La revue de Presse de Valérie Karsenti Voir Israël autrement.

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C’est vrai les fêtes sont passées !

On est maintenant au mois de Heshvan…mois qui débute une longue période d’hibernation - pas encore en Israël….aujourd’hui il fait 31 degrés  à Jérusalem.
Pour vous aider à emmagasiner des forces, j’aimerais vous rapporter 3 histoires qui sont liés au retour, au pardon, à la tolérance et à l’amour ,le vrai.
 

Un retour incroyable : « Soudain, on a compris qu’on était juifs !»

Maria Fernanda Almeida a maintenant 50 ans, mais elle sait depuis l’âge de 5 ans que sa famille du côté paternel est d’origine juive. Elle vit comme une femme portugaise catholique non pratiquante  et s’est même mariée à l’église.

Cependant, comme elle le souligne durant l’interview qu’elle donne au journaliste de Ynet, la cérémonie lui avait parue vide de sens.  Ce sentiment de vide la poursuit, et c’est ainsi qu’elle se rend quelques années plus tard à Rome pour tenter de trouver des réponses à ses questions.
Elle visite tous les lieux saints et c’est dans la Chapelle Sixtine et en observant les célèbres fresques de Michaël Ange, qui représentent des scènes de la Bible (la Bible n’est pour elle encore à cette époque, que l’ « Ancien Testament »), qu’elle prend conscience que ce livre est la source de tout.

Dès qu’elle rentre au Portugal, elle achète des livres qui traitent du judaïsme et se procure l’ « Ancien Testament » (Tanah ‘).A ce moment-là, elle sent que ce qui lui échappait résidait dans ce livre et éclate en sanglots. Elle fait des recherches sur internet et réussit à se mettre en contact avec une cousine qui descend elle aussi de juifs convertis de force. Parallèlement, elle se met en contact avec le Rav Elisha Salas qui s’occupe des juifs convertis de la communauté de Belmonte au Portugal. Le Rav répond patiemment à toutes ses questions . Finalement, il y a un an, au mois de novembre dernier, elle se rend pour la première fois dans la synagogue de Porto avec un groupe d’amis.  Tous se sont retrouvés par l’intermédiaire du groupe Shavei Israël (« ceux qui reviennent au sein du peuple d’Israël »).
Maria, qui est soutenue par son mari et sa fille dans sa progression vers le judaïsme a eu la joie de fêter Roch Hachana en faisant des vœux sur les fruits et les légumes traditionnels  du Seder.
Elle ajoute qu’elle prie maintenant pour que  cette année soit celle du rassemblement des juifs du monde entier en Israël.
 
Déplaçons-nous maintenant en Chine, à Keifang exactement pour faire connaissance avec la communauté de Chai Pei , jeune homme de 24 ans, qui réside maintenant à Jérusalem et qui attend avec grande impatience de pouvoir se tremper dans un mikve. Ce moment marquera son entrée officielle au sein du peuple juif. Dans le cas de la communauté de Keifang, on devrait d’ailleurs plutôt parler de retour.
Reportons nous quelques mille ans en arrière lorsque les premiers juifs qui étaient des commerçants originaires de Perse, arrivent à Kaifeng, une des capitales de l’empire impérial. Ils s’installent et fondent une communauté.  Durant toute la période du Moyen Age, cette communauté est active. Elle compteà cette époque quelques 5000 personnes. Mais au fil de temps, les mariages hors de la communauté et l’assimilation provoquent une désaffection progressive et la communauté se désagrège petit à petit.

Aujourd’hui il reste entre 500 et 1000 personnes qu’on peut associer avec certitude avec cette communauté.
Tout récemment, on a assisté  à un réveil parmi les jeunes qui sont de plus en plus nombreux à vouloir redécouvrir leurs origines.  Pour répondre à  cette demande, des délégués de l’association Chavei Israël ont été envoyés à Keifang.  Certains jeunes, comme  Chai Pei viennent en Israël et  pour la plupart, décident d’y rester.

Chai Pei, quant à lui, avait terminé ses études de dentisterie en Chine. Cependant , en arrivant en Israël, il était prêt à faire tout ce qu’on lui proposait pour mener à bien les 2 missions qu’il s’était fixé dès les premiers instants : apprendre l’hébreu et étudier la Torah.
C’est lors d’un pèlerinage au Kotel, en octobre 2009 se souvient-il qu’il a prononcé pour la première fois : « Chema Israel ».
Aussitôt  il a su de manière définitive que sa « nechama » (âme, étincelle divine) juive s’était réveillée en lui. Après  avoir ressenti une plénitude et un sentiment encore inconnu ,pour lui, d’appartenance à la terre, il a décidé de rester.  Il a étudié 2 ans dans une yeshiva à Efrat (environs de Jérusalem) et a entamé sa conversion.
Il projette ensuite de servir dans Tsahal, de fonder une famille et d’avoir des enfants…Bref un bon juif !!!!! (Avis aux twitters  et aux tweets qui vont avec !)
 
Troisième destination : la Pologne.

Carolina a 23 ans. Elle réside en Pologne et sans raison logique, du moins jusqu’à une période très récente, elle a toujours senti une attirance particulière pour le judaïsme.
 En furetant chez ses grands-parents, elle découvre »par hasard » une meguilat Esther (rouleaux d’Esther).
Lorsqu’elle demande la signification de cet « objet »  on lui explique qu’il s’agit d’une Meguila et qu’elle appartenait à une amie de sa grand-mère. Elle ne pose plus de questions, mais son rêve de petite fille est de devenir juive .
Caroline grandit, elle entre dans l’adolescence et durant cette période, sa grand-mère tombe malade .Durant cette période, elle ne cesse de répéter à sa petite fille : « n’oublie jamais que ton grand père était juif ».
La grand-mère lui révèle également le vrai nom de son grand père : Scholem Alshteter.
La jeune fille qui n’a pas connu son grand père, décédé en 1972 alors que Carolina n’était pas encore née, est si troublée qu’elle demande confirmation à sa mère.
Celle-ci lui répond que sa grand-mère est malade et qu’ « elle perd la tête », en confondant les époques et les personnes .
La jeune fille se contente de ces explications sans toutefois trouver la paix. Un jour cependant, sa mère se décide à parler. Elle lui révèle alors que son grand père était un rescapé de la Shoah qui avait changé de nom après la guerre.Il avait perdu sa famille dans les camps et avait subi les expérimentations pseudo médicales du « Docteur » Menguele .Il était ressorti des camps atteint d’une maladie chronique, suite à ces mauvais traitements.
Il avait refondé une famille avec une femme polonaise qui avait risqué sa vie pour cacher des juifs durant la guerre.La découverte de la vérité a amené Carolina à se rapprocher de la communauté juive de Cracovie. Au début, elle avait peur d’être rejetée .
Ensuite, grâce à des amis qu’elle s’est fait, elle s’est parfaitement intégrée à la communauté .
Elle a appris l’hébreu et s’est rendue en Israël.
Dans le cadre du projet : « Ner Le Elef » (une bougie pour 1000) elle a pu poursuivre ses études du judaïsme et elle confie que bien qu’elle n’ait jamais rencontré son grand père, elle sent sa présence à ses côtés quotidiennement.
source Ynet.co.il

Une fille qui pardonne à sa mère ,

On a parlé de retour.Parlons maintenant de pardon. Et pas de n’importe quel pardon : du pardon d’une  petite fille qui a été abandonnée avec sa petite sœur par leur mère, devant une confiserie à Paris.
La vie de Chantal, qui a grandi depuis, est loin d’être douce comme des sucreries .
Mais elle a trouvé suffisamment de force en elle, pour pardonner à sa mère. Et paradoxalement (ou non ?), elle s’est réconcilié avec la vie.Mais commençons par le commencement.

Chantal naît en 1971.
Ses parents sont issus de milieux défavorisés.
Ils se marient lorsque la petite a 3 ans. Ils habitent Bat Yam .
Le père n’a pas vraiment de travail .La petite délaissée par ses parents, va régulièrement dormir chez une voisine dans un lit de bébé qui lui est réservé. Un second enfant nait, et Chantal se souvient que sa mère s’efforce à cette époque, d’être un peu plus à la maison.
Mais ça ne dure qu’un temps, et voilà Chantal qui s’occupe de sa petite sœur, comme le ferait une vraie maman.

La famille s’envole pour Paris. Chantal s’y plaît.Elle a le souvenir de l’odeur du pain frais et de la vision magique (pour elle) de la confiserie qui fait face à leur appartement.
Ses souvenirs s’arrêtent là. La suite lui a été racontée des années plus tard. En fait, son père disparait pour une période de 8 mois au Maroc.
La maman de Chantal pense qu’il les a abandonnées et ne supporte pas cette idée. Un matin ,elle habille ses 2 filles ,leur prépare un sac plein de vêtements, de couches  et de jouets, et  les dépose devant la confiserie ,en leur promettant de revenir « tout de suite ».
Les heures passent et les petites attendent.

A la fermeture ,le confiseur qui sait que les petites sont israéliennes, contacte l’ambassade d’Israël, qui elle-même se met en contact avec les services sociaux. On retrouve la maman qui est rentrée à Bat Yam, entre temps. Les petites sont renvoyées en Israël. Elles habitent durant un certain temps chez leur grand-père et ensuite chez un oncle.
Leur mère renonce à ses droits sur ses filles et elles sont placées dans différentes familles d’accueil et dans des Kibboutsim.
Malheureusement, elles endurent mauvais traitements, sévices, et malversations sexuelles. Toutefois, Chantal ne se décourage pas.Elle s’efforce de ne pas perdre espoir et de continuer à avoir confiance. Elle ne dispose d’aucune ressource, mais passe brillamment son bac.
Elle s’enrôle et réussit l’école d’officier.
Elle finit l’armée avec le grade de lieutenant. Elle fait des études qu’elle finance elle-même. 
Elle confie que durant de nombreuses années, elle était très en colère contre sa mère.
Et un jour, elle a compris que sa mère  avait fait « ce qu’elle pouvait ».
Chantal a cherché en elle les ressources et la force de pardonner .Ce processus lui permet aujourd’hui de déclarer son amour à sa mère et lui dire son plaisir de la savoir dans sa vie à nouveau.
Source xnet.co.il


Rav Harel, sa fille Hannah, et ses petits-fils Houda, Bashir, Chourouk et Mahmoud.

La dernière histoire de cette chronique rend hommage à un père qui n’est pas uniquement un père, mais également le Rav respecté d’une communauté dans les environs de Beer  Sheva.
En réagissant à l’opposé de ce que l’on aurait attendu dans une telle situation, il a prouvé que la patience, l’intelligence et surtout le vrai amour peuvent générer des miracles.
Le Rav Harel, comme on l’a vu plus haut, est Rav d’une communauté et dirige le centre Habad dans les environs de Beer Sheva.

Il mène une vie tranquille entre sa femme, ses  six enfants et sa communauté. Les enfants suivent le parcours classique des enfants de famille orthodoxe : les garçons  à la Yeshiva et les filles dans des « Batei Yaakov.
Un jour, tout bascule .Sa fille Hannah,(troisième de la fratrie) tombe amoureuse d’un jeune homme, un bédouin qui habite le village voisin. Elle a alors 16 ans.

Les parents qui apprennent la nouvelle envoient leur fille en Ukraine sans savoir qu’elle est enceinte. Elle met au monde son premier enfant et rentre au bout de 2 ans en Israël.
Son ami est toujours en contact avec elle. Les parents l’envoient alors dans un kibboutz .Bien qu’ils ne transmettent aucun renseignement au jeune homme, celui-ci  sait où se trouve Hannah et son enfant. Le jeune homme met à contribution toute sa famille pour les localiser.
Le Rav dit qu’il existe une espèce de lien biologique entre le père et son enfant et que c’est la raison pour laquelle, selon lui, le jeune homme tient tant à son fils.
Quand on demande au Rav, s’il a baissé les bras après le retour de Hannah d’Ukraine et le fait qu’elle n’ait pas rompu ses liens avec le jeune homme, il confie qu’il a même eu recours aux plaintes à la police .
Bien entendu, comme Hannah et son ami étaient majeurs, on ne pouvait rien tenter légalement. Personne n’était habilité  à porter plainte contre leur union. Le Rav Harel a également exposé à Hannah les conséquences désastreuses d’une telle union.
Il est revenu longuement sur tous les problèmes susceptibles de surgir .Mais cela n’a pas convaincu Hannah qui espère qu’un jour son ami se convertisse.
Fait exceptionnel dans cette histoire, le jeune homme était laïc lorsqu’il a rencontré  Hannah. Il est devenu plus religieux, mais n’exige pas de sa compagne qu’elle se convertisse. Ils ne sont toujours pas mariés et ont actuellement 4 enfants. Fait encore plus exceptionnel, le Rav reçoit sa fille et ses petits-enfants. Il s’efforce de ne les appeler que par leur prénom juif : Yeoudah Israël, Ouriel, Chahar Fibi et le cadet Menahem.
 Il se rend au village où réside sa fille et lui emmène de la viande cachère. Il est également reçu par sa fille et rencontre le père de ses petits-enfants, avec qui il évite toutefois d’entretenir de vrais rapports, bien que chacun se respecte.
Le Rav a fait preuve depuis le début de cette épreuve,( comme il qualifie lui-même cet évènement), d’une patience sans limite, de foi, et de courage. Mais le plus extraordinaire, c’est qu’il a su mettre à profit la situation pour aider des jeunes filles qui se trouvaient dans la même situation que sa fille.
Il y a en effet, dans de nombreux villages, des jeunes filles qui sont mariées à des bédouins ou à des palestiniens .Certaines d’entre elles (la plupart ?)souhaitent, après un laps de temps plus ou moins long « rentrer à la maison ». Malheureusement, elles n’en n’ont plus la possibilité.
 Elles sont souvent retenues contre leur gré .Il existe une organisation (Yad Le Ahim) qui s’occupe de localiser ces jeunes filles et de les ramener avec leur(s) enfant(s).
Le Rav Harel grâce à sa situation particulière, est autorisé à pénétrer dans des villages des environs de Beer Sheva .
Il a ainsi pu retrouver plusieurs jeunes filles et les ramener chez elles. Signe de leur confiance absolue et de leur reconnaissance, elles l’appellent « papa ».Le Rav ne désespère pas de ramener un jour sa Hannah chérie à la maison.
 
Sur ce lien Il y a un film qui est très émouvant

Adaptation et traduction par Valérie Karsenti
Chef de Revue de Presse Israèlienne pour Alliance.

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