"Sur la paupière de mon père "de Sjon

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surles.jpgInspirée du mythe du Golem, cette histoire raconte le périple de Léo Löwe, un juif qui a fui l'Allemagne nazie à bord d'un paquebot naviguant en direction de l'Islande. Il a pour unique bagage une boîte à chapeaux contenant un petit garçon d'argile, qu'il n'aura de cesse de vouloir éveiller à la vie. Mais il lui faut pour cela affronter de nombreuses épreuves.

Quel est le point commun entre un loup-garou philatéliste, un juif fuyant l’Europe nazie, un bébé en argile et un espion russe affublé d’un coccyx proéminent ? L’Islande bien sûr. Ou plutôt, l’Islande de Sjon. ‘Sur la paupière de mon père’ ne cesse de perdre son lecteur pour mieux le surprendre, au fil d’une intrigue tortueuse, désarticulée, qui se joue des conventions narratives. Le récit multiplie les digressions, les parenthèses, les apartés, profite de chaque rencontre pour dévier sur une autre histoire.

Sjon s’implique dans son roman, s’adresse au lecteur, avoue son ignorance totale sur tel ou tel sujet et balance, au détour d’une démonstration complètement farfelue, un tableau résumant la taille et le poids des nouveau-nés entre 1900 et 1908. Ailleurs, il nous gratifie, sans plus de raisons, d’une collection de quatrièmes de couverture délirantes. Au fur et à mesure de ces sursauts déstabilisants, apparaît une histoire complètement abracadabrante, d’une profusion extraordinaire, dans laquelle chaque pièce trouve finalement sa place. Cette quête absurde et poétique doit autant au fantastique, au roman policier qu’aux contes pour enfants ou aux légendaires sagas islandaises.

Ode à la folie et à la liberté littéraire, ‘Sur la paupière de mon père’ se lit à l’aveuglette, tant on ne sait jamais où l’extravagant Sjon nous entraînera à la page suivante. Une fantaisie aux allures de poupée gigogne, aussi brillante que loufoque, à la saveur de l’inattendu.

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