Se faire tatouer en hébreu dans un pays musulman : les admirateurs arabes d’Israël

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. Bahreïn : le royaume du Golfe où des musulmans se tatouent en hébreu par amour d’Israël

Se faire tatouer en hébreu dans un pays musulman : les admirateurs arabes d’Israël

Une histoire d’amitié, de tolérance et de fascination inattendue entre Bahreïn et Israël, révélée à travers le regard d’un blogueur israélien.

Alors que l’actualité est régulièrement ponctuée d’agressions antisémites et d’hostilité envers les Israéliens à travers le monde, certaines régions du globe offrent un contraste saisissant. C’est le cas de Bahreïn, petit royaume du Golfe souvent ignoré des radars touristiques, qui se révèle pourtant d’une chaleur inattendue pour les visiteurs venus d’Israël.

« J’ai toujours gardé le contact avec mes amis là-bas. Ils se sont intéressés à nous et nous ont soutenus pendant la guerre contre l’Iran », confie le blogueur de voyage israélien Shahaf Shai, encore ému par l’accueil qu’il a reçu.

Shahaf a sillonné plus de 60 pays, se confrontant parfois à un antisémitisme latent, mais découvrant aussi des lieux où sa nationalité israélienne suscitait une curiosité bienveillante, voire une véritable admiration. C’est précisément ce qu’il a vécu à Bahreïn, un pays qu’il ne connaissait pratiquement pas avant les accords d’Abraham, signés il y a cinq ans.

« Dès que j’ai entendu parler de Bahreïn, j’ai su que je voulais m’y rendre », raconte-t-il. « J’ai contacté un habitant, Abu Abdullah, via un groupe Facebook. Je lui ai écrit en précisant que j’étais Israélien, enthousiaste à l’idée du rapprochement entre nos pays. »

Quelques mois plus tard, le rêve devient réalité. Accompagné d’un ami, Shahaf embarque pour Bahreïn dès que les liaisons aériennes sont ouvertes. Mais derrière l’excitation, une appréhension légitime l’habite. « On ne savait pas à quoi s’attendre, mais l’accueil a dépassé toutes nos espérances. »

À l’aéroport, un taxi les attend, offert par Abu Abdullah en personne, qui les convie directement à dîner. « Il a refusé que nous déboursions quoi que ce soit », se souvient Shahaf. Ce n’est que le début d’un séjour aussi improbable que touchant.

Parmi les rencontres marquantes, celle avec Abu Yousef, un guide local surnommé « le Juif ». Passionné par le judaïsme, les mitsvot, l’histoire du peuple juif et la langue hébraïque, l’homme affiche un étonnant attachement à Israël. « Il portait une étoile de David en pendentif et avait un tatouage en hébreu sur la jambe. On n’arrivait pas à y croire. Dans un pays musulman, c’est sidérant. »

Depuis ce premier voyage, Shahaf est retourné à Bahreïn à deux reprises. Une troisième visite est en préparation. Son lien avec Abu Abdullah s’est mué en une amitié solide, ponctuée de messages réguliers, de vœux de fêtes religieuses, d’échanges sur l’actualité géopolitique et d’un soutien mutuel sans faille, y compris lors des tensions récentes dans la région.

« Lors de l’attaque iranienne contre les États du Golfe, il m’a envoyé en temps réel des vidéos des interceptions aériennes au-dessus du ciel bahreïni », raconte Shahaf, qui partage régulièrement ses expériences sur ses réseaux. « À chaque article que je publie, je reçois des soutiens, des drapeaux israéliens et bahreïniens en commentaire. Abu Abdullah me dit toujours qu’il rêve de visiter Israël. Nous croyons que ce jour viendra. »

Bahreïn, ce joyau ignoré du Golfe

Depuis la signature des accords d’Abraham, plusieurs milliers d’Israéliens ont découvert Bahreïn, un pays que l’on surnomme parfois « le petit Dubaï ». Pourtant, cette destination prometteuse a rapidement été éclipsée par sa voisine ultra-médiatisée, Dubaï, qui concentre désormais l’essentiel du tourisme israélien dans la région.

Le 7 octobre 2023, après l’attaque terroriste sans précédent du Hamas contre Israël, les relations ont brutalement changé. Moins de trois jours plus tard, Gulf Air, la compagnie nationale bahreïnienne, suspendait tous ses vols vers Israël. À ce jour, aucun vol n’a été rétabli, et aucune date de reprise n’est annoncée, ce qui a contribué à faire disparaître Bahreïn de la carte touristique des Israéliens.

Mais au-delà des avions cloués au sol, l’amitié reste vivante. Dans l’ombre des conflits et des décisions diplomatiques, des liens humains sincères continuent de se tisser, portés par des individus qui refusent les haines préfabriquées. Des amitiés comme celle de Shahaf et Abu Abdullah montrent que le rapprochement entre peuples est possible, au-delà des postures politiques et des turbulences régionales. Parfois même, il suffit d’un tatouage en hébreu pour qu’une main se tende entre deux mondes.

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