L'amour c'est la rencontre de deux blessures

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On est parfois en couple pour dire je suis en couple, la peur d'être seul, ou bien on est dans une histoire, qui n'est pas notre histoire,où l'on ne devrait pas être, en somme. Alors comment cerner le "vrai" amour :

«Mais pourquoi restes-tu avec lui ou avec elle ? » Combien de fois avons-nous posé cette question à nos amis, enlisés dans des histoires douteuses et au final douloureuses ?

Combien de fois nous sommes-nous demandés ce qui les poussait à persévérer dans des relations insatisfaisantes ? Non, c’est sûr, ce n’est pas ça, l’amour.
Qu’est-ce que c’est alors ? Un sentiment qui nous rendrait immuablement heureux ?

Vivre le vrai amour

Vivre le vrai amour

Non ! l’amour, le « vrai », n’a rien à voir avec la sérénité. Même après le cap de la fusion des débuts, et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’amour, ce n’est pas pépère; ça chavire, ça secoue, ça nous lie mystérieusement à l’autre dans une épopée qui échappe à toute rationalité. Exploration de quelques signes révélateurs.

L’amour est un mystère pour ceux qui le vivent, un mystère pour ceux qui le regardent. Nous constatons, mais nous ne comprenons pas. Pourquoi ? Parce que ce qui nous lie à l’autre est inexplicable.

Aimer vraiment, c’est aller vers quelqu’un, non pas seulement pour  son apparence physique , ni pour ce qu’il symbolise ,un père, une mère, le pouvoir, l’argent, mais pour son secret.
Un secret qui va à un moment donner rencontrer le nôtre : un manque ressenti depuis l’enfance, une souffrance singulière, indéfinissable.

L’amour, c’est la rencontre de deux blessures, de deux failles, le partage avec quelqu’un de ce qui nous manque radicalement et que l’on ne pourra jamais dire. » L’amour vrai, ce n’est pas « Montre-moi ce que tu as » ou « Donne-moi ce que tu as pour combler ce qui me manque », mais plutôt « J’aime la manière dont tu essaies de guérir, ta cicatrice me plaît ». L'amour, comble ce vide qui peut parfois nous faire sombrer. 

Aimer, c’est avoir peur. Tout le temps. Freud, dans "Malaise dans la civilisation" , l’explique ainsi : "nous devenons dépendants parce qu’il faudra que l’autre nous soutienne toujours dans l’existence. " D’où la peur de le perdre. Explication lumineuse de Monique Schneider , philosophe et psychanalyste : « L’amour implique une prise de risque. Il suscite un phénomène de vertige, parfois même de rejet : on peut casser l’amour parce que l’on en a trop peur, le saboter tout en essayant de se confier, réduire son importance en s’attachant à une activité où tout repose sur soi-même. Tout cela revient à se protéger du pouvoir exorbitant de l’autre sur nous. »Ressentir et sentir , l’amour est un sentiment violent qui fait courir un danger aux deux partenaires. Il ne faut jamais l’oublier.

Pour aimer vraiment, il faut presque croire en une sorte de miracle, être croyant. Selon la tradition juive, la Torah,  ce n'est pas nous qui décidons qui sera notre mazal, mari ou femme , certes, nous avons le libre arbitre, mais D.ieu nous mettra sur le bon chemin.

On se sent beau, on se sent exister , « L’amour vrai, c’est cette expérience de légitimation au monde, cette illusion que notre amour est unique. L’autre est l’idéal incarné, et nous existons grâce à son regard. L’amour nous redonne un statut d’enfant convaincu de sa toute-puissance, convaincu que s’il n’existait pas, le monde raterait quelque chose.

Conjuguer le verbe "aimer" à tous les temps , sauf au passé , voilà une belle définition du verbe aimer. 

Nathalie ZADOK

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