Paracha de la semaine VAYECHEV

Uncategorized - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
paracha de la semaine vayechev

VAYECHEV

A partir de la Sidra Vayéchév toute l'attention va se porter désormais sur le personnage de Joseph. C'est ce que nous annoncent les premiers versets dans une formule ramassée: "Voici l'histoire de Jacob, Joseph..." (Gen.37,2): c'est l'histoire de Joseph qui commence ici.

Et si on a subordonné l'histoire de la postérité de Jacob à celle du seul Joseph, c'est que toute l'histoire d'Israël va se développer à partir de l'épisode qui nous est conté là. L'installation en Egypte, l'esclavage, la conquête de Canaan, tout un enchaînement d'événements trouve son origine en Joseph: dans l'attitude du jeune homme qui conduit en fin de compte à sa vente en Egypte.

Car au moment même où il est menacé de mort par ses frères, il prend conscience de ses insuffisances: il réalise que les qualités qui sont les siennes et que lui reconnaît son père, que les promesses qui lui sont apportées par ses rêves, sont encore au stade de virtualités et qu'il lui faut oeuvrer désormais pour les faire advenir.

Que rien n'est joué encore, et que par sa méprise et sa maladresse, il s'est condamné lui-même. Et à ce moment-là, lorsqu'il comprend cela, il est "sauvé", et comme dans le sacrifice d'Isaac, au dernier instant apparaît un recours: "levant les yeux, ils aperçurent une caravane d'Ismaélites" - comme Abraham là-bas "leva les yeux et voici qu'un bélier derrière lui..."

C'est parce que Juda comme Ruben ont senti le changement qui s'opérait soudain en Joseph qu'ils ont tenté de le sauver, saisissant le signe du ciel.

Car dès le départ, Joseph est doté de toutes les qualités: il est beau, très intelligent. Et Jacob l'aime à cause de toutes les promesses qu'il porte en lui, et ceci malgré certaines faiblesses sur lesquelles notre attention est attirée d'emblée comme pour les mettre en évidence: "..

Passant son enfance avec les fils de Bilha et de Zilpa, épouses de son père, Joseph débitait sur leur compte des médisances à son père (37,2) : tout ce qu'il voyait de mal chez ses frères, il le racontait à son père. Conduite peu "sympathique" et pour laquelle il lui sera tenu rigueur plus tard.

Mais paradoxalement, le texte nous dit immédiatement après cela qu'"Israël aimait Joseph plus que tous ses fils". Jacob a des faiblesses pour le fils de sa vieillesse et lui marque sa préférence de façon trop ostentatoire: il ne devrait pas faire de différence entre ses fils en confectionnant une tunique pour ce fils bien aimé, il attise encore la jalousie et la haine de ses frères.

Il est bien indulgent aussi envers ce fils qui médit, qui est un peu maniéré, dit-on, "qui faisait toutes sortes de choses que font les jeunes, s'arrangeant les cheveux, se soignait les yeux pour paraître beau... (Rachi).

Il est patient envers Joseph qui raconte en toute innocence à son père, ses rêves au symbolisme trop transparent à ses frères ; qui ne s'y trompent pas et y lisent l'expression même de l'ambition et de la prétention de leur cadet.

Même lorsque Joseph raconte le rêve où il annonce que Jacob lui-même en viendra à se prosterner devant lui, ce dernier ne se fâche pas véritablement.

Il blâme son fils certes, mais uniquement "pour le principe" semble-t-il, parce qu'il sait qu'en agissant ainsi Joseph s'attire la haine de ses frères et qu'il ne doit pas cautionner une telle attitude. Mais quant à lui au fond "il attend l'événement" : il a confiance en son fils et il attend avec espoir la réalisation de ce qui a été prssenti dans le rêve.

Jacob n'approuve certes ni la médisance de Joseph, ni sa prétention maladroite, mal à propos, mais il comprend . "Joseph n'avait que dix-sept ans, c'était un jeune homme" encore.

Et il est d'autant plus apte à comprendre les difficultés de Joseph avec ses frères que lui-même a été toute sa vie en conflit avec son frère ; qu'il s'était attiré la haine d'Esaü par ses ruses. Dans un premier temps, Jacob n'avait su faire triompher son "droit moral" sur son frère que par la tromperie. Après le long séjour chez Laban et le combat avec l'ange - le génie d'Esaü selon le Midrach - Jacob peut enfin affronter directement son frère et le rencontrer face à face.

Il a dû lutter durement contre lui-même pour arriver à s'affirmer, se dresser face à son frère avec tout ce que celui-ci incarne: l'ordre du monde sans le recours à la spiritualité.

Jacob aime son fils, le comprend, est indulgent à son égard, mais il sait aussi que si ce qui est inscrit comme un possible en Joseph doit s'actualiser un jour, il faut que ce dernier prenne conscience de ses insuffisances. Joseph doit d'abord connaître le problème de ses frères, avant que de les juger du haut de sa "supériorité morale", il faut qu'il apprenne à résoudre les difficultés des autres hommes au lieu de les analyser "de l'extérieur".

Comme le rapporte le Midrach, Jacob voyait en Joseph l'héritier qui poursuivra avec fidèlité son oeuvre et celle de ses pères.

Claude Layani

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi