Archives de avril 2025

Israël prêt à parler avec la Syrie "sans conditions"

A l'issue d'une entrevue entre le Premier ministre israélien et Nicolas Sarkozy à Paris mercredi, un haut responsable israélien a assuré que Benjamin Netanyahu était prêt à rencontrer le président syrien.

netsarko.jpgDe passage à Paris mercredi où il a rencontré Nicolas Sarkozy, Benjamin Netanyahu a semblé prêt à une avancée pour débloquer la situation au Proche-Orient. Pour preuve, les propos du Premier minsitre israélien, qu'un responsable israélien a repris, à l'issue de cette entrevue : Israël est prêt à reprendre les pourparlers de paix avec la Syrie "à tout moment" et "sans conditions préalables".

Lors de son entretien avec Nicolas Sarkozy, Benjamin Netanyahu a affirmé au président français qu'il était "prêt à rencontrer le président syrien (Bachar al-Assad) à tout moment et où que ce soit pour reprendre les négociations de paix, sans aucune condition préalable", a ainsi rapporté mot pour mot à la presse le haut responsable israélien qui accompagnait le Premier ministre à Paris.

Des discussions de ce type ont déjà eu lieu. En effet, des entretiens téléphoniques entre Israël et la Syrie, sous l'égide de la Turquie, avaient bien été engagés. Mais ils avaient été interrompus lors de l'opération israélienne "Plomb durci" dans la bande de Gaza, fin décembre 2008-début janvier 2009, destinée à stopper les tirs de rockets sur Israël. Le président Bachar al-Assad doit être reçu vendredi par le chef de l'Etat français.

Godard et la question juive

jean_luc_godard.jpgArticle paru  dans "LE MONDE"

Filmé en 2006 par Alain Fleischer pour un film qui s'est appelé Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard, le cinéaste franco-suisse aurait tenu des propos très polémiques à l'encontre des juifs, en partie écartés au montage, dont certains sur les deux films de Claude Lanzmann Shoah et Tsahal.Enquête Godard et la question juiveDans un roman intitulé Courts-circuits, récemment édité au Cherche Midi, Alain Fleischer raconte qu'en aparté, lors d'une pause, Jean-Luc Godard aurait lâché cette phrase monstrueuse à son ami et interlocuteur Jean Narboni, ex-rédacteur en chef des Cahiers du cinéma : "Les attentats-suicides des Palestiniens pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent en fin de compte à ce que firent les juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l'Etat d'Israël."Jean-Luc Godard est coutumier de ce type de provocations.

La première est survenue en 1974, lorsque, illustrant sa notion du montage comme vision comparative de l'histoire, il faisait chevaucher dans Ici et ailleurs une image de Golda Meir, premier ministre israélien, avec celle d'Adolf Hitler.Prenant fait et cause pour la Palestine, l'auteur de Bande à part s'est maintes fois plu à rappeler, entre autres dans JLG/JLG en 1994, que, dans les camps nazis, les détenus au seuil de la mort étaient désignés sous le terme de "musulmans". Ignorant délibérément la nature des crimes commis et subis par les uns et par les autres, il sous-entend que les victimes d'hier sont devenues les bourreaux d'aujourd'hui. Décrivant la Bible comme un "texte trop totalitaire", il a déjà lâché à propos de ces juifs qui, selon lui, auraient sauvé Israël en mourant dans les camps : "Au fond, il y a eu six millions de kamikazes."Dans Notre musique, film au départ duquel il voulait reprendre le schéma du Silence de la mer, de Vercors, en imaginant un officier israélien installé chez des Palestiniens, il déclare que "le peuple juif rejoint la fiction tandis que le peuple palestinien rejoint le documentaire". Avec démonstration rhétorique, photographies à l'appui. Champ : les Israéliens marchent dans l'eau vers la Terre promise.

Contrechamp : les Palestiniens marchent dans l'eau vers la noyade. Il s'en explique dans Morceaux de conversations... : "Les Israéliens sont arrivés sur un territoire qui est celui de leur fiction éternelle depuis les temps bibliques..." Jean Narboni lui fait remarquer que le mot "fiction" est choquant. "Alors, réplique-t-il, on dira que les Israéliens sont sur TF1, c'estla télé-réalité. Et les autres, dans un film de Frédéric Wiseman".Ces raccourcis suscitent doutes et consternation chez ses thuriféraires. Lorsque Jean Narboni lui rappelle que la juxtaposition des images de Golda Meir et d'Hitler avait même troublé Gilles Deleuze, sympathisant palestinien, lequel avait pourtant tenté de le défendre, Godard répond cinglant : "Pour moi, il n'y a rien à changer... sauf d'avocat !""Juif du cinéma""Un catholique, je sais ce que c'est : il va à la messe, dit-il dans le film d'Alain Fleischer à Jean Narboni. Mais un juif, je ne sais pas ce que c'est ! Je ne comprends pas !"

Jean-Luc Godard s'est pourtant autoproclamé "juif du cinéma" pour signifier son destin de cinéaste persécuté. Il dit que, culpabilisé de n'avoir pas été alerté dans son enfance par l'Holocauste, choqué par les propos antisémites de son grand-père maternel qui faisait des plaisanteries sur son "médecin youpin", il n'a pas trouvé d'autre moyen de comprendre le juif qu'en se considérant "pareil".Dans Deux ou trois choses que je sais d'elle, lorsque son héroïne, prostituée occasionnelle, emmène un client dans un hôtel et que celui-ci lui fait remarquer que c'est un hôtel réservé aux juifs parce qu'il a une étoile, elle ne trouve pas ça drôle.

Sensibilisé par la Shoah, Godard n'a de cesse de dénoncer la faute inexpiable du cinéma de n'avoir jamais filmé les camps. Le "ce qui ne peut pas être dit" de Wittgenstein devient à ses yeux un "il vaut mieux voir que s'entendre dire". Clamant que "l'image c'est comme une preuve dans un procès", une formule que d'aucuns trouvent à la limite du négationnisme.Cette certitude que rien n'est infilmable, même la Shoah, l'oppose à Claude Lanzmann, qui, lui, s'insurge contre le caractère suspicieux qu'auraient des images du génocide. Persuadé de l'inadéquation de celles-ci, Lanzmann se range à l'avis d'Elie Wiesel, qui craint que le cinéma ne transforme un événement innommable en "phénomène de superficialité". Débat qui, dans les colonnes du Monde, suscite la réaction du psychanalyste Gérard Wacjman résumant l'affrontement : "Saint Paul Godard contre Moïse Lanzmann".La question juive obsède Godard. Parfois à bon escient : le rappel des forfaits perpétrés dans les stades, comme le Heysel, rappelle le Vél'd'Hiv dans Soigne ta droite. Ou ce reproche adressé à Romain Goupil durant le tournage d'Allemagne neuf zéro : "Tu te dis anti-fasciste et quand tu filmes le stade des JO de Berlin, tu ne filmes qu'un stade, pas celui d'Hitler !" Mais, en négatif, ses propos sur Hollywood "inventé par des gangsters juifs", et sur l'invention du cinéma par ces producteurs émigrés d'Europe centrale ayant compris que "faire un film, c'est produire une dette". Son biographe américain, Richard Brody, raconte le projet d'un film où Godard débattrait avec Claude Lanzmann. Bernard-Henri Lévy étant médiateur. Ce dernier déclare : "Lanzmann et moi étions les instruments de sa cure : celle d'un antisémite qui essaye de se soigner. J'étais prêt à jouer le jeu, mais il a changé de plan." Ici antisioniste, là carrément antisémite, Godard se heurte à quelque chose qu'il ne comprend pas, homme d'image affichant un problème avec la parole.

Gad Elmaleh: "Je ne joue jamais le même spectacle"

gadou.jpgArticle paru dans "Metro"

L’humoriste est actuellement en tournée dans toute la France avec « Papa est en haut ». L’occasion de revenir sur le succès de « Coco », la polémique au Liban, son prochain film.

Gad Elmaleh est actuellement en tournée dans toute la France. Il joue ce jeudi soir et vendredi à Strasbourg, à Lille les 17 et 18 novembre, à Dijon le 24 novembre, Chambéry le 28 novembre, Grenoble le 4 décembre, Saint-Etienne le 5 décembre, Montpellier les 10 et 11 décembre, Nice les 15 et 16 décembre et Toulon le 17 décembre.

Il reviendra ensuite à Paris au Palais des Glaces du 9 mars au 24 avril 2010

Savez-vous combien de fois vous avez joué ce spectacle ?

J’ai longtemps compté mais je ne le fais plus. Comme j’invente beaucoup et que je prépare le prochain spectacle en y insérant de nouvelles idées, j’ai l’impression que c’est sans cesse nouveau. Peut-être 300 ?

Comment éviter la lassitude ?
J’ai une trame, mais je ne supporte pas de jouer le même spectacle d’un soir sur l’autre. Sauf au tout début, lorsqu’il y a encore du sucre dans le chewing gum. Sinon je pars du principe que dès que je commence à moins m’amuser, je dois changer, me donner de petits défis. J’improvise, je structure et lorsque c’est bien ça devient un nouveau sketch.

Ca vous arrive de ne pas faire rire ?

Ca arrive sur des nouveautés, des choses qu’on teste. En fait le bide arrive dans deux cas extrêmes : lorsqu’on est très sûr de soi et qu’on va plus vite que le public ; soit lorsqu’on a un trop gros manque de confiance. Les gens le sentent tout de suite.

Votre expérience d’acteur et réalisateur sur « Coco » a-t-elle nourri votre spectacle ?

Je dirais que c’est plutôt l’inverse. Le timing comique de la scène m’a servi sur « Coco », sur le montage notamment.

Les critiques n’ont pas toujours été tendres avec « Coco ». Certaines vous ont-elles semblé justifié ?
Je ne fais pas partie des artistes qui ne lisent pas les critiques et je ne dirais jamais « puisque ça marche, on s’en fout ». Sur « Coco », certaines critiques été parfaitement justifiées, notamment les maladresses du scénario que j’ai vu après. Mais une partie de la presse a eu tendance à oublier que c’était mon premier film de réalisateur, même si j’avais fait plein de choses avant. Ce qui me dérange plus, ce sont les jeux de mots méchants, les gens qui se sont dits « allez, on se le fait maintenant parce qu’après on n’aura peut-être plus l’occasion ».

L’annulation de vos spectacles au Liban l’été dernier vous a sans doute davantage touché…

Ca m’a fait beaucoup de peine parce que c’est un coup porté à tous ceux qui défendent l’ouverture, dans les pays arabes, ou entre les communautés à travers le monde. (des médias locaux avaient présenté l’humoriste, d’origine marocaine et de confession juive, comme un ancien soldat israélien – ndlr). C’est d’autant plus dommage que j’avais dû annuler une première fois en 2006 à cause de la guerre. Mais je reste plein d’espoir et je suis sûr qu’un jour, je parviendrai à jouer là-bas.

En mars on vous verra dans « la Rafle », un film de Roselyne Bosch sur la Rafle du Vel d'Hiv. C’est un vrai changement de registre ?

C’est le rôle le plus dramatique de ma carrière, un film qui parle des heures les plus sombres de l’histoire de France. En tant que père, en tant que citoyen, c’est pour moi une façon de participer au travail de mémoire. Je viens d’en voir quelques extraits et j’avais les larmes aux yeux.

Un mot sur le tournage de « Tintin » de Spielberg ?

J’ai joué le méchant, Omar Ben Salaad ! Dix jours à los Angeles avec Spielberg, c’est quelque chose de très, très fort. J’ai tourné en motion capture, un procédé très complexe qui mélange animation et performance réelle. Le résultat est assez fou.


Gad Elmaleh en tournée

Gad Elmaleh est actuellement en tournée dans toute la France. Il joue ce jeudi soir et vendredi à Strasbourg, à Lille les 17 et 18 novembre, à Dijon le 24 novembre, Chambéry le 28 novembre, Grenoble le 4 décembre, Saint-Etienne le 5 décembre, Montpellier les 10 et 11 décembre, Nice les 15 et 16 décembre et Toulon le 17 décembre.

Il reviendra ensuite à Paris au Palais des Glaces du 9 mars au 24 avril 2010

Des BD "casher" pour juifs orthodoxes

casher4.JPGLoin de l'univers de Superman ou du manga japonais, les juifs orthodoxes d'Israël créent leurs bandes dessinées, chastes et morales, avec comme super-héros des personnages tirés de la Bible et des rabbins thaumaturges.

Pour la communauté des Harédim (littéralement les "craignants Dieu"), qui vit refermée sur elle-même, boycottant télévison, internet et vidéo, considérés comme des sources de corruption morale, la BD sans sexe ni violence est une distraction acceptable et un moyen d'élever les enfants selon la tradition.

Des dizaines d'albums illustrant des épisodes de la Bible et les aventures de célèbres rabbins remplissent les étagères des librairies des quartiers orthodoxes, à côté d'imposants et austères ouvrages pieux.

"C'est super, les gamins adorent lire ce genre de livres et en même temps ils s'instruisent. Ce n'est pas facile d'enseigner la Bible à des enfants", explique Yom Tov Cohen, un père de famille habillé du manteau et du chapeau noir des religieux, devant une librairie de Bnei Brak, un quartier ultra-orthodoxe de la banlieue de Tel Aviv.
Le nombre des BD religieuses a enregistré une très forte progression ces dernières années. Elles sont signées par des tas de nouveaux auteurs, dont des femmes qui auraient utilisé des pseudonymes dans le passé mais qui aujourd'hui publient sous leur nom.

"Cela peut surprendre mais les bandes dessinées font de plus en plus partie de la culture des Haredim", constate Eli Eshed, un critique du neuvième art.

Ce créneau s'est encore développé avec le lancement en septembre du premier hebdomadaire de BD "casher", créé et publié par le dessinateur Dror Yisrael Cohen.

Soldat Shalit : les progrès de la médiation allemande

shalitgg.jpgGuilad Shalit  a été enlevé par le Hamas en juin 2006. L'organisation réclame la libération de près d'un millier de prisonniers palestiniens en contrepartie de sa remise en liberté.

Grâce à l'intervention d'un agent allemand, un accord pourrait voir le jour sur le sort du soldat franco-israélien détenu par le Hamas depuis 2006.

Un mystérieux agent allemand est depuis quelques mois au cœur des négociations pour la libération de Gilad Shalit. Cet homme, membre des très efficaces services secrets allemands et spécialiste du Moyen-Orient, serait parvenu à gagner la confiance des Israéliens comme du Hamas et pourrait être sur la voie d'un accord.

Le sort du caporal Shalit, capturé en juin 2006 par le Hamas, et détenu depuis dans un lieu secret à Gaza, reste l'une des principales préoccupations du pouvoir israélien. Le gouvernement Olmert avait été plusieurs fois proche d'une solution. Après d'interminables tractations, le puissant chef des services secrets égyptiens, le général Omar Souleimane, était arrivé à définir les modalités d'un échange de prisonniers entre le Hamas et Israël. La mise en œuvre de cet échange a jusqu'à présent échoué.

Les exigences du Hamas, qui ré­clame pour Gilad Shalit la libération de près d'un millier de prisonniers palestiniens, dont de nombreux auteurs de crimes de sang et d'actes de terrorisme, continuent à faire hésiter les autorités israéliennes. Outre le risque de remettre en liberté un certain nombre de cadres du Hamas, les Israéliens craignent d'encourager ainsi la prise d'otages.

Les négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien sont compliquées par le refus d'Israël de donner la moindre once de légitimité à une organisation considérée comme terroriste en traitant directement avec elle.

Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, l'agent allemand aurait permis de remettre à plat les tractations. Il aurait commencé son rôle de médiateur en juillet dernier.

Après l'échec de ses prédécesseurs, le nouveau responsable israélien chargé du dossier, Hagai Hadas, ancien directeur adjoint du Mossad, aurait pris contact avec Ernst Urhlau, le directeur des services secrets allemands, le BND (Bundesnachrichtendienst), pour obtenir la discrète contribution de Berlin.

Le médiateur allemand serait parvenu, selon le Spiegel, à découper en deux étapes l'échange de prisonniers, permettant aux deux parties de ne pas sembler négocier directement. Après la libération de 450 prisonniers palestiniens, Gilad Shalit serait remis aux Égyptiens. Un second groupe de 550 prisonniers serait alors libéré, officiellement pour des raisons humanitaires et en remerciement des efforts égyptiens, et Shalit remis aux Israéliens.

Délicates tractations

L'Allemagne occupe une position diplomatique jugée plus neutre au Moyen-Orient que la France ou la Grande-Bretagne. La coopération entre le BND et le Mossad est excellente. Et les services secrets allemands ont déjà à leur actif de délicates tractations avec le Hezbollah libanais.

En 2004, le BND avait réussi un premier coup en obtenant la libération d'environ 400 prisonniers palestiniens et libanais contre les dépouilles de trois soldats et d'un ancien colonel israélien, Elhanan Tannenbaum, détenu par le Hezbollah.

En juillet 2008, le médiateur secret allemand, Gerhard Konrad, avait été l'organisateur d'un nouvel échange. Les corps des deux soldats israéliens tués dans l'embuscade qui avait déclenché en 2006 la seconde guerre du Liban avaient été restitués par le mouvement libanais contre la libération de Samir Kuntar, auteur d'un sanglant attentat en Israël.

Israël montre des documents impliquant l'Iran dans la cargaison d'armes saisie

ARMESSjpg.jpgL'armée israélienne a rendu publics mercredi des documents et des photos qui selon elle prouvent que l'Iran était bien derrière une importante cargaison d'armes saisie la semaine dernière par les commandos de marine de l'Etat hébreu au large de Chypre.

Selon Israël, cette cargaison, la plus importante jamais saisie par l'Etat hébreu, il s'agissait de 500 tonnes d'armes de fabrication iranienne destinées au Hezbollah libanais. Ce qu'ont démenti tant Téhéran que le parti de Dieu chiite.
Mercredi, l'armée a diffusé des documents montrant la provenance iranienne de cette cargaison, entre autres un formulaire de douane portant le tampon des forces armées iraniennes.

Mardi, les Etats-Unis avaient accusé l'Iran de violer un embargo de l'ONU en envoyant cette cargaison secrète à bord du "Francop", navire marchand battant pavillon d'Antigua et à destination d'un port syrien.

L'examen détaillé de la cargaison retrouvée prouve aussi qu'il s'agit bien d'armes iraniennes, notamment les obus d'artillerie "haseb" de 107 mm. Et même les emballages des munitions sont de marque iranienne.

Cinq ans de restauration pour la tombe de Toutankhamon

TOUTANKAMONjpeg.jpegL'Egypte et l'Institut américain Getty ont annoncé mardi le début de cinq ans de travaux de restauration de la tombe de Toutankhamon, le jeune pharaon dont la sépulture est la plus connue de l'histoire antique égyptienne.

Depuis sa découverte en 1922 par l'archéologue britannique Howard Carter, l'étroite tombe souterraine, avec ses quatre petites pièces, son célébrissime masque funéraire en or, ses somptueuses peintures murales, semble avoir souffert de son ouverture au public. Ainsi, les observateurs ont constaté l'apparition d'étranges taches brunes sur les peintures murales.

"A chaque fois que je vois la tombe de Toutankhamon, je m'interroge sur ces taches, qu'aucun scientifique n'est capable d'expliquer", a déclaré Zahi Hawass, chef du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, dans un communiqué. "Aujourd'hui, je suis heureux que l'Institut Getty puisse examiner la tombe et préserver son magnifique décor."

Chaque mois, des milliers de touristes visitent la tombe souterraine de Toutankhamon dans la Vallée des Rois, dans le sud de l'Egypte, apportant chaleur et humidité probablement responsables de la dégradation de ce caveau vieux de plus de 3.000 ans. Le pharaon est mort vers l'an 1323 avant JC alors qu'il n'avait qu'une vingtaine d'années.

Le projet de restauration débutera par une période de recherche de deux ans pour déterminer les causes des détériorations observées. Puis suivront trois années de restauration proprement dite. Le Conseil suprême des antiquités n'a pas précisé pour quelle durée la tombe sera fermée au public.

Dans le passé, l'Institut Getty, basé à Los Angeles, a déjà restauré des tombes voisines et conçu des caissons étanches pour exposer les momies.

Le meurtrier d'une Egyptienne en Allemagne condamnée à la perpétuité

allemagne.gifUn Allemand de 28 ans, né en Russie, a été reconnu coupable mercredi du meurtre d'une Egyptienne enceinte, poignardée en plein tribunal, et condamné à la prison à perpétuité.

En raison de la nature particulièrement brutale du crime, Alexander Wiens ne pourra bénéficier d'aucune libération conditionnelle, a ajouté le tribunal.

S'il a reconnu avoir poignardé Marwa al-Sherbini, pharmacienne de 31 ans, en plein tribunal en juillet alors qu'elle témoignait contre lui, il a affirmé qu'il avait agi sans préméditation et pas par xénophobie.

Alors que l'affaire a déclenché un tollé en Egypte, pays natal de la victime, ces dénégations n'ont pas convaincu le procureur Frank Heinrich, lequel a estimé dans ses conclusions qu'il "est clair que sa motivation était la haine des musulmans. Comme un tueur maniaque et de sang froid, il s'est mis à asséner des coups de couteau à la femme et à son mari, qui cherchait à la protéger".

La jeune femme avait porté plainte contre Wiens en 2008, pour insultes racistes. Il avait alors été reconnu coupable de l'avoir traitée de "terroriste" et d'"islamiste" au cours d'une dispute parce qu'elle portait le voile.

Elwy Okaz, l'époux de la jeune femme, chercheur, avait pour sa part été grièvement blessé en tentant d'intervenir et de protéger sa femme, en présence de leur petit garçon de trois ans qui a vu sa mère tuée devant lui, avec un couteau de cuisine

Netanyahu à Paris alors que les négociations de paix sont au point mort

sarkozy-netanyahu_345.jpgArticle paru dans "L'EXPRESS.fr"

Après une visite à Paris en juin 2009, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit de nouveau rencontrer ce mercredi le président Nicolas Sarkozy.

Après une rencontre discrète avec Barack Obama, le Premier ministre israélien rend visite ce mercredi à Nicolas Sarkozy. S'ils lui reprochent toujours la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, les présidents américain et français pressent aussi les Palestiniens de reprendre les discussions sans préalable.

Benjamin Netanyahu doit rencontrer mercredi 11 novembre à l'Elysée le président Nicolas Sarkozy, deux jours après avoir été reçu dans la discrétion à la Maison blanche et alors que se font ressentir les effets de la décision de Mahmoud Abbas de ne pas briguer de nouveau mandat.

Comme son homologue français, Obama s'oppose à la politique de colonisation de la Cisjordanie occupée. Mais s'il a entouré d'un voile de confidentialité la visite de Netanyahu à Washington, le président américain n'en maintient pas moins la pression sur les Palestiniens pour qu'ils reparlent de paix.

Le Premier ministre israélien peut se réjouir des propos tenus mardi par le secrétaire général de la Maison blanche, Rahm Emanuel. Comme en écho à un discours prononcé par Netanyahu lors d'une conférence devant des dirigeants juifs à Washington, Emanuel a dit que les pourparlers israélo-palestiniens devaient reprendre "sans conditions préalables".

Rendez-vous discret avec Obama

Par une telle déclaration, la Maison blanche a clairement recommandé au président palestinien Mahmoud Abbas de renoncer à exiger un arrêt de toutes les activités de colonisation israéliennes -comme le prévoit la "feuille de route" pour la paix de 2003- avant la reprise des négociations.

Obama n'a cependant pas réservé d'accueil très chaleureux à Netanyahu, dont les liens avec Washington sont mis à l'épreuve par la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie.

Lundi, Netanyahu a été reçu par Obama au Bureau ovale où n'avaient été admis ni journalistes ni caméras de télévision, contrairement à l'usage en cas de visite d'un Premier ministre israélien.

En Israël, les journaux ont interprété le caractère confidentiel de la visite comme une rebuffade, jugeant possible qu'Obama se soit irrité de ce que Netanyahu ait cru évident qu'il le voie à l'occasion de son passage à Washington pour la conférence où le leader israélien a pris la parole.

Mercredi, un haut responsable israélien voyageant avec le Premier ministre a, en revanche, assuré que la rencontre à la Maison blanche avait permis de "briser la glace" entre les deux hommes. "Lors de cette entrevue, Netanyahu et Obama ont établi une vraie relation", a-t-il affirmé en relevant qu'ils s'étaient parlé seuls pendant plus d'une heure.

Rebuffade ?

Des observateurs jugent aussi possible qu'Obama ait voulu éviter l'image d'une rencontre amicale avec Netanyahu après le malaise que la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a créé voici peu chez les Palestiniens en félicitant le dirigeant israélien d'avoir proposé "des restrictions sans précédent aux colonies".

Obama lui-même avait déjà mécontenté le monde arabe en cessant d'exiger qu'Israël stoppe les constructions de logements et en ne lui demandant plus que des marques de "modération".

Les Palestiniens ont rejeté l'offre de Netanyahu de limiter provisoirement à 3000 logements les constructions dans les colonies de Cisjordanie. Abbas, reprochant à Washington de faire trop peu pression sur Israël, a dit ne pas avoir l'intention de se représenter à la présidence palestinienne le 24 janvier.

A l'occasion du cinquième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, Abbas a réaffirmé mercredi à Ramallah son opposition à une reprise des négociations avec l'Etat juif tant que continuerait la colonisation juive dans les territoires occupés.

Abbas réaffirme sa position

"Nous ne pouvons pas entrer dans des négociations sans un cadre. Et nous disons que le cadre, ce sont les résolutions des Nations unies, c'est-à-dire le retour aux frontières de 1967", a dit le président de l'Autorité palestinienne.

Les perspectives de relance du processus de paix semblent ténues tant que l'avenir politique d'Abbas reste incertain.

La position de Netanyahu sur les colonies, qui insiste sur la nécessité de prendre en compte la "croissance naturelle" des familles de colons et bâtir de nouveaux logements pour les Juifs à Jérusalem-Est, ne lui vaut guère plus de soutiens en Europe.

La veille de la venue du Premier ministre israélien à Paris, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a reconnu qu'il y avait "un vrai différend politique" entre le Premier ministre israélien et le président français.

"Nous avons pensé et pensons toujours que le gel des colonisations, c'est-à-dire ne pas coloniser pendant qu'on parle, serait absolument indispensable", a dit Kouchner, qui a déploré l'apparente disparition d'un mouvement pour la paix en Israël.

Dans ses discours, Netanyahu s'est employé à dissiper l'idée que l'on ne croit plus à la paix en Israël, tout en notant qu'il ne ferait aucun pas qui compromette la sécurité israélienne.

Le siècle Juif de Yuri Siezkine (University Princeton)

                 " L'Age moderne est l'Age des Juifs, et le XXe siècle est le Siècle des Juifs.

La modernité signifie que chacun d'entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. [...]

siecle_juif.gifEn d'autres termes, la modernité, c'est le fait que nous sommes tous devenus juifs. "
Yuri Slezkine montre qu'il existe, dans la plupart des civilisations traditionnelles, une opposition structurale entre une majorité de paysans et guerriers " apolliniens " et une minorité de
" mercuriens ", " nomades fonctionnels " vulnérables et persécutés.

Tout comme les Chinois d'outre-mer en Asie, les Parsis et les Jains dans le sous-continent indien, les Juifs sont les dignes descendants de Mercure, " le patron des passeurs de frontières et des intermédiaires ; le protecteur des individus qui vivent de leur agilité d'esprit, de leurs talents et de leur art " et dont le succès leur attirent une jalousie parfois mortelle.

Avec le XXe siècle, le capitalisme " ouvre les carrières aux talents ", tandis que le nationalisme transforme tous les peuples en " peuple élu " convaincu de son destin singulier.

Les Juifs deviennent les modernes par excellence. Et, de fait, leurs grandes " Terres promises " au XXe siècle furent bien l'Amérique capitaliste et libérale et Israël, " le plus excentrique des nationalismes ". Mais on oublie souvent que la Russie soviétique fut le grand réservoir d'utopie et de promotion sociale pour les Juifs.

Mobilisant la démographie et la sociologie autant que la littérature, l'auteur montre que les Juifs jouèrent un rôle absolument central dans l'édification de l'URSS, avant que la machine stalinienne ne se retourne contre eux.

Méditation sur le destin du peuple juif, pour lequel le XXe siècle fut tout à la fois une apothéose et une tragédie, ce livre propose une réflexion inédite et profonde sur la modernité, le nationalisme, le socialisme et le libéralisme.

Editeur : La Découverte
Paru le : 08/10/2009