir. Résultat: le prix des produits à base de sésame va faire un bond de 20% dans les jours qui viennent.

Bien entendu, la principale victime de ces augmentations sera le consommateur. En effet, les principaux groupes agroalimentaires (comme Strauss ou Osem), répercutent la hausse du prix des matières premières sur les étiquettes des supermarchés. Dans certains cas, les fabricants d’agroalimentaire tirent même leur épingle du jeu des augmentations: ils en profitent pour ralentir la production des produits bon marché, tout en favorisant la vente de produits plus chers et donc plus rentables pour eux.

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