Artiste juive : Rosalind Fox Solomon et les perdants

Artistes, Culture - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Artiste juive : Rosalind Fox Solomon et les perdants

Rosalind Fox Solomon et les perdants

Rosalind Fox Solomon, "Los Olvidados / The Forgotten", Mack, Londres, 2021, 30 £.

Les oeuvres de l'américaine Rosalind Fox Solomon  sont reconnues dans le monde entier et sont inclues entre autres dans les collections du Moma. Devenue directrice régionale du « Experiment in International Development” elle visita diverses communautés du sud des USA. Elle les photographia et devint une militante engagées pour les droits des minorités. Son engagement l’emmena jusqu’au Japon, le Guatemala, etc. mais c’est dans son pays qu’elle réalise ses plus belles photos et films.

L’artiste porte principalement son regard sur les exclus, les « outsiders » les minorités (noirs, indiens) ainsi que sur les rituels funéraires et les violences ethniques. Ses photographies ne font pas pour autant dans le misérabilisme : il existe souvent en elles une forme de tragi-comédie. Les  mouvements de l'imaginaire gardent un libre parcours face au réel. Dans ce qui plombe reste le plus souvent une place pour sinon une  euphorie du moins à une sourde effervescence.

Les oeuvres créent une vision  original de la tragi-comédie humaine. Au fil des prises de vues et par l’inventivité et le regard lucide de la créatrice les mises en scène et le naturel, le quotidien le plus trash comme la beauté des êtres  prouvent comment  l’observatrice d’un monde énigmatique et précaire le transforme en poésie.

Rosalind Fox Solomon ne cherche jamais une domination sur ses modèles.

Elle  crée à travers eux un univers plastique toujours surprenant et parfois drôle capable de  pister le furtif, l’invisible, l’inavoué. Elle traque aussi par effet de surface un état intérieur ainsi que  l’existence ou la réminiscence d’un vécu souvent  traumatique mais qui pourtant échappe au voyeurisme là où la créatrice cultive de manière instinctive l’authenticité et la sensibilité  en ce qui devient des cris muets et des actes de mystérieuses et provocantes piétés – ce qui n’empêche pas humour et décalages.

Jean-Paul Gavard-Perret

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi