Du neuf sur la guerre d'indépendance d'Israël

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Uri Milstein, l'un des meilleurs historiens de la guerre d'indépendance d'Israël, en a entrepris le récit circonstancié qui devrait, à terme, comporter douze volumes d'environs 6000 pages au total. C'est dire l'ambition et le souci du détail de l'ouvrage.
 
Les deux premiers volumes ont paru
 
Le premier, Une nation se prépare à la guerre (1), plonge, en fait, dans la préhistoire politique, diplomatique et militaire de l'affrontement. Pour certains aspects, le récit remonte à un siècle en arrière et montre les racines de la tradition d'intransigeance du camp arabe, qui a conduit à l'échec de toutes les tentatives de négociations israélo-arabe, avant 1948. Milstein approfondit aussi les relations entre la Palestine juive et les Anglais. Pendant toute la durée du mandat sur la Palestine, confié par la société des Nations à la Grande-Bretagne, Londres a tenté de freiner le développement du "Foyer national juif", notamment sur le plan militaire. La Haganah et les milices "dissidentes" , Irgoun et groupe Stern, se sont trouvées fortement démunies et ont dû déployer des moyens ingénieux pour se procurer des armes à l'étranger et les fabriquer clandestinement sur place. Les forces sionistes ont eu pour école de guerre les troubles de 1936-39, une sorte de première Intifada, et leur contribution à l'effort de guerre allié pendant la deuxième guerre mondiale.
 
Le deuxième volume de Milstein, Le premier mois (2), couvre la période d'incubation proprement dite de la guerre d'indépendance: la lutte pour la domination des grandes villes, Haïfa, Jérusalem, Tel-Aviv. En un sens, la direction du yichouv, la communauté juive, a été prise de court. Elle s'attendait, certes, à des troubles, mais sur le modèle de 1936-39, pas à une invasion en règle par les armées de l'ensemble des pays arabes .L'envergure du travail entrepris par Milstein commande le respect. L'extrême minutie du récit, la somme énorme de données apportées, le fouillé de la présentation biographique et humaine des acteurs principaux et secondaire, la foule de récits anecdotiques pratiquement inédits, feront de l'ouvrage une source de références incontournable.
 
Une édition française constituerait un apport précieux dont certains titres ne se situent pas au niveau scientifique souhaitable pour le rôle auquel ils prétendent.
 
Paul GINIEWSKI

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