Ecrivain juif : Da Levy suicidé de la société

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Ecrivain juif Da Levy

Da Levy suicidé de la société
Da levy, « 3 livrets de poésie », Editions Derrière la salle de Bains, Rouen, 9 euros, 2015.

La force des textes de Da Levy tient à leur violence sourde : celle de la blessure dont il fut victime et dont la poésie devint la narration. Elle mêle culture judaïque, bouddhisme mais aussi le sexe et la drogue. Proche de Burroughs et de la « Beat Generation » l’auteur fit de Cleveland un foyer de la contreculture. Il en paya le prix et fut condamné pour incitation des mineurs à la délinquance. On le retrouva mort d’une balle dans la tête. Le suicide resta la thèse officielle mais elle est contestée par ceux qui estiment que le poète fut exécuté par la police.

Inconnu en France jusqu’à maintenant, Da Levy reste l’auteur - pour les adeptes américains de la poésie underground - de “ The North American Book of the Dead”, “Cleveland Undercovers” et “Suburban Monastery Death Poem”. Mais le côté gothique de son œuvre se double d’un aspect plus postmoderne. Adepte de la déconstruction et d’une poésie concrète il cultiva le « witz » : à savoir le mot d’esprit qui en glissement de sens et jeux de vocabulaire et de syntaxe trouve la « solution dans la dissolution du langage » (Lacan). Ainsi dans son œuvre Israël devient « is real ». Et il caressait le projet de s’y installer.

En diverses coupures et ruptures Da Levy - marqué par ses racines - toucha au bout de l’impossibilité d’être. Une fulgurance visuelle marque dans ses poèmes la toute puissance de thanatos par rapport à l’éros. L’auteur néanmoins se détache de toute mélancolie : le présent était pour lui fractal. Sa poésie fut un moyen de se dévoiler à la recherche de l’autre au sein de la médiocrité du monde. Le poète s’engagea pour la contrer dans une expérience impressionnante. Elle reste un appel intense à une traversée de la vie autrement que dans le matérialisme.

Jean-Paul Gavard-Perret


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