Emotion et colère aux obsèques des quatre victimes israéliennes du Hamas

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attenisr.jpgArticle paru dans "Leschos.fr"

© AFP - Menahem Kahana

"Vous allez me manquer, maman et papa", déclare entre deux sanglots Ariel Imass, 16 ans, devant les dépouilles de ses parents tués dans une attaque palestinienne près de leur domicile dans la colonie juive de Beit Haggai en Cisjordanie.

Yitzhak, 47 ans, et son épouse Taliya Imass, 45 ans, qui était enceinte, laissent six orphelins, dont un bébé de 18 mois.

Deux autres habitants de la petite implantation, Kokhava Even Haïm, 37 ans et Avishaï Shindler, 24 ans, ont également trouvé la mort dans l'attaque mardi soir revendiquée par la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Des milliers de personnes, en majorité des habitants des colonies voisines de la région de Hébron, se sont pressées mercredi devant la synagogue de Beit Haggai pour rendre hommage aux victimes avant leur enterrement.

Le mari de Kokhava, un secouriste bénévole, a été l'un des premiers à arriver sur les lieux de l'attentat pour y découvrir le corps sans vie de son épouse.

Face au linceul blanc, Momi Even Haïm s'adresse à elle en évoquant leur fille unique "qui grandira sans pouvoir dire maman".

L'implantation de Beit Haggai, qui compte moins de 500 personnes, a perdu depuis dix ans sept de ses habitants, y compris les morts de mardi.

"Pour l'ennemi, il n'y a aucune différence entre Beit Haggai et le reste d'Israël, mais vous saurez poursuivre les buts du sionisme en construisant de nouveaux quartiers et de nouvelles maisons" en territoire occupé, a dit Reouven Rivlin, le président de la Knesset (Parlement), en s'adressant à la foule.

Principale autorité spirituelle des colons extrémistes, le rabbin Dov Lior a fustigé les pourparlers avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui doivent reprendre jeudi à Washington.

"C'est une grave erreur de croire qu'on peut faire la paix avec des terroristes, il n'y a aucune raison de parler avec eux", a-t-il martelé.

Pour Assaf Fried, un ami de Yitzhak Imass, l'une des victimes, "le Hamas et le Fatah (de Mahmoud Abbas), c'est la même chose, ils veulent nous chasser de notre terre, pourquoi négocier avec eux ?"

La foule ne retient plus son émotion quand les familles récitent ensemble le "kaddish", la prière des morts, avant que les cortèges funéraires ne s'ébranlent en direction des cimetières.

"Regardez ces enfants, sept orphelins, quelle catastrophe !" s'exclame une jeune femme, le visage baigné de larmes.

Sur la route de Beit Haggai à Jérusalem, ou doit être inhumé le couple Imass, le cortège se recueille un instant sur le lieux de l'attaque.

Des centaines de soldats et policiers sont présents tout le long de la route ainsi que les élèves des écoles de la région venus pour un adieu en brandissant des drapeaux israéliens.

Le Conseil de Yesha, principal organisme représentatif des colons de Cisjordanie, a appelé à "construire dans toute la Judée-Samarie" (nom biblique de la Cisjordanie) dès mercredi soir pour mettre fin au gel de la construction décrété par le gouvernement Netanyahu et qui arrive à échéance le 26 septembre.

"Cet attentat prouve qu'en dépit des efforts israéliens, les Palestiniens n'ont aucune intention de créer un Etat pacifique mais ne cherchent qu'à détruire l'Etat d'Israël", a dénoncé Naftali Bennett, le directeur général de Yesha.
Par Michaël BLUM
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