DVD: Ecrire pour exister

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ecrire_pour_exister.jpgEcrire
pour exister est une adaptation du roman d’Erin Gruwell « The Freedom
Writers Diary ». Richard LaGravenese (scénariste de « Sur la route de
Madison » ou « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ») réalise
un film sur le racisme et les gangs à travers un lycée au début des
années 90.

Le
réalisateur à le don de nous transporter de notre siège de cinéma
jusqu’à l’intérieur de cette fameuse salle 203. On arrive à comprendre
et à ressentir toute l’émotion et la colère que les jeunes de cette
époque avaient dans leur cœur.

Tout
comme « Esprits Rebelles », ce film comporte de nombreux clichés sur la
société américaine mais cela n’enlève rien à la qualité du film.

Le
casting est surprenant puisque plusieurs des futurs interprètes du film
n'avaient aucune expérience en matière de cinéma. De plus Hilary Swank
(” Million Dollar Baby “ “Le Dhalia Noir”) est extraordinaire et
totalement crédible dans le rôle de cette prof engagée qui livre un
combat afin d’offrir un avenir à ses élèves.

A
noter également la très belle performance de l’actrice April Hernandez
(Eva) que l’on risque de recroiser dans les années à venir.

« Ecrire pour exister » est un film plein d’émotion, notamment lors du témoignages des victimes de l’holocauste et de Miep Gies.
La Bande son est également entraînante (Common « a dream », Tupac « Keep Yahead Up »)
En bref, un film à découvrir….

Après
le scandale Rodney King et les émeutes qui s’ensuivirent, la Wilson
High School de Long Beach semblait un terrain idéal pour mettre à
l’épreuve les idéaux d’intégration sociale et raciale. Situé dans un
secteur bourgeois, l’établissement accueillait des jeunes de toutes
origines : Afro-américains, Latinos, Asiatiques issus des quartiers
«sensibles», dont la quasi-totalité avaient eu aff aire à la violence,
à la drogue, voire à la prison.

Erin
Gruwell, novice de 23 ans, aussi naïve qu’idéaliste, choisit Wilson
pour ses débuts dans l’enseignement. Elle découvrit dès le premier jour
l’ineffi cacité d’une approche traditionnelle lorsque ses élèves lui
tournèrent ostensiblement le dos et se regroupèrent par clans,
dessinant d’inviolables frontières entre Blacks, Asiatiques et Latinos.

«Ils
s’imposaient cette forme de ségrégation», se souvient Erin. «Ils
recréaient à l’intérieur de la classe des territoires basés sur leur
origine ethnique, leur domiciliation ou le mode de transport qu’ils
empruntaient pour se rendre au lycée. C’était très impressionnant de
les voir se replier ainsi et faire bloc contre moi.»

Après bien des déconvenues et plusieurs vaines tentatives pour instaurer un semblant de dialogue,freedom_writers.jpg Erin finit par exploser en découvrant une caricature raciste
représentant un de ses élèves afro-américains affublé d’énormes lèvres.
Cette réaction émotionnelle lui valut son premier vrai contact avec la
classe 203. Haranguant ses élèves, Erin n’hésita pas à comparer cette
image humiliante aux caricatures antisémites de l’ère nazie, dont elle
rappela les conséquences ultimes. Elle découvrit alors que l’écrasante
majorité de la classe n’avait aucune notion du nazisme et de
l’Holocauste, et décida de changer de méthode.

Erin
Gruwell : «Ma référence à la propagande nazie fi t un bide. Les élèves
ne comprenaient pas davantage le parallèle que j’essayais d’établir
entre souffrance et rejet. Ils avaient tous vécu l’expérience de la
discrimination, mais n’arrivaient pas à la verbaliser. Cependant, le
fait que je me mette à hurler pour la première fois leur fi t
comprendre que j’étais sérieuse. J’avais cessé d’être à leurs yeux
cette nana godiche, éternellement aff able et souriante.»

Un peu plus tard, Erin demanda à ses élèves combien avaient essuyé des coups de feu. Toutes les mains se levèrent…
Richard
Lagravenese : «C’est alors qu’ils commencèrent à comparer leurs
blessures.C’était la première fois que les diverses factions de la 203
avaient un échange. Le silence revint, et avec lui une manière
d’hommage à l’intérêt sincère et inespéré que cette femme leur
témoignait. La glace était enfin rompue, et Erin comprit qu’elle
pouvait souder sa classe en explorant avec elle le sort des victimes de
l’Holocauste, à travers «Le Journal d’Anne Frank» et divers textes sur
l’intolérance et les combats présents et passés d’autres jeunes.»

Pour
amplifier cet intérêt naissant, Erin n’hésita pas à utiliser des
supports pédagogiques inattendus – par exemple un extrait de Nuit
d’Elie Wiesel adapté en rap par Tupac Shakur.

Erin
Gruwell : «J’ai choisi de ne pas jouer les baby-sitters, de ne pas
édulcorer ou simplifier le matériel pédagogique mis à leur disposition.
Je voulais que mes élèves établissent une corrélation entre leur vécu
quotidien et la totalité du programme, fût-ce l’Odyssée ou un sonnet de
Shakespeare. Je voulais que chaque mot prenne pour eux une résonance
vitale et personnelle. Ils n’ont pas tout de suite compris le rapport
qu’il pouvait y avoir entre eux et Homère, mais j’ai tenu à ce que
chacun d’eux réalise qu’il aurait à vivre sa propre odyssée, à
entreprendre son propre voyage. J’ai essayé de faire en sorte que
chaque cours s’ancre dans leur acquis et les éclaire sur leur identité.
J’espérais ainsi leur faire comprendre les vertus de l’éducation. Se
cultiver n’imposait pas de mépriser ou rejeter ce qu’on avait été.
C’était franchir une étape, se libérer, comprendre qu’il y avait tout
un monde au-delà de leur quartier.»

Après
avoir écouté les témoignages et «récits de survie» de ses élèves, Erin
Gruwell leur distribua des cahiers en leur demandant de s’y exprimer
par tout moyen à leur convenance : dessin, poème, entrée de journal
intime. Les résultats furent spectaculaires, car pour la première fois
de leur vie, les jeunes de la 203 se voyaient offrir une occasion de
faire un retour sur eux-mêmes, en sachant que quelqu’un prendrait en
compte leur parole.

Richard
Lagravenese : «Ces jeunes ont appris à se servir d’une plume au lieu
d’une arme. L’ écriture les a sauvés. En leur demandant d’évoquer leurs
combats, Erin leur permettait de s’ouvrir aux autres, de partager leurs
histoires, ce que nul ne leur avait encore proposé. Avec «Le Journal
d’Anne Frank», ils ont découvert le destin d’une adolescente de treize
ans confrontée à une autre guerre et puisant dans l’écriture la force
et le courage de vivre.»

Hilary
Swank (Erin Gruwell/Productrice exécutive) : «C’était un parallèle
audacieux et inattendu. Erin a senti que le drame d’Anne Frank
rencontrait un écho en eux et pouvait déclencher un désir de lire et
d’écriture.

Cette
histoire vécue m’a touchée, et le scénario d’Ecrire Pour Exister m’a
émue. J’ai ressenti un profond besoin de contribuer à ce film, et j’ai
pensé que ce serait un honneur. Après avoir appris qu’Erin Gruwell
m’avait choisie pour l’incarner, je lui ai envoyé un mail pour lui dire
tout ce qu’elle m’inspirait. J’ai eu envie de la rencontrer, de lui
parler, de lui dire à quel point je trouvais son histoire importante.»

Erin
Gruwell : «Enseigner était à mes yeux le plus noble des services que je
pouvais rendre à mon pays. Je voulais travailler avec ces jeunes qui
n’ont pas toujours les meilleurs profs, les meilleures écoles et les
moyens les plu adaptés. Je tenais à aller dans un établissement
pluriethnique touché de plein fouet par les émeutes. Sur le papier, la
Wilson High School était le lieu rêvé car les gosses de riches y
côtoyaient des jeunes issus des quartiers les plus défavorisés. Toutes
les ethnies s’y retrouvaient avec pour perspective d’avenir Harvard… ou
la prison.» Grâce à Erin, les «irrécupérables» de la 203 se mirent à
former une famille solidaire, à se reconstruire et à espérer
collectivement en l’avenir. On les appellerait les ‘‘Freedom Writers’’.

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